lundi, 30 novembre 2009
Sécurité au Sahel et désarmement du Polisario
| Un article du journaliste et écrivain algérien Saâd Lounès, publié dans l'institut Hoggar | |
L’étau continue de se resserrer autour de l’isolement diplomatique de l’Algérie. Les voisins frontaliers et les grandes puissances veulent agir vite pour rétablir une sécurité durable dans la «zone grise» sahélienne qui s’étend de la Mauritanie au Darfour. Ils ne comprennent plus la schizophrénie et les anachronismes du gouvernement algérien dans l’affaire du Sahara Occidental. Les chefs d’état-major et les responsables du renseignement de l’Armée algérienne ont déjà participé à plusieurs réunions de coordination avec leurs homologues sahéliens, alors que Bouteflika n’a toujours pas répondu à l’invitation du président malien Amadou Toumani Touré de réunir un Sommet des chefs d’Etat sur la sécurité au Sahel. Après la reddition des rebelles touaregs, l’ultime entrave qui gêne une action sécuritaire concertée dans la région reste l’armement du Front Polisario et ses accointances avérées avec le terrorisme, les trafics d’armes et de drogue, la contrebande et l’émigration clandestine. Plusieurs études et enquêtes internationales ont dévoilé l’implication des combattants sahraouis dans le terrorisme et l’insécurité qui règne au Sahel. Mais leur impact reste faible parce qu’elles sont soit censurées par les médias algériens, soit noyées dans un discours propagandiste des médias marocains. La Libye et l’Algérie désarment les rebelles touaregs Le dernier fait nouveau qui accentue l’isolement algérien est le revirement intégral du colonel Maâmar Kadhafi, entré depuis quelques années dans une logique de repentance internationale. Le Guide libyen solde l’un après l’autre les dossiers noirs du passif de son règne pour laisser à l’un de ses fils une succession sans tâche, apurée des héritages guerriers et hégémoniques. Jadis allié inconditionnel de l’Algérie, Kadhafi a radicalement pris ses distances. Alors qu’elle était avec Cuba l’un des plus actifs soutiens et fournisseurs d’armes du Polisario, la Libye vient de reconnaître définitivement la marocanité du Sahara. On se rappelle aussi que Kadhafi voulait entraîner la région sahélo-saharienne dans un grand délire sécessionniste touareg en créant une Ligue populaire et sociale des tribus du Grand Sahara, le 10 avril 2006, à Tombouctou. Son objectif était de réunir à terme tout le Sahara en un seul État fédéral. En 2007, les sultans et dignitaires sahariens avaient intronisé Kadhafi «leader des sultans touaregs», en lui remettant le "Tabel du Grand Sultan", symbole du pouvoir absolu des tribus touaregs. Une délégation avait même été envoyée à Tamanrasset pour solliciter l’adhésion des touaregs algériens. Mais ce projet s’est heurté à l'opposition ferme de l'Amenokal et des notables des Kel Ahhagar du Hoggar et des Kel Ajjer du Tassili. Abandonnant son idée farfelue, Kadhafi a mis un terme définitif à son soutien aux rebelles qu’il a poussé à la reddition. Devenu président de l’Union Africaine, il a exhorté les touaregs à la paix, l'intégration et l'action démocratique. Il a participé à une cérémonie organisée par les tribus touaregs du Niger, Mali et Libye le 6 octobre 2009 à Sebha (sud libyen), où tous les leaders des fronts, mouvements et factions de rébellion ont proclamé la paix totale par l’abandon de la violence, le dépôt des armes, l'intégration dans les sociétés de leurs pays respectifs pour se consacrer au développement. Quelques jours plus tard, le 30 octobre, le stade municipal de Kidal, au nord du Mali, avait réuni plus de 500 personnes, en majorité des notables touaregs venus de Tombouctou, Gao et Kidal, dans le cadre d’un forum consacré à l’unité des rangs de la communauté. Le dernier leader touareg récalcitrant, Ibrahim Ag Bahanga, président de l'Alliance des Touaregs du Nord-Mali (ATNM) a décidé de se rallier et appelé au dépôt des armes dans le respect de l’accord d’Alger: “Je m’inscris résolument dans le processus de paix et renonce à l’usage de la violence comme moyen de revendication". On observe le même sentiment d’apaisement au Niger où le président Mamadou Tandja a décrété le 23 octobre une amnistie aux rebelles touaregs et aux soldats factieux. Cette décision intervient quelques jours après le désarmement des deux fronts rebelles: le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) et le Front patriotique nigérien (FPN). L’Algérie a toujours joué un rôle très actif dans le processus de paix et de désarmement, et s’est beaucoup investi dans les dialogues entre les rebelles et les pouvoirs de Bamako et Niamey. Elle n’a jamais voulu soutenir à ses frontières sud une nouvelle expérience séparatiste comme celle du Polisario. Peu avant les décisions de désarmement et d’amnistie d’octobre, s’était tenu le 12 août à Tamanrasset une importante réunion des chefs d’état-major militaires d’Algérie, Mali, Niger et Mauritanie. L’Algérie vient aussi de participer financièrement à un programme de désarmement des populations nomades touaregs et arabes, notamment au nord du Mali. Doté d’un budget de 50 millions de dollars, ce programme vise la récupération de 10.000 pièces d’armes. Les rebelles touaregs ont vite compris que sans l’accord et le soutien d’Alger et Tripoli, la lutte armée était vaine et qu’ils risquaient de perdre leurs vies, leurs territoires et leurs pâturages au profit des nomades arabes et des communautés noires qui remontent de plus en plus vers le nord pour s’installer en pays touareg. La majorité s’est donc rangée à l’idée d’occuper les postes politiques locaux et de s’acheminer pacifiquement vers des formules d’autonomie régionale déjà partiellement en vigueur. Du Plan Sahel Initiative à l’AFRICOM Fin octobre 2009, le secrétaire d’Etat-adjoint pour le Proche-Orient Jeffrey Feltman avait exprimé son inquiétude lors d’une conférence à l’ambassade des Etats-Unis d’Alger: "Nous sommes inquiets de la question du terrorisme dans cette région. Nous croyons fermement qu’il est de l’intérêt de tout le monde de résoudre le problème de la sécurité au Sahel. Cela ne veut nullement dire que notre intention est de remplacer ces pays dans leur rôle". Mais les stratèges du Pentagone ont déjà mis en place un plan d’action et d’intervention militaire, commencé en 2002 par le financement d’un programme baptisé Pan Sahel Initiative. Le PSI vise à renforcer la sécurité des frontières sahéliennes et fournir l'entraînement et l'équipement, notamment en interception de communications, à quatre pays: Mali, Mauritanie, Tchad, Niger. Le dispositif s'est étendu à l'Algérie, Tunisie et Maroc, établissant ainsi un pont entre le sud du Sahara et le Maghreb. A titre d’exemple, le PSI avait apporté son appui militaire, quand il a fallu rapatrier en 2005 les derniers prisonniers marocains détenus à Tindouf. Puis en février 2007, a été mis en place le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (http://www.africom.mil/). Basé à Stuttgart en Allemagne et disposant de personnels affectés aux ambassades et aux missions diplomatiques américaines dans les pays africains, l’AFRICOM coordonne les relations de militaire à militaire entre les Etats-Unis et 53 pays africains, ainsi que leurs organismes de défense et de sécurité. Depuis octobre 2008, l’AFRICOM est devenu un commandement régional unifié, qui a la responsabilité administrative du soutien militaire américain à la politique du gouvernement des Etats-Unis en Afrique. L’AFRICOM avait un budget de 50 millions de dollars pour 2007 et 75,5 pour 2008. Pour 2009, le Département de la Défense avait demandé au Congrès un budget de 292 millions de dollars. Le leadership de l’AFRICOM a été mis en œuvre sans tarder par son chef, le général William Ward, qui avait piloté le 7 février 2007 à Dakar les travaux de la 3e Conférence du Partenariat transsaharien de lutte contre le terrorisme, auxquels ont pris part les chefs d’états-majors et responsables du renseignement du Maghreb (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie) et de cinq pays subsahariens (Tchad, Mali, Niger, Nigeria et Sénégal). Une réunion qui s’est soldée par le déblocage d’un budget annuel de 90 millions de dollars pour pourchasser et neutraliser la mobilité des terroristes dans la région. L’activisme américain au Sahel est de plus en plus inquiétant comme le montre cette dernière information révélée par une dépêche de l’AFP du 20 novembre, citant un communiqué de l’ambassade américaine: "Un avion (américain) a fait un atterrissage difficile hier à quelque 100 km de Bamako. (...) L’avion transportait six passagers et trois membres d’équipage… L’appareil venait d’un pays voisin… Il était au Mali pour des raisons liées à la sécurité … Le type de l’appareil ainsi que sa mission n’ont pas été précisés. Mais les Etats-Unis assistent, avec d’autres pays occidentaux, le Mali dans sa lutte contre les combattants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)». On sait que là où s’installent des militaires américains naît subitement un terrorisme plus meurtrier, mieux organisé, mieux armé et hyper médiatisé. Cela a commencé dès février 2003 par le kidnapping spectaculaire et inédit de 32 touristes européens au nord du Tassili qui a mobilisé tous les moyens de la 6ème région militaire. 17 d’entre eux ont été libérés par l’armée à Amguid dans le Hoggar. Les 15 autres ont été transférés par les kidnappeurs dans le désert du Mali et n’ont été libérés qu’après le paiement d’une forte rançon. Cette opération très médiatique et lucrative a attiré de nombreux apprentis terroristes et suscité des vocations parmi la jeunesse désoeuvrée du Sahel. Les kidnappings, vols à main armée, trafics en tout genre, assassinats, règlements de comptes se sont multipliés au Sahel et dans le Sahara algérien. En avril 2006, une embuscade meurtrière s’est soldée par la mort de treize douaniers entre Bechar et le sud de Ghardaïa. Des sources militaires rapportent au journal El Khabar qu’un groupe armé a utilisé des lance-roquettes et des fusils mitrailleurs de grand calibre pour exécuter cette opération. Les véhicules transportant les 21 douaniers ont été brûlés durant l’attaque, carbonisant les cadavres. Selon El Watan, les auteurs de l’embuscade ont été interceptés par les forces de sécurité, une dizaine de terroristes auraient été abattus, et une importante quantité d’armement récupérée. 60 kalachnikovs, 10 lance-roquettes, une vingtaine de pistolets et plusieurs caisses de munitions et chargeurs pour les petites armes et les kalachnikovs ainsi que 7 Toyota, dont 3 appartenant aux douaniers. Mais ce n’est que lorsque la Mauritanie a été durement atteinte que tous les observateurs y ont vu une preuve évidente de l’implication d’éléments du Polisario. Le 4 juin 2005, 150 terroristes attaquent une caserne militaire dans la région de Lemgheity. Bilan: 21 morts, dont 15 soldats et 6 terroristes. Le 27 décembre 2007, les terroristes frappent une deuxième fois lorsque trois soldats mauritaniens sont tués dans la région de Ghalaouiya. Le 16 septembre 2008, un bataillon militaire mauritanien est pris en embuscade par un groupe terroriste dans la région de Tourine, 12 soldats sont retrouvés décapités. On sait que le désert transfrontalier entre la Mauritanie, l’Algérie et le Mali a toujours été contrôlé par les combattants du Polisario qui sont chez eux. Il n’y a aucune différence physique, culturelle et linguistique entre les maures et les sahraouis du sud marocain, sud-ouest algérien et du nord-Mali, du fait de leurs liens tribaux et familiaux depuis des siècles. Rien de ce qui peut se passer dans cette zone ne peut échapper à la vigilance ou la complicité du Polisario. Des observateurs ont analysé les raisons de ce nouveau changement idéologique et terroriste dans le comportement des sahraouis, confirmé par les révélations des dignitaires du Polisario. La transformation idéologique du Polisario «Certes, nous ne vivons pas dans une île et tout ce qui touche l’Afrique, le monde arabe et le Maghreb nous touche! Il se peut que l’attente, les déceptions, ainsi que les idées ayant cours au Maghreb puissent toucher quelque peu notamment la jeunesse. Il se peut qu’il puisse se trouver de jeunes Sahraouis intéressés par l’islamisme radical », avait avoué Mohamed Abdelaziz, SG du Polisario au journal algérien L’Expression (23/08/2005). (1) Mustapha Bouh dit Al Barazani, ex-Commissaire politique de l'armée du Polisario, a rallié le Maroc en 1991. Il évoque les origines de ce rapprochement d’une partie des militants de son mouvement avec les courants islamistes radicaux: «Tout a commencé à la fin des années 1980. Des étudiants venus des camps de Tindouf et présents dans les universités d’Alger ou d’autres villes du nord y ont rencontré des membres du FIS qui tenaient le haut du pavé dans les facultés à cette époque. Ils ont été contaminés et sont revenus animés par l’idéologie islamiste». En 2005, Hametti Rabani, un des anciens dirigeants du mouvement, a fait un constat très sévère sur l’état d’esprit dans les camps. «Le Polisario est en situation d’échec. La majorité des anciens combattants l’ont quitté et se sont reconvertis dans les affaires en Mauritanie. De nombreux dirigeants historiques sont partis également. Restent pas mal de jeunes. Que peut leur dire la direction? Quel espoir peut-elle leur donner? Aucun, le mouvement est dans l’impasse, alors certains, pour ne pas désespérer, se tournent vers la religion, vers Dieu. Ils n’attendent plus rien des chefs du Polisario mais tout de Dieu. Dieu remplit le vide laissé par l’idéologie passéiste de la direction du Polisario». (2) D’autres observateurs sont catégoriques : «La ville frontalière mauritanienne de Zouérate… avait été investie, des dizaines de maisons achetées à des prix très faibles par ailleurs. Elles logeaient des soldats du Polisario qui avaient quitté Tindouf après les inondations de l’hiver précédent. Les chiffres des deux sites concordaient entre 2000 et 3000 hommes. Désœuvrés depuis le cessez-le-feu, totalement désemparés par la politique de leur direction, dégoûtés par les trafics qui touchent même l’aide alimentaire et aggravent la situation humaine dans les camps, les gens du Polisario sont aux abois et cèdent aux sirènes des plus offrants… Cela fait près de 15 ans que cette soldatesque vit dans une situation de ni guerre ni paix. Elle sait d’évidence que la victoire militaire est une chimère. Elle constate que sa direction ne peut aller vers la paix à cause de l’Algérie. Sans issue elle traficote pour vivre. Les jeunes sont aussi l’objet de ce trafic et avant la Mauritanie, le premier pays à avoir saisi des armes ayant transité par le Polisario est l’Algérie.» (3) Lors d'une conférence organisée à l'Université de Genève sur la mutation en cours au sein du Polisario, l'exposé d'Aymeric Chauprade a fait l'effet d'une bombe. Ce professeur de géopolitique à la Sorbonne, directeur des études à l'Ecole de Guerre de Paris, rédacteur en chef de la Revue française de géopolitique a affirmé que «l'évolution du Polisario serait en train de le faire basculer vers l'islamisme radical et le terrorisme.» Proche des services secrets français, il estime à: «500 ou 600 vétérans maghrébins d’Afghanistan qui se baladent, après la chute du régime des Talibans, dans cette vaste zone que j'appelle «l'arc intégriste du Sahara»… Depuis quelques années, on observe qu'un certain nombre de mouvements identitaires locaux, qui avaient, du temps de la guerre froide, adopté le marxisme-léninisme comme idéologie transnationale, changent de référentiel idéologique et optent pour l'islamisme radical.» Chauprade est catégorique : "l'essentiel des troupes d'Al Qaïda dans le Sahel est constitué de transfuges du Polisario… le véritable danger reste la possibilité pour les djihadistes de faire de la région un nouvel Afghanistan". (4) Les états-majors occidentaux sont alertés et sentent que le statu quo sahraoui sert le terrorisme au Sahel. «Le Front Polisario se trouve aujourd’hui dans un état de délitement avancé qui en fait une menace sérieuse pour la stabilité régionale.» On sait depuis plusieurs années qu’un grand nombre de fondateurs et dirigeants influents ont déserté les rangs du Polisario, soit pour rallier le Maroc, soit pour s’installer en Mauritanie ou en Espagne. On imagine donc aisément que les jeunes sahraouis, qui n’ont pas accumulé de fortunes, suivent un chemin plus radical. Tout en s’autonomisant de l'emprise algérienne, ils tombent sous celle d'un parrainage terroriste ou dans la criminalité organisée. Le Polisario fournisseur d’armes et de drogue au Sahel L'implication du Polisario dans le trafic d'armes est devenu une source d’inquiétude principale des pays riverains du Sahel. Après le cessez le feu en 1991, une nouvelle culture de trafic s’est installée dans les camps. Les combattants sahraouis participent activement au commerce d’armes, de carburant et alimentaires où se fournissent terroristes, rebelles, contrebandiers, trafiquants de drogue ou simples nomades. Le Polisario piochent dans ses stocks d'armes fournies notamment par l'Algérie, mais perçoit également des royalties sur le passage des convois d'armes qui traversent le désert en provenance de Mauritanie ou des zones de conflits armés de la région (Tchad, Darfour). On parle ainsi de près de 100.000 kalachnikovs en circulation dans la région du Sahel, d'après des estimations officielles. On trouve aussi des mitraillettes Uzi, des mitrailleuses MAG, des mortiers de 60 mm, des lance-roquettes, des grenades et des munitions. Les gros clients sont les groupes terroristes tels que le GSPC devenu Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), mais également, des barons algériens, marocains et africains de la drogue, ou encore des mercenaires recrutés pour la formation militaire d'opposants à des régimes africains. Des armes auraient été volées à plusieurs reprises dans les arsenaux gardés conjointement par la gendarmerie algérienne et des éléments du Front Polisario à Tindouf. Selon des rapports de plusieurs services de renseignement étrangers, ces armes pourraient avoir été volées par Al-Qaïda qui tente d’élargir ses effectifs et son implantation, ou vendues par des membres du Front Polisario. La presse algérienne a souvent rapporté les récupérations d’armes de guerre par la gendarmerie algérienne, comme le 29 octobre dernier où un arsenal a été saisi à Béchar: deux fusils-mitrailleurs, un pistolet-mitrailleur, un appareil GPS, une paire de jumelles, un téléphone satellitaire et près de 4 tonnes de kif. Ce qui constitue l’équipement standard d’un convoi de narcotrafiquants. Selon un rapport de sécurité qui a été présenté à la réunion de Tamanrasset en août dernier, aux commandements des armées des pays du Sahel, le contrôle militaire des frontières internationales dans la région est presque inexistant, du fait de l’insuffisance de moyens et l’étendue des territoires. Le journal El Khabar rapporte que : «l’Algérie a appelé les pays du Sahel à renforcer le contrôle sur le trafic d’armes dans la région, de craintes d‘arrivée d’armes sophistiquées du Darfour, et qui finiront dans les mains de groupes terroristes, via le Tchad ou le Niger». Par ailleurs, la sécurité algérienne a fait état de la complicité d’officiers avec des trafiquants. Plusieurs terroristes arrêtés ont affirmé que des officiers subalternes, des soldats, et des membres de la gendarmerie, sont coupables d’avoir aidé des terroristes et des contrebandiers dans les pays du Sahel contre des pots de vin. Le site algeriatimes.net a rapporté en août une information secret défense reprise par les médias marocains, selon laquelle un convoi du Polisario a été pilonné par des hélicoptères de l'armée algérienne à Lahfira et aurait fait huit morts, cinq personnes de la tribu Bouihate, deux de la tribu Foukara et un de la tribu Oulad Dlim. Ce convoi, composé de véhicules tout terrain, a essuyé des tirs alors qu'il se dirigeait vers les antres du désert pour ravitailler en vivres et en armes Katibat El Moulathamine, groupe armé rattaché à l’AQMI. Outre le trafic d’armes, un autre sujet d’inquiétude concerne l’implication du Polisario dans la recrudescence du trafic de drogue, dont il assure la protection dans sa zone d’influence. Selon le responsable régional de l’Office de l’ONU contre la drogue et le crime (ONUDC), les trafiquants sud-américains ont franchi un nouveau seuil en utilisant des moyens de plus en plus importants et sophistiqués. "Un Boeing cargo parti du Venezuela a atterri sur une piste artisanale à 15 km de Gao (nord-est) avant de décharger de la cocaïne et d’autres produits illicites", a-t-il indiqué à Dakar lors d’une conférence de presse. "Il a ensuite voulu décoller et s’est écrasé le 5 novembre". La quantité de drogue n’est pas connue mais "un Boeing peut transporter 10 tonnes de cocaïne". La carcasse de l’avion "a été incendiée par les trafiquants pour faire disparaître toute trace. Mais les numéros de référence ont été pris, une enquête est en cours sur le propriétaire. On ne sait pas depuis combien de temps cela dure, on ne peut pas dire si c’est le premier ou le dernier vol de ce type", a-t-il précisé. "Mais cela pourrait être considéré comme un nouveau mode opératoire et c’est inquiétant". Il n’y a pas de couverture radar dans cette zone, située à un millier de kilomètres de la capitale Bamako. Une étude très détaillée sur la nouvelle géopolitique de la cocaïne entre la Colombie et le Sahel sous-entend l’implication évidente du Polisario dans les batailles pour le contrôle des routes transsahéliennes et transsahariennes ouvrant le trafic de drogues illicites et des armes vers le Maghreb et l’Europe, qui se déroulent actuellement dans un contexte de faiblesse et d’effondrement d’Etats aux pouvoirs fragilisés. «La présence de terroristes dans le Sahel et le Sahara, et leur implication dans le trafic d’armes pour financer des attaques contre les Etats de la région, représente une menace importante sur la sécurité de l’Afrique et de l’Europe… Il est aujourd’hui à craindre que viennent se superposer aux nombreux problèmes géopolitiques préexistants en Afrique, les conséquences d’un accroissement du trafic de drogues illicites sous forme de répétition du modèle caribéen, du modèle mexicain ou du modèle colombien, voire d’une combinaison inédite propre au continent… L’Afrique émerge comme une plaque tournante prometteuse, forte de routes déjà tracées par des trafics d’armes, de migrants clandestins, et la présence de groupes mafieux régionaux.» (5) L’Algérie est en première ligne du narcotrafic qui transite pour l’Europe. La Gendarmerie nationale a encore déploré dernièrement la mort de deux gendarmes, tués lors d’un accrochage avec les narcotrafiquants qui ont eu recours à l’usage d’armes de guerre. Les barons de la drogue algéro-marocain opèrent entre Tindouf et Béchar avec des armes lourdes achetées au Sahel et montées sur des Toyota Station achetées ou volées en Algérie. Qu’attend l’Algérie pour désarmer le Polisario ? Selon des sources dignes de foi, le général Ahmed Gaid Salah, chef d'Etat major de l'ANP s'est rendu en fin du mois d'août à Tindouf juste après la tenue de l’importante réunion de Tamanrasset des commandements militaires du Sahel. Il a délivré un avertissement à Mohamed Abdelaziz et ses adjoints: "Les milices du Polisario sont devenues un véritable terreau de trafic de drogue, de denrées alimentaires et d'immigration clandestine, chose qui inquiète sérieusement les observateurs internationaux qui considèrent désormais le sud algérien comme une terra nullus", (territoire sans maître). Les camps de Tindouf voient défiler depuis quelques mois des officiers algériens qui effectuent des missions d’inventaire, pour chiffrer avec précision les disparitions d'armes dans l'arsenal du Polisario. «L’Algérie donnait des armes sans compter» a révélé Semlali Abadila, ancien membre de l’armée du Polisario de 1980 à 1983 qui a rallié le Maroc. Lorsque les relations entre les deux pays se réchauffent, «l’Algérie coupe le robinet». Mais à la moindre friction diplomatique, l’Algérie reprend son soutien au Polisario en lui apportant les armes dont il a besoin pour renforcer ses manœuvres militaires. Au fil du temps, le coût exorbitant des manœuvres militaires a incité l’Algérie à ne plus «prêter» les blindés et engins lourds que le Polisario exhibait fièrement devant les délégations étrangères. On peut voir sur les archives du site de l’Agence de presse sahraouie (http://www.spsrasd.info) que les dernières démonstrations de force remontent à 2000 avec six manœuvres militaires, et sept en 2001. Le Polisario faisait défiler plusieurs unités blindées, l'artillerie lourde, la DCA et des bataillons d'infanterie motorisée… prêtés par l’ANP. Le coût global de chaque manœuvre militaire variait entre 800.000 et 1.000.000 de dollars, selon l’utilisation de munitions, grenades, etc ... L’Algérie dépensait annuellement, pour les entraînements et démonstrations du Polisario, plus que le budget du HCR en faveur des camps. Ces manœuvres ont finalement desservi les intérêts de l’armée algérienne en pleine lutte contre le terrorisme au nord, comme l’a avoué l'ambassadeur du Royaume Uni à Alger, Graham Hand Stewart au quotidien algérien le Matin du 12/9/2002: «Nous sommes réticents à vendre des armes à l'Algérie. Je dois dire que nous restons attentif que les armes que nous vendons à l'Algérie n'aillent ailleurs. Au Sahara occidental, comme cela a été le cas par le passé». (6) C’est ainsi qu’un embargo a été décrété contre l’Algérie sur plusieurs types d’équipements sophistiqués, comme la vision nocturne, etc… C’est peut-être une coïncidence, mais depuis 2002 il n’y a pratiquement plus de démonstrations et manoeuvres militaires à Tindouf. Composée de sept régions militaires, elles-mêmes divisées en plusieurs compagnies (katibas), l’armée du Polisario présente des signes d’essoufflement évidents. «La seconde région militaire, la plus puissante sur le plan de l’armement, qui contenait dans le passé 2.000 membres, n’en a aujourd’hui que 700 ou 800», selon Semlali Abadila. Même constat pour les autres régions, dont les effectifs se sont effondrés pour ne plus compter que 200 ou 300 combattants chacune. Avec tous les dissidents du Polisario qui ont rallié le Maroc, l’armée marocaine tient à jour un inventaire du potentiel militaire existant, peut-être plus détaillé que celui de l’armée algérienne. (7) Le Maroc ne croit plus aux menaces utopiques de reprise des combats par le Polisario. Il est aujourd’hui hyper protégé par les grandes puissances qui ne permettront jamais qu’il soit agressé. Les généraux algériens le savent pertinemment, mais ils ne savent pas comment sortir politiquement de cet héritage de la guerre froide, une tragédie inutile, créée depuis plus de 35 ans, sur la souveraineté d’un désert aride de 270.000 km². Est-il encore opportun de laisser à des sahraouis instables un armement qui peut à tout moment finir entre des mains terroristes et se retourner contre les intérêts de l’Algérie? La diva séparatiste de Laâyoune, Aminatou Haider, a fait plus de mal pacifiquement à elle seule à la diplomatie marocaine que tous les dirigeants du Polisario et leur armement réunis. La situation sécuritaire dans le Sahel a atteint un tel degré de complexité, de nuisance et de convoitises qu’il ne faudra pas s’étonner si un beau jour les stratèges occidentaux décident d’y installer des bases militaires. Et s’ils ne l’ont pas encore fait, c’est peut-être qu’ils sont encore occupés par leur présence en Irak et en Afghanistan. L’isolement algérien vient du mépris affiché par Bouteflika à l’égard des chefs d’Etat voisins avec qui il n’entretient pratiquement aucune relation (Maroc, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad). Ce comportement est totalement inapproprié au statut de leadership géopolitique de l’Algérie au Sahara, et au respect de sa souveraineté à ses frontières. L’armée algérienne n’a aucun intérêt à laisser s’installer l’armée d’une puissance étrangère au Sahel, qui risque de briser l’équilibre du prolongement géo-démographique du Sahara au Sahel et de ses nomades. Elle se doit de mettre un terme à toute source de déstabilisation terroriste émanant du sol algérien. Le désarmement du Polisario et la fermeture des camps de Tindouf sont devenus des impératifs de sécurité nationale. Saâd Lounès 24 novembre 2009 Liens: (1) http://www.lexpressiondz.com/article/2/2005-08-23/28914.html (2) http://www.esisc.org/documents/pdf/fr/le-front-polisario-une-force-de-destabilisation-regionale-412.pdf (3) http://www.lagazettedumaroc.com/articles.php?id_artl=14859&n=546&r=2&sr=852 (4) http://www.lavieeco.com/politique/5324-linquietante-connexion-polisario-al-qaida.html (5) http://www.temoust.org/evolutions-recentes-de-la,12037 (6) http://www.algeria-watch.org/farticle/sale_guerre/steward.htm (7) http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_653/html_653/moyens.html |
11:46 Ecrit par Maroc pluriel dans Maghreb, SAHARA MAROCAIN | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : polisario, algerie, sahel, sahara
mercredi, 11 novembre 2009
Maroc-Algérie:le clan d’Oujda a perdu la bataille du Sahara Marocain

Comme à son accoutumée, le journaliste et écrivain Algérien Saad Lounes nous régale avec un article lucide sur les échecs diplomatiques de l'Algérie qui s'entête toujours à entretenir un conflit artificiel autour du Sahara Marocain, malgré la réaction positive et l'adhésion de la communauté internationale au projet d'autonomie proposé par le Maroc. Les giffles et les échecs de l'Algérie officielle se succèdent à un rythme assez soutenu, mais le clan qui gouverne ce pays ne semble pas lâcher du lest pour pousser son rejeton polisarien à la table de négociation pour régler définitivement ce conflit artificiel qui paralyse le développement de toute la région.
Al-Maghribi
Bonne lecture
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Le clan d’Oujda a perdu la bataille du Sahara Occidental
Par Saâd Lounès
Le dernier refoulement d’un avocat et de journalistes marocains à l’aéroport d’Alger est une grave erreur diplomatique. Il ne reste plus à Bouteflika et au clan d’Oujda que des bavures policières pour exprimer leur vision autoritariste sur la question du Sahara Occidental.
Ce conflit inutile engagé à la hussarde par Boumediene, après le coup d’Etat manqué et la mort de son ami le général Mohamed Oufkir en août 1972, n’a en fait été qu’un prétexte de déstabilisation de la monarchie alaouite. (1)
Face à l’adversité du pouvoir socialiste algérien et ses alliés de l’opposition marocaine, Hassan II avait réussi à consolider son trône. Après 10 ans de règne, Mohamed VI a fait du Maroc un «modèle à suivre pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient» selon les termes de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton au Forum de l’Avenir à Marrakech devant un parterre de diplomates du monde entier.
Le Maroc n’en finit plus d’engranger les bénéfices d’une nouvelle stratégie pragmatique et conquérante initiée depuis le lancement des négociations directes avec le Front Polisario sous l’égide de l’ONU en juin 2007.
Paradoxalement, c’est en utilisant les méthodes algériennes que le Maroc a pu avancer de manière spectaculaire dans la résolution du conflit à son avantage par une gestion efficace du renseignement et l’intégration des clientèles sahraouies dans le jeu politique national.
La bataille du renseignement
En nommant son camarade de classe et ami d’enfance Mohamed Yassine Mansouri à la tête de la DGED, le roi a changé la donne qui présidait jusqu’alors au sein des services secrets marocains. Civil et technocrate, Mansouri suit une feuille de route stratégique d’action en avançant une à une ses pièces sur l’échiquier sahraoui pour mettre en échec la partie algérienne, la seule qui s’oppose à un règlement définitif du conflit.
Mansouri agit sur plusieurs cibles pour désosser le Polisario et retourner contre l’Algérie ses principaux atouts qu’étaient le Front et les camps de Tindouf. En participant à toutes les phases de négociation de Manhasset, Mansouri effectue un travail de sape pour retourner les dirigeants sahraouis.
Il a également réussi un coup de maître surprenant en envoyant pour la première fois dans les camps de Tindouf une mission d’information et de renseignement sous couverture de presse. Un journaliste et un photographe d’un hebdomadaire marocain ont pénétré dans les camps de Tindouf et publié un reportage en été 2008. (2)
Ils y ont aussi recueilli une somme de renseignements et de photos très utiles pour dénoncer auprès des instances onusiennes les conditions de «séquestration» des sahraouis par les autorités algériennes.
Conforté par le soutien de tous les pays arabes, parachevé dernièrement par la reconnaissance libyenne de la marocanité du Sahara, Mansouri utilise à fond la carte maîtresse mauritanienne. Outré par le mépris que lui a manifesté Bouteflika, le nouveau président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz se dévoue pour la cause marocaine et œuvre à la reddition des chefs du Polisario en recevant très souvent le patron de la DGED.
Sur le plan intérieur, de plus en plus de sahraouis sont intégrés sur la scène politique nationale. Les stratèges marocains ont dernièrement réussi un coup de maître en portant à la présidence de la Chambre des Conseillers, un médecin sahraoui Mohamed Cheikh Biadillah, dont le propre frère est Brahim Ahmed Mahmoud Biadillah, dit «Gregou», responsable de la 2ème région militaire et ancien chef de la sécurité militaire du Polisario, qui figure en bonne place sur une liste de tortionnaires du Polisario. (3)
C’est un signal très fort auquel ne sont pas insensibles les notables sahraouis qui y voient un appel à une course à toutes les investitures dans le train du dynamisme politico-économique marocain. Entre la prospérité du destin national de Mohamed Cheikh, et l’éternelle attente l’arme au pied du «Désert des Tartares» de Gregou, le choix est vite fait.
D’autant que le projet royal d’Autonomie prévoit une amnistie pour les combattants sahraouis. Une autre façon d’imiter les algériens en laissant indéfiniment ouvertes les portes de la réconciliation.
Le désastre diplomatique de Bouteflika
Face à cette cascade de succès marocains, on ne peut que s’interroger sur l’anesthésie qui frappe le pouvoir algérien. L’explication est double.
Tout d’abord ce conflit n’a jamais reçu d’adhésion populaire, les algériens se contrefichent de cette histoire de Sahara. Hormis un FLN moribond qui ne s’exprime sur ce lourd héritage que du bout des lèvres, les partis politiques ont ouvertement déclaré leur désaccord sur la position algérienne et n’ont aucun contact avec le Polisario. C’est ce qui a encouragé la témérité de l’Association du Sahara Marocain à venir en Algérie même faire du lobbying pour la résolution du conflit.
Ensuite, la gestion du Polisario a toujours été une chasse gardée du clan d’Oujda dirigé par le couple Boumediene-Bouteflika et les chefs de la Sécurité Militaire. Après la mort de Boumediene et la mise à l’écart de Bouteflika et Kasdi Merbah, patron de la SM, c’est le général Larbi Belkheir qui s’est accaparé de ce dossier stratégique et lucratif où s’entremêlent diplomatie parallèle, fonds secrets et commerce d’armes.
Depuis la disparition mystérieuse de Belkheir, très malade selon sa famille ou décédé selon d’autres sources, on ne sait plus qui est vraiment en charge de ce dossier. Le très efficace chef du contre-espionnage, le général Smaïn Lamari qui gérait le Polisario sous les ordres de Belkheir, est décédé en été 2007 sans qu’on sache vraiment qui l’a remplacé.
De plus en plus isolés à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, Bouteflika et son clan d’Oujda ont définitivement perdu la bataille du Sahara Occidental. La dernière gifle retentissante qu’a reçu Bouteflika vient de son ami Khaled qui, après avoir exprimé publiquement ses griefs contre l’anti-marocanisme du gouvernement algérien, a entériné la marocanité du Sahara en allant chanter au dernier festival du dromadaire à Laâyoune.
Placé en situation d’échec et mat par la maîtrise d’œuvre marocaine et la péremption politique de Bouteflika, il ne reste au pouvoir algérien qu’une porte de sortie dans ce conflit. Abandonner son intransigeance, laisser le Polisario négocier librement, seul et sans aucune contrainte, fermer les camps de Tindouf et ouvrir les frontières avec le Maroc.
Saâd Lounès
source : http://www.pressealgerie.com/lequotidiendalgerie.htm
Notes :
(1) http://saadlounes.unblog.fr/la-vengeance-des-amis-doufkir/
(2) http://reflexionsetautresidees.blogs.courrierinternationa...
(3) http://www.saharamarocain.net/modules/smartsection/item.p...
14:37 Ecrit par Maroc pluriel dans Maghreb, SAHARA MAROCAIN | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sahara, polisario, algerie, autonomie
mardi, 22 septembre 2009
Cheb Khaled fait un gros Didi à la politique algérienne

Chez nous au Maroc, il y a un langage spécifique que l'on tient en s'adressant aux enfants comme nini (dors), titi (assieds-toi), moumou (bébé), didi (frapper) ect.. Mon propos ici, n'est pas de desserter sur ce langage enfantin, Mais sur les déclarations courageuses du Roi du Raï, cheb Khaled, auteur de la célébre chanson "didi".
En effet, il vient de faire un gros didi à la politique algérienne en matière de voisinage avec le Maroc. Dans un entretien qu'il a accordé à Telquel, le chanteur a évoqué, en guise de témoignage, la déportation des 45.000 familles marocaines par l'algérie du président Houari Boumediene en 1975 et de son ministre des affaires étrangères, Bouteflika, en represaille suite à la glorieuse Marche Verte liberatrice de nos provinces marocaines du Sud :
Vous êtes adulé par les jeunes des deux côtés de la frontière maroco-algérienne, alors qu’il y a une tension entre les deux pays. Comment vivez-vous cette situation ?
"J’ai grandi avec cette aberration. Tout petit, j’ai vu un flic entrer chez mon copain et le refouler au Maroc. À Oran, on a tous des amis qui ont été déportés, des gens qu’on a cachés et d’autres qu’on a mariés de force pour qu’ils puissent rester en Algérie. Avec le recul, ces scènes ressemblent à celles de la Seconde guerre mondiale où des voisins cachaient leurs amis juifs pour leur éviter les camps nazis. A ce point. Ça me fait mal. Maintenant que je côtoie le roi du Maroc et le président Bouteflika, on parle de ça et ils me disent tous les deux la même chose : “Les gens ne vont pas comprendre si on tourne rapidement la page du conflit entre le Maroc et l’Algérie. Les jeunes des deux bords t’adorent. On a besoin de symboles comme toi pour ouvrir des brèches et permettre le dégel des tensions en douceur. Et un jour, tout ça va s’arranger”. C’est pour cette raison qu’à mon niveau je passe le message politique avec la chanson et surtout avec le bonheur."
En tant que frontalier, tout jeune, Cheb Khaled a assisté au drame de ces familles marocaines que les forces de police et de l’armée algérienne ont arraché de force, et expulsé manu militari, en laissant derrière elles leurs épouses, époux et enfants, ainsi que leurs biens matériels. Ces 350.000 expulsés ne cessent de demander justice pour leur dédomagement. Ils se sont constitués en associations pour défendre leurs droits, afin que leurs biens spoliés soient restitués.
Evidemment, la presse algérienne au service du régime algérien a réagi hystériquement aux déclarations de Cheb khaled. Le journal « algérie-liberté » a dégainé le premier avec un titre proportionnel à l’événement : « Le chanteur compare les Algériens aux nazis, Khaled “le Marocain” fait scandale » Je vous épargne la teneur de cet odieux article qui véhicule des contrevérités historiques, comme par exemple, la politique de marocanisation des terres des colons. Le journal a fait l’amalgame entre le retour de ces domaines coloniaux sous la souveraineté marocaine et la « spoliation » de certains Algériens français colons qui devaient aussi cesser d’exploiter ces terres au même titre que les colons français de souche.
Dans le même article écrit par Mounir Boudjema, les lecteurs n’ont pas échappé, comme à l’accoutûmée, à un certain relent d’antisémitisme : « On savait Khaled sensible au lobby juif marocain, mais de là à balancer, froidement, des contre-vérités historiques, il y a un pas que notre star de la chanson a malheureusement franchi. » Visiblement, la comparaison de Khaled, de la déporation des Marocains d’Algérie aux exactions nazies à l’encontre des Juifs, n’a pas plu et a fait trop mal. Comme quoi la vérité blesse des fois.
@ Al-Maghribi, Maroc Pluriel
18:28 Ecrit par Maroc pluriel dans Maghreb, SAHARA MAROCAIN | Lien permanent | Commentaires (23) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : algerie, sahara, cheb khaled
samedi, 20 septembre 2008
Le commentaire de Saâd Lounès
- Double trahison des dirigeants algériens
- Le polisario : une coûteuse imposture algérienne
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"Meilleurs com mentaires" est une rubrique dans laquelle je sélectionne des interventions de certains commentateurs qui méritent que l'on s'y arrête.
Cette semaine, je vous ai choisi la contribution de l'écrivain et journaliste Algérien Saâd Lounès qui a réagi sur Maroc Pluriel concernant l'article d'Anouar Malek sur l'assassinat de Mohammed Boudiaf.
Saâd Lounès développe une thèse assez originale sur les dirigeants Algériens, qui pour leur grande majorité, sont d'origine marocaine. Il y a donc une double trahison les concernant. Ils ont trahi à la fois le Maroc et l'Algérie. Il s'est aussi illustré par un article courageux sur le polisario qu'il considère comme une imposture algérienne coûteuse.
Bonne Lecture !
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Voici le commentaire de saâd Lounès :
"Bonjour à tous les frères Marocains
Algériens, Marocains, Tunisiens, .. b'hal b'hal.
Les colons français nous ont divisés et ils continuent avec leurs harkis et les Déserteurs de l'Armée Française infiltrés dans tous les rouages de l'Etat algérien.
Pour en savoir plus sur "l'origine marocaine" du pouvoir occulte algérien lisez ces articles et faites vos propres recherches et déductions:
http://www.hoggar.org/index.php?option=com_content&ta...
http://www.hoggar.org/index.php?option=com_content&ta...
http://www.tahiabladi.com/index.php/1541/le-makhzen-du-dr...
Consulter l'interview du Colonel de la SM Ali Hamlat (originaire de Meknès) sur les liens ci-dessous :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/06/23/article...
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/06/24/article...
Pour en savoir encore plus sur l'histoire franco-algérienne du Maroc revisitez l'histoire du maréchal Lyautey, résident général au Maroc (1912-1925) qui s'est constitué "un faux royaume" (sous tutelle coloniale NDLR) en important des milliers de goumis algériens, les fameux "2ème franciss", qui se sont comportés en mercenaires au Maroc (au temps du Porotectort)
Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, ils ont été des milliers à quitter le Maroc en se fabriquant des attestations de faux moudjahidines pour prendre des postes de responsabilité dans l'embryon d'Etat algérien. C'est de là que vient la mauvaise graine qui a tout dévoyé dans l'administration et la justice algériennes en y important le système makhzénien, benamiste, corrompu, etc... Ils continuent de piller le pays pour se constituer des fortunes à l'étranger, Maroc compris. Ils entretiennent le conflit virtuel du Sahara sur ordre des colons français pour diviser indéfiniment le Maghreb.
Dire ceci n'est pas une insulte au peuple marocain qui a fait de grandes avancées pour éliminer les défauts et les travers du système makhzénien.
On commence à peine à visiter notre Histoire. C'est de là que jailliront des vérités cruelles et un nouveau départ pour les peuples du Maghreb."
www.saadlounes.com
21:19 Ecrit par Maroc pluriel dans Maghreb, Meilleurs commentaires, SAHARA MAROCAIN | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : saâd lounès, algerie, sahara, polisario
lundi, 05 mai 2008
La politique du mauvais goût s’invite au stade de football
Le week end dernier, le stade de koléa en Algérie a été le théâtre d’un incident diplomatique de mauvais gout. Lors d’un match Maroc-Algérie, l’hymne national Marocain a été amputé de son dernier couplet Un incident qui dit long sur la stupide manière dont les responsables Algériens font preuve à tout ce qui est Marocain.
Comme de nombreux spectateurs à travers le monde qui ont suivi en direct cette méprise sciemment et volontairement calculée et orchestrée, j’ai été choqué et consterné de voir le symbole de mon pays sauvagement charcuté par des mains haineuses qui ont appuyé sur le bouton arrêt de l’enregistreur avant que l’hymne termine pour passer sans vergogne à celui de l’Algérie.
Le dernier couplet de notre hymne symbolisant nos trois pierres fondatrices et sacrées de notre inébranlable socle identitaire (Dieu, Patrie et Roi), agace et irrite les responsables algériens en quête de légitimité dont ils sont dépourvus.
Décidemment, le derby maghrebin qui, normalement doit être une fête pour les deux peuples, a été entâché par cet incident provocateur des responsables politiques et sportifs du pays accueillant.
Comment peut-on décrypter cette amputation de l’hymne Marocain ?
- D’abord, rien ne peut nous étonner des responsables Algériens qui ne ratent aucune occasion pour taper sur le Maroc. Nous sommes habitués à leurs bêtises et nous attendons rien de positif de leur part tant que ce régime mafieux est aux commandes en Algérie.
- Cette bêtise antisportive n’est rien par rapport à l’activisme maladif de la diplomatie algérienne à l’échelle internationale pour nuire à notre pays par tous les moyens. y compris la corruption des dirigeants de certains pays sans morale, le lobbying et le chantage à l’énergie.
- Après le but marqué par Peter Van Walsum dans les filets de l'équipe algéro-sud africaine, suivi du penalty du coréen Ban-ki Moon, voilà le conseil de sécurité marque un troisième but en faveur de l’autonomie du Sahara sous souveraineté marocaine. Ces magnifiques buts diplomatiques ont été accueillis sous les applaudissements de la communauté internationale et de la population sahraouie des camps de Tindouf et du Sahara Marocain. Le degré d’agacement des responsables algériens augmente parallèlement aux succès diplomatiques du Maroc qui a arraché de nouveaux acquis incontestables. Leur consolation et leur vengeance se réduit à l’amputation de l’hymne national Marocain lors d’un match banal de football.
Soyons accueillants et bienveillants, comme à l'accoutumée, et à la hauteur de notre hospitalité légendaire, à l'égard de l'équipe algérienne en match retour qui se jouera probablement à Fès pour transformer cet événement en fête de fraternité et de communion entre les deux peuples marocains et algériens.
En tout cas, Le Maroc a doublement gagné, aussi bien en football en dominant l’équipe algérienne et en arrachant un match nul en Algérie, que sur le plan diplomatique en voyant sa position confortée par l’adhésion du conseil de sécurité au plan d’autonomie sous souveraineté marocaine. La résolution 1813 est incontestablement un épisode de rupture et un tournant important dans le traitement de la question du Sahara.
2009 sera-t-elle l’année du règlement définitif de cette épine enfoncée dans les pieds du Maghreb ? L’Algérie a encore de quoi sauver la face pour pousser son rejeton polisarien à la table de négociation dans un esprit constructif et réaliste.
@ Al-Maghribi, MarocPluriel
18:22 Ecrit par Maroc pluriel dans Maghreb, SAHARA MAROCAIN | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sahara, foot, nervosité, algérie
samedi, 19 janvier 2008
La diplomatie nerveuse de l’Algérie
Le Ministre de l’intérieur Zerhouni qualifie l’ONU de « fausse vierge effarouchée »

Casablanca, MarocPluriel. 19.01. 08. Un bras de fer est engagé entre l’ONU et l’Algérie a propos des attentats et la situation catastrophique sur le plan sécuritaire dans ce pays. Quarante et une personnes, dont 17 fonctionnaires des Nations unis, ont péri dans les deux attentats-suicides du 11 décembre 2007, contre le Conseil constitutionnel et le siège local de l'ONU à Alger et revendiqués par Al-Qaida au Maghreb.
A la suite de cette tragédie qui a frappé le personnel onusien, Le secrétaire général Ban ki-moon a décidé de faire une enquête sur la sécurité des bâtiments de l’organisme dont il a la charge et qui sont situés en Algérie et tirer des conclusions pour prévenir de nouveaux attentats dans un pays où la situation ne s’arrange pas, mais elle s’empire de jour en jour. Les USA ont encore alerter leurs ressortissants a plus de prudence dans leurs déplacements dans toutes villes algériennes. les britanniques et les français ont aussi fait de même. Ce qui prouve que les milieux sécuritaires à l’échelle internationale placent l’Algérie dans la zone à haut risque.
Mais Les responsables algériens ne sont pas de cet avis, ils passent même à l’attaque avec un discours ordurier et vulgaire, digne des voyous. Zerhouni, ministre de l’intérieur qualifie l’ONU de se comporter comme « une fausse vierge «effarouchée » Voilà une phrase qui doit intéresser les sémiologues ; les linguistes, les psychiatres et aussi les feministes pour l’analyser et dresser un profil psychologique et comportemental de ce ministre qui fustige l’ONU en la qualifiant ainsi.
Le refus de se plier à une enquête onusienne sur ce double attentat a aussi été exprimé par Abdelaziz Belkhadem, chef du gouvernement algérien avec un ton insolent qui montre que les responsables de ce pays sont nerveux et gênés que la communauté internationale, par la voix de l’ONU enquête sur le terrorisme, l'une des plaies qui ronge l’Algérie depuis des années. Ils n’ont jamais pu apporter la moindre solution pour délivrer le peuple Algérien de ce cauchemar quotidien. Le chef du gouvernement va plus loin en déclarant que cette décision "ne peut être accueillie favorablement car l'Algérie a fait son devoir" De quel devoir, il fait allusion ? Est-ce le devoir de minimiser hypocritement le mal qui ronge l’Algérie et laisser la population sans défense dans une situation de peur quotidienne? Est-ce le refus de coopération avec les Etats de la région en matière de terrorisme et de sécurité ? est-ce le devoir de s’immiscer dans les affaires internes des états voisins en fomentant des conflits artificiels à la frontière marocaine et en abritant une bande armée polisarienne sur son propre sol ? Est-ce le devoir de parrainer les rebelles touaregs en les dirigeant contre le Mali et le Niger ?
En tout cas les faits sont là, l’ONU accuse les autorités algériennes de ne pas avoir protégé ses installations à Alger de manière appropriée. Dans une dépêche de l’AFP qui rapporte la déclaration d’un responsable onusien, il n’y a aucune ambiguité : « Selon Kemal Dervis, responsable du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le chef de la sécurité de l'ONU en Algérie, Babacar Ndiaye, qui a péri dans l'explosion, avait plusieurs fois demandé "des mesures de sécurité particulières", peu après les attentats d'avril 2007, qui avaient fait 30 morts en Algérie. Le Sénégalais réclamait notamment l'installation de plots de béton, qui auraient pu bloquer le véhicule piégé du 11 décembre. "Le gouvernement (algérien) n'a pas répondu, c'est un fait établi", a affirmé, mercredi, M. Dervis.
18:40 Ecrit par Maroc pluriel dans Maghreb, SAHARA MAROCAIN | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : algérie, sahara, nervosité
mercredi, 12 septembre 2007
La presse algérienne et le Sahara Marocain
La rubrique "meilleurs commentaires" revient après une longue période avec une intervention d'Ahmed Addoukkali qui contribue de manière régulière pour défendre l'integrité territoriale du Maroc.
Bonne lecture !
Alors qu'une partie de la presse algérienne commence à reconnaître, que la stratégie des gouvernants de leur pays et qui consiste à contrecarrer systématiquement l'Intégrité terrritoriale du Maroc, ne débouche pas sur les résultats qu'ils escomptent et qu'au lieu que le Royaume du Maroc s'affaiblisse, il ne fait que se renforcer sur tous les plans malgré tous les handicaps économiques et notamment ses besoins énergétiques,
Il y a même certains journaux agériens qui incitent ces gouvernants à collaborer étroitement avec le Maroc, notamment dans le domaine de la lutte contre les méfaits du terrorisme sur toute la Région et qui en plus d'une coopération sécuritaire doit aussi englober les différents domaines notamment économiques,
alors qu'une certaine lueur d'espoir commençait à naître devant ce genre de discours, voilà une partie de cette presse qui découvre un autre crédo pour maintenir la tension entre les deux pays frères.
Ils affirment ni plus , ni moins que ce sont "les ultras marocains du sahara marocain" qui , selon eux, empêchent toute ébauche de collaboration dans un quelconque domaine.
Ils affirment ni plus ni moins que pour qu'une telle collaboration s'instaure, il faut écarter ces "ultras" (entendez par là les "faucons", l'allusion est flagrante et l'amalgame n'est pas étranger aux manigances de cette presse) pour que tout soit mieux dans le meilleur du monde.
Les voilà donc qui répartissent et stratitfient les marocains en "ultras" ou "faucons" , c'est-à-dire ceux et celles des marocaines et des marocains qui sont intransigeants pour la sauvegarde de l'Intégrité Territoriale de leur Pays , et "les mimi cracra" ou "colombes" qui se plieraient à toutes les exigences des dirigeants d'Alger, même à renoncer aux Provinces du Sud, pourvu que ces derniers veuillent bien "collaborer" avec le Maroc.
Et le plus drôle, c'est que ces journaux soutiennent sans broncher que ce sont les "ultras" marocains qui sont la cause de tous les malheurs qui tombent sur la l'Algérie, même le déferlement du terrorisme, alors même que le Maroc par la voix de son Chef d'Etat, offre à chaque occasion le concours du Maroc pour la lutte commune contre ce fléau, pour épargner non seulement l'Algérie et le Maroc , mais même et surtout globalement toute notre Région.
Ce que doivent savoir ces journaleux , c'est qu'au Maroc , il n'y a ni "ultra marocains pour le sahara marocain", ni "mimi craca", pour renoncer à nos Provinces du Sud.
Il n'y a que des Marocaines et des Marocains qui tiennent comme à la prunelle de leurs yeux à l'Intégrité Territoriale de leur Pays, et que la lutte contre le terrorisme est une chose et que la préservation de chaque parcelle de territoire du Maroc , en est une autre.
Les dirigeants algériens se rendent compte de plus en plus que pour arriver à bout du terrorisme et assurer une véritable réconciliation et concorde au sein de leur pays, ils doivent se réconcilier d'abord avec leur voisinage, et ne pas tenter de courir plusieurs lièvres à la fois.
Le Maroc est bien maître à l'intérieur de ses frontières quoiqu'en disent les dénigreurs et adversaires , ce qui est loin d'être le cas de l'Algérie , et comme on dit chez nous "alli darrato addarsa kay 9allab 3al alkollab"...
@Ahmed Addoukali, Maroc pluriel et Multiple, 12 septembre 2007
11:15 Ecrit par Maroc pluriel dans Maghreb, Meilleurs commentaires, SAHARA MAROCAIN | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : médias, sahara, algérie, polisario
vendredi, 29 juin 2007
Semaine d’Algérie au Maroc: pour une réouverture des frontières ?
Le 26 Juin 2007 a été inaugurée au Grand Palais de la Foire de Casablanca « la Semaine d’Algérie au Maroc ». Cette semaine a permis à une centaine d’hommes d’affaires algériens, représentant divers secteurs économiques, de prendre contact avec leurs homologues marocains. Elle fait suite à une importante délégation d’hommes d’affaires marocains qui s’était rendue à la 40ème Foire d’Alger du 02 au 07 Juin 2007.
Jawad Kerdoudi, consultant économiste et président de l’Instiut marocain des relations internationales (IMRI).
On ne peut que se réjouir de ces contacts entre Entreprises marocaines et algériennes, d’autant plus, que malgré le voisinage, les échanges entre les deux pays sont très faibles. En effet durant l’année 2006, l’Algérie n’a importé du Maroc que pour une valeur de 456 Millions de DH, et elle a exporté vers notre pays 3,2 Milliards de DH, principalement des hydrocarbures. Les échanges entre le Maroc et l’Algérie ne représentent que 2% du commerce extérieur des deux pays.
Cette situation est extrêmement dommageable, surtout que les deux économies algérienne et marocaine sont complémentaires dans plusieurs secteurs économiques. L’Algérie possède un potentiel considérable en pétrole et gaz, dont le Maroc est totalement dépourvu. De son côté, le Maroc dispose d’une agro-industrie performante, d’une industrie diversifiée, et d’un tourisme en plein essor.
Qu’est ce qui bloque le développement des échanges entre le Maroc et l’Algérie ?
Assurément, il y a le problème du Sahara, pour lequel les deux pays ont une position divergente. Mais cette question peut être dépassée, en donnant la priorité à l’économie, dans l’attente de trouver une solution au problème du Sahara. Mais pour que le volet économique se développe sérieusement, il faut que les personnes et les marchandises puissent circuler librement entre les deux pays.
Un grand pas a été réalisé par la suppression des visas entre les deux pays. Mais reste la réouverture de la frontière terrestre, qui est toujours fermée depuis l’année 1994. Cette ouverture est essentielle, d’abord pour que les personnes qui veulent aller d’un pays à l’autre, puissent le faire par la voie terrestre, infiniment plus pratique et moins coûteuse que la voie maritime et aérienne. Ensuite, pour les marchandises, qui doivent actuellement transiter par un port étranger (Marseille), pour être acheminées par voie maritime d’un pays à l’autre. En effet, les lignes maritimes directes entre les deux pays sont très insuffisantes.
Certains dirigeants algériens ont déclaré que l’ouverture de la frontière terrestre profiterait plus au Maroc qu’à l’Algérie. C’est une évaluation à courte vue. Sur le plan théorique tout d’abord, l’ouverture des frontières a démontré partout dans le monde, qu’elle est source d’enrichissement et de prospérité économique et sociale pour les pays voisins. D’autre part, la Balance commerciale entre les deux pays est excédentaire pour l’Algérie de près de 3 Milliards de DH. Au cas même, où le bilan final serait défavorable à l’Algérie, le déficit pourrait être compensé par l’augmentation des achats par le Maroc, d’hydrocarbures en provenance d’Algérie. Aussi sur le plan strictement économique, l’Algérie et le Maroc ont tout intérêt à ouvrir leur frontière terrestre.
Au-delà des relations bilatérales entre le Maroc et l’Algérie, la nécessité d’activer l’UMA (Union du Maghreb Arabe) devient de plus en plus pressante. Le Rapport 2006 du FMI note « un niveau d’échanges dérisoire entre les pays de l’UMA, comparé aux énormes potentialités recelées par les pays précités ».
Il ajoute « la consolidation des échanges commerciaux et la libéralisation du commerce entre ces pays, les aideraient à faire face à leur principaux défis, consistant à améliorer les perspectives de croissance et à réduire le chômage ». Enfin, selon ce Rapport, « si ces pays réussissaient à supprimer les entraves à leur commerce régional, ils créeraient un vaste marché de consommation, ce qui aurait pour résultat d’attirer de nouveaux investissements ».
La voie pour atteindre ce cercle vertueux est toute tracée. Il s’agit tout d’abord de rouvrir, dans les meilleurs délais, la frontière terrestre entre l’Algérie et le Maroc. Il faudra par la suite trouver une solution pour le problème du Sahara. La récente initiative du Maroc d’accorder l’autonomie interne à la région du Sahara, unanimement saluée par la communauté internationale, pourrait constituer une base de discussions.
Le problème du Sahara réglé, il faudra s’atteler à l’instauration effective d’une zone de libre échange entra les cinq pays du Maghreb, avec libre circulation des personnes, des marchandises, et des capitaux. C’est le vœu de tous les peuples de la région.
Jawad Kerdoudi, (29/6/2007), source : Menara
lire aussi : Le Maghreb et ses maux
22:00 Ecrit par Maroc pluriel dans Maghreb, SAHARA MAROCAIN | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sahara, algérie, maroc et maghreb
mardi, 31 octobre 2006
Algérie : double attentat au camion piégé
Algérie - La capitale a tremblé dans la nuit de dimanche à hier, après les deux explosions ayant visé deux commissariats de la banlieue est faisant trois morts et plusieurs dizaines de blessés.
Deux camions remplis d’explosifs, l’un stationné à côté de l’enceinte de la BMPJ de Réghaïa et l’autre à côté de celle de la Sûreté de wilaya de Dergana, ont détruit une grande partie des deux institutions ainsi que de nombreuses maisons et locaux commerciaux limitrophes.
C’est vers 23h55 minutes que la première explosion s’est produite au niveau de la rue Allal Saïdani, en plein centre-ville de Réghaïa. La déflagration, entendue dans plusieurs autres communes d’Alger, a creusé un grand cratère dans la chaussée. Au moins sept véhicules ont été carbonisés dans l’explosion et les rideaux d’une vingtaine de locaux ont été complètement arrachés.
La détonation était tellement violente que son souffle a fait voler en éclats les vitres des maisons sur un rayon de plusieurs centaines de mètres. Deux maisons situées en face de la BMPJ étaient carrément à terre. Blessés, leurs occupants ont été évacués vers l’hôpital de Rouiba.
Selon des informations recueillies sur place, deux personnes ont trouvé la mort. La première victime serait un civil qui se trouvait devant son magasin et la seconde ne serait que le frère d’un «terroriste», connu par les services de la Sûreté de Réghaïa. Ce dernier pourrait avoir un lien avec cet attentat puisque, d’après des sources sécuritaires, «il n’a pas saigné. Cela veut dire qu’il avait bu du misk».
Selon des indiscrétions des éléments de la police scientifique, le camion de marque Daihatsu contenait des charges explosives : «Il faut faire des calculs pour connaître la quantité chargée dans le camion mais, à première vue, il a été bourré d’au moins une cinquantaine de kilos.» Au moins une trentaine de douilles ont été ramassées par les éléments de la police scientifique, ce qui renseigne sur l’accrochage qui s’est produit avec les éléments du groupe armé qui, selon des sources sécuritaires, «aurait tenté de s’introduire à l’intérieur du siège de la BMPJ, juste après la déflagration, pour voler des armes».
Une tentative qui a échoué, selon les mêmes sources. Un riverain parle également d’un accrochage dans son témoignage en précisant que «trois jeunes ont garé un gros camion devant le commissariat. Il y a eu des tirs nourris de policiers, puis les trois jeunes se sont enfuis avec une voiture qui les attendait». Plus d’une dizaine de policiers ont été blessés, à des degrés différents, et une vingtaine de blessés est enregistrée parmi les civils dans ce premier attentat.
Dix minutes après, une deuxième explosion s’est produite à haï Dergana, dans la commune de Bordj El Kiffan, où un deuxième camion rempli d’explosifs a détruit la BMPJ et plusieurs maisons limitrophes. Dans l’une de ces dernières, complètement détruite, une enseignante a trouvé la mort alors que ses deux enfants, blessés, ont été retirés des décombres par des policiers.
Selon un des policiers, présent au moment de la déflagration, beaucoup de ses collègues ont eu la vie sauve parce qu’ils avaient quitté les chambres de la BMPJ après avoir entendu première explosion de Réghaïa. Au total, sept policiers ont été légèrement blessés à Dergana. Un nombre plus important de blessés est enregistré parmi les riverains. «Tout s’est produit rapidement.
Le camion a été garé quelques minutes seulement avant son explosion derrière l’entrée principale du commissariat. Son conducteur a emprunté la ruelle parallèle pour son acheminement devant l’enceinte de la BMPJ et n’a donc pas été aperçu par les éléments de la Sûreté» dira, sous le couvert de l’anonymat un policier. Selon le communiqué de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), ces deux attentats ont causé la mort de trois personnes, dont une femme, et des blessures à 24 autres, «sans grande gravité».
«Dans chaque attentat, un véhicule piégé volé a été utilisé», a ajouté la même source, soulignant que «toutes les mesures ont été prises pour apporter l’aide et l’assistance» nécessaires aux blessés. La DGSN a affirmé qu’«aussitôt [après les explosions], une opération de recherche a été déclenchée et une enquête a été ouverte pour l’identification et l’arrestation des auteurs».
Ces deux attentats ont ravivé les craintes des citoyens et ont ouvert les portes aux plus folles rumeurs. Certains affichent leurs craintes : «J’espère que ces attentats n’annonceront pas un retour aux sombres années du terrorisme. Dieu nous en préserve.»
Rappelons que le dernier attentat à l’explosif perpétré par les terroristes encore en activité dans la périphérie de la capitale est celui du colis piégé posé à proximité de la caserne de logistique d’El Harrach.
Par Hasna Yacoub - La Tribune, le 31 octobre 2006.
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12:10 Ecrit par Maroc pluriel dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : terrorisme, algerie, sahara
dimanche, 08 octobre 2006
Debbouze et les autorités ex-indigènes de l'Algérie
Il paraît que le Gouvernement Indigène Algérien a interdit l’entrée en Algérie à l'artiste l’indigène Franco-Marocain Jamel Debbouze. Les autorités algériennes n’ont pas accordé un visa indigène à Debbouze, parce que son indigénat n’est pas compatible avec le statut indigène en vigueur sur le territoire Algérien. C’est la deuxième fois que le gouvernement indigène Algérien s’illustre en refusant d’accorder le visa à l’humoriste indigène en privant ses nombreux fans Algériens d’une communion artistique indigène . Pourtant le film " les indigènes " restitue une période d’histoire commune où de nombreux ex-indigènes d’Afrique et d’Indochine, qui appartenaient à l’Empire colonial français étaient mobilisés de force et soumis à la démence coloniale que Bouteflika, Premier chef Indigène de l’Etat Algérien ne cesse de dénoncer.
Ce que les autorités algériennes reprochent à Jamel,Debbouze, c’est son soutien à l’intégrité territoriale du Maroc. Depuis quand, un artiste Marocain ou franco-Marocain devrait se désolidariser de son pays pour faire plaisir aux responsables Algériens et ainsi pouvoir rentrer en Algérie, ce merveilleux pays paradisiaque connu pour sa grande hospitalité légendaire ?
Décidemment, l’esprit indigène règne encore dans les hautes sphères de l’Algérie indépendante. Le crâne colonial continue à peser sur les mentalités des responsables algériens malgré les apparences et ceux qu'ils affichent dans leur discours hypocritement anticolonialtes. Ils sont les heritiers directs des méthodes de gestion coloniale, doublée d'une culture haineuse de parti unique avec un discours monolitique qui se situe en dehors de l'histoire et les exigences d'une bonne gouvernance moderne et de bon voisinage sans tension.
Al-Maghribi
20:20 Ecrit par Maroc pluriel dans Maghreb, SAHARA MAROCAIN | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sahara, debbouze, algérie







