samedi, 11 novembre 2006

Sahara marocain et responsabilité historique*

Tout observateur qui s’aviserait de jeter un regard rétrospectif sur le Grand Sahara durant les trois derniers siècles, s’apercevra d’une effervescence politique brûlante ou d’une situation sociale au bord de l’explosion dans la région.

Si la période de la guerre froide qui a suivi la seconde guerre mondiale avait consacré les divisions politiques des pays africains hérités de l’ère coloniale, la chute du mur de Berlin en l’an 1989, à quant à elle, replacé l’espace saharien dans le giron politique, avec entre autres, la situation conflictuelle à la frontière égypto-soudanaise, qui a été le prolongement aux affrontements sanglants dans la corne de l’Afrique (Ethiopie, Erythrée, Somalie) ou encore au conflit frontalier entre la Libye et le Tchad.

Alors que l’Algérie était plongée dans la décade du sang au point que les implications de cette situation menaçaient jusqu’aux fondements mêmes de l’Etat, ce qui a, chemin faisant, aidé et encouragé la Kabylie à revendiquer ouvertement son indépendance, les Touaregs et les Arabes d’Azouad, repartis tout au long de la frontière Algérie-Mali-Mauritanie, s’étaient soulevés dans l’optique de l’indépendance.

C’est au creuset de ces circonstances internationales et régionales qu’est apparu le problème du Sahara estampillé dans le vocabulaire international comme étant le problème du Sahara occidental.

Dans le sillage de ces mêmes circonstances, il a été catalogué comme étant un élément de tout un chapelet de tensions qui embrasent le Sahara dans son ensemble, de l’Atlantique à la Mer rouge.

Par référence aux données historiques établies et avérées, le prolongement saharien de l’Etat marocain ancestral, ne devrait à priori prêter à aucune discussion, encore moins à un quelconque problème, l’inverse des frontières, pièce par pièce, conçues par le colonialisme européen sur le flanc saharien, aux autres pays du Nord africain (particulièrement les frontières sahariennes de la Libye et de l’Algérie), et qui se prêtaient de toute évidence au jeu de l’affrontement politique international1.

Pourquoi donc la question du Sahara marocain était-elle restée posée alors que, jusqu’à nouvel ordre, on ferme les yeux sur d’autres parties du Sahara des pays Nord-Africains ?2.

Laissons de côté les développements qu’a connus la question du Sahara que les spécialistes, les acteurs et les observateurs de la politique internationale3 appréhendent fort bien, pour nous atteler à l’histoire même du Sahara atlantique, s’étendant de Tarfaya au fleuve Sénégal avant la période coloniale du début du 20ème siècle. Mais cette démarche, pour autant qu’elle pourrait faire la lumière sur bien des points, soulève un grand problème, qui consiste en l’insuffisance des témoignages historiques locaux et, par conséquent, des données qui en résulteraient.

I - Processus de l’écriture de l’histoire portant sur le Sahara atlantique

Si nous enjambons les époques lointaines dont l’exploration nécessite le recours à des techniques de recherches archéologiques et autres techniques semblables, telle la toponymie, l’on constate, que la première période de l’histoire, tout comme c’est le cas pour les derniers siècles.

précédant le début de l’ère chrétienne, ne nous offrent, en guise de témoignages historiquement consignés sur l’espace saharien, que des données parcimonieuses, puisque nous ne disposons en la matière, que de quelques résidus des textes latins légués par Hérodote ou Saloster, textes qui se prêtent à de nombreuses lectures et interprétations. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, les analystes ne s’y réfèrent souvent qu’à titre indicatif sans plus.

Avec la venue de l’Islam en terre marocaine et sa consolidation dans la région durant le 8ème siècle, les témoignages arabes sur l’espace saharien commençaient à pleuvoir, apportant des données d’une richesse exceptionnelle.

Au départ, et jusqu’au 10ème siècle, tout venait du Machrek (Ibn Haoukal, Ibn Abdelhakam et Massaoudi). La production version marocaine a été relancée par la suite, avec des références aux écrits d’un certain nombre d’historiens, de géographes, d’hommes de lettres, et d’encyclopédistes du Machrek, tels El-Amri ou Al-Kalkchindi.

Parmi les noms marocains prestigieux qui ont monopolisé la quasi-totalité de ce que nous savons sur la région entre le 11ème et le 14ème siècle, figurent Al-Bekri, El-Idrissi, Ibn Said Al-Maghri, Ibn Aadri, Ibn Abi-Zaraa et Ibn Batouta.

Nous étions chanceux à la constatation que les écrits d’Ibn Khaldoun durant le dernier quart du 14ème siècle, aient tenté de rassembler la quasi-totalité des éléments et données arabes portant aussi bien sur la géographie et l’histoire de l’espace du Sahara atlantique, que sur les activités de ses tribus entre le 8ème et le 14ème siècle.

Tandis que les récits arabes déclinaient, à l’exception de la période de production de Léon l’africain au début du 16ème siècle, la relation ibérique des faits s’est métamorphosée en une dynamique de découvertes géographiques durant le 15ème et le 16ème siècle, prenant la tête des écrits historiques les plus importants sur le Sahara atlantique.

Les témoignages européens ont ainsi maintenu leur domination tout au long des siècles suivants jusqu’à la fin du 19ème siècle, et ce à travers des écrits hollandais, danois, français, britanniques et autres4.

A voir la liste des écrits sur l’histoire du Sahara atlantique, nul ne peut s’empêcher de constater que la plus grande partie de ces écrits n’était pas d’origine locale5.

A l’exception du legs de cheikh Mohamed Al-Yadali (16851753), nous n’avons disposé de témoignages historiques locaux pertinents qu’au tout début du 20ème siècle, lorsque certains esprits éclairés, encouragés par des personnalités de l’administration coloniale, se sont résolus à accorder à cette question l’importance qu’elle mérite.

Cheikh Sidi Baba s’est d’ailleurs étonné de cette situation choquante en traitant de l’histoire des Emirats d’« Idouich » et de « Machdaf ». Il s’y est arrêté avec beaucoup d’émotion, celle-là même que ressentent aujourd’hui chercheurs et analystes.

Sur ce point, il affirme : « J’étais étonné comment les Ouléma et les hommes de lettres de cette terre +Baidane+ sahraouie marocaine, n’aient pu s’intéresser, vu leur mérite et leur noblesse, à l’histoire de cette terre, pour la consigner dans de remarquables ouvrages, au regard de l’abondance des événements et des hauts faits qui s’y sont déroulés et qui requièrent des écrits, et en considération du grand nombre d’illustres personnages de divers horizons qui y vivaient et dont les témoignages sur sa grandeur, ne devaient guère tomber dans l’oubli : si de cette époque, j’avais trouvé un ouvrage sur lequel je pourrai m’appuyer, j’en aurai noté tout ce qui y est désigné du doigt »6.

Nul doute que quiconque adopterait une approche simpliste, reprocherait aux tribus sahraouies leur négligence et s’adonnerait, peut-être, à un travail d’évaluation et d’appréciation de cette négligence, plutôt que de mener une réflexion pour en saisir les tenants et les aboutissants.

II - Ce que nous savons sur le Sahara atlantique durant le premier millénaire

Au 3ème siècle, le recours au chameau comme moyen de transport par les tribus amazigh de Znata et Senhaja reparties dans la partie occidentale de grand Sahara, était l’événement majeur dans l’histoire de la région.

Nul doute que ce recours à grande échelle a eu un grand impact sur l’organisation des flux commerciaux entre les deux rives du Sahara durant les six premiers siècles.

La situation qui prévalait, nécessitait de toute évidence une certaine organisation politique à même de sauvegarder la sécurité des hommes et du commerce auquel ils s’adonnent, ce qui a incité les chefs des tribus senhaja à s’inscrire dans cette même dynamique.

C’est ainsi qu’est apparu le système des alliances politiques tribales, tel qu’il a été évoqué par Al-Bekri, Ibn Abi-Zaraa, Ibn Aadari, Ibn Samak Al-Aamili, et bien d’autres7.

Il est probable que les défis majeurs qu’imposent la nature et le climat du Sahara, ont pesé de tout leur poids sur le système des alliances politiques tribales qui a connu, par conséquent, de nombreux développements dont nous ne savons que très peu de choses.

En la matière, les données dont nous disposons sont pauvres ou dépourvues de toute consistance, nous conduisant à conclure que ces développements variaient entre l’échec chronique et la réussite furtive.

Il apparaît que la propagation de la Daawa islamique au sein des tribus Senhaja au cours du troisième siècle de l’hégire, a donné lieu à des circonstances propices à une telle unité politique. Elles n’étaient cependant pas suffisantes pour venir à bout du caractère nuisible des conditions qui brident l’activité humaine, et qui sont inhérentes à l’austérité de la nature du Sahara.

Il semble bien que les développements que connaîtra le mouvement Almoravide, issu du troisième bloc senhaji, témoignent de ce que nous présumons8.

III - Le Sahara atlantique : de Abdellah Ibn Yassine à Nasser Eddine.

Au début du second millénaire, le deuxième bloc Senhaji était en état de déliquescence, mais la direction Senhajie était consciente de la nécessité d’une organisation politique pour pouvoir profiter des revenus du commerce saharien entrepris par caravanes, et pour être en phase avec les développements importants que connaît le commerce à l’époque.

C’est ainsi qu’ils ont pu rebondir pour la troisième fois avec un socle religieux solide, pour constituer un bloc regroupant la quasi-totalité des tribus Senhaja, et pour réunir les moyens devant leur permettre d’atteindre leur objectif.

Pour ce faire, ils ont fait appel a un Fquih du Souss en l’an 1039, en l’occurrence Abdellah Ibn Yassine Al-Jazouli, disciple de Ouajaj Ben Zellou Lamti, cheikh de Ribat Nfiss.

Cette donnée historique témoigne de la symbiose tribale, religieuse et spirituelle entre l’espace saharien et ses prolongements marocains avec le Souss. Il en va de même pour les orientations qui étaient à la base des tendances politiques et religieuses de l’Imam Abdellah Ibn Yassine après le succès de ses prédications, et la naissance du mouvement Almoravide, qui nous indiquent l’ampleur des liens organiques et vitaux sur plusieurs plans entre ces deux espaces (Sahara et Souss).

Les références dont nous disposons indiquent que la Direction du bloc senhaji penchait beaucoup plus vers le nord que vers le sud9.

La plus importante action politique menée par l’Imam et ses successeurs en direction du sud (Royaume de Ghana et Bilad Soudan de manière générale), n’était en effet qu’une tentative pour le recouvrement de la souveraineté des senhaja sur oudghichte en l’an 446 de l’hégire, alors que toute l’attention de la direction des Almoravides, était portée sur Sijilmassa, Souss et Tamesna qui étaient le fief des Berghouata.

Ces penchants apparaissent beaucoup plus clairement chez la direction Almoravide dans son action tendant à la fondation de Marrakech en l’an 1070 environ, et à sa résolution à en faire la capitale de son Etat naissant à l’époque de Youssef Ibn Tachfine.

L’abdication d’Abou Bakr Ibn Omar au profit de son cousin Youssef en l’an 1061, était venue corroborer et encourager ce choix.

Si la relation de l’histoire de l’Etat marocain entre le 11ème et le 17ème siècle10 a négligé l’espace saharien, à l’exception de quelques éléments et données consignés dans certains écrits historiques, ou ayant trait à la géographie, il n’en demeure pas moins que les apports du Sahara atlantique avec le Maroc étaient restés les mêmes que par le passé, autrement comment expliquer la poursuite du commerce saharien durant cette période et sa prospérité durant certaines étapes de cette période, comme c’était le cas au cours des 10ème et 11ème siècles, ou encore durant la première moitié du 14ème siècle ? Comment, bien plus encore, peut-on expliquer l’ordre du Sultan Mérinide aux notables des tribus du Sahara, leur enjoignant d’accompagner les émissaires dépêchés auprès de lui par les gouvernants et les Sultans du Soudan (à l’époque du Mali), ou ceux dépêchés par lui auprès d’eux, si leur autorité n’était pas effectivement établie au Sahara11.


Notes :
1 Il semble que le programme du président algérien, Monsieur Abdelaziz Bouteflika et de son gouvernement, traduit de manière profonde la portée et la gravité du problème au regard des importantes lignes de crédit figurant dans le budget de l’Etat pour le développement des régions sahariennes de l’Etat algérien et pour les relier par tous les moyens disponibles aux autres régions du littoral méditerranéen où vit la majorité des populations du pays.

2 Nul doute que le jeu des intérêts au plan international et les impératifs de la guerre froide, en plus des besoins des marchés internationaux en gisements de pétrole africains (Libye, Algérie, Nigeria et Tchad tout récemment) ainsi que l’implication de l’Egypte dans le problème du proche orient (question palestinienne), sont autant d’éléments qui ont un rôle primordial dans l’assouplissement de la tension au flanc saharien des pays nord africains précités. Ces données conjoncturelles ne peuvent cependant concourir à la disparition des raisons devant mener à une explosion politique à l’avenir dès lors que seront réunies les circonstances internationales à une telle situation. La tension née de la répartition des quotas en eau entre les pays que traverse le Nil avec ses divers affluents, et la guerre contre le terrorisme augurent de ce que nous prévoyons.

3 Voir : Georges Vedel (sous la direction) « Edification d’un Etat moderne : le Maroc de Hassan II », Paris, Albin Michel 1986. Abdelkhaleq Benramdane, « Le Sahara occidental : Enjeu maghrébin », Paris, Karthala, 1992.

4 Il est rapporté dans certains écrits soudanais, quelques enseignements superficiels sur l’espace saharien ou portant sur les relations du Maroc avec le Soudan. Nous en trouvons quelques éléments dans « L’histoire d’Al-Fettach » de Asrate Kaate, dans « L’histoire du Soudan » de Abderrahman Saaidi, et dans « Tadkirate Annissiane » d’un auteur inconnu.

5 Un grand nombre de chercheurs pensent que les témoignages dont nous disposons ne sont autres que ceux de citadins sur les populations du Sahara. Une telle assertion nous interpelle sur les différences entre le mode de vie et la culture des citadins, et le mode de vie et la culture de la gente du Sahara. La généralisation de ces témoignages ou leur retrait, aux périodes précédant la fin du 18ème siècle et peut être bien après, requiert vigilance et retenue.

6 Voir Moukaddimate Mohamedhen Ould Babah dans son analyse des textes d’Al-Yadali : Cheikh Mohamed Al-Yadali, « Textes de l’histoire mauritanienne : chiyam zaouaya, Amr El-Wali Nasser Eddine, Rissalat Annasiha », Tunis, Bayt Al-Hikma 1990. Analyse : Mohamedhen Ould Babah, pages 19-54. Cheikh Sidi Babah Ould Cheikh Sidi (décédé en 1924), Emirats d’Idouich et de Machdof (étude dans l’histoire politique mauritanienne), Nouakchott : Institut pédagogique national. Société des ouvrages islamiques/Mauritanie. Etude et analyse : Yzid Bih Ben Mohammed Mahmoud, pp 91-92.

7 La plupart des textes historiques en rapport avec la question ont été rassemblés par Joseph Cuoq dans son recueil et les a traduits en langue française en les assortissant de précisions et de commentaires. Voir : Cuoq (J.), Recueil des sources arabes concernant l’Afrique occidentale du 8ème au 16ème siècle (Bilad Al-Sudan), Paris, CNRS, 2 éd,1985.

8 En ce qui concerne les développements du mouvement Almoravide dans son étape saharienne, voir : Ahmed Achoukri : « Le royaume du Ghana et ses relations avec le mouvement Almoravide (Est-ce vrai que les Almoravides ont conquis le Ghana ?). Rabat, publications de l’Institut des études africaines 1997.

9 C’est ce que traduisent les orientations de l’Imam Abdellah Ibn Yassine et de son successeur l’Emir Abou Bakr Ibn Omar. Au niveau de la base, « le mode de déploiement de la tribu senhajie : Massoufa », tel que présenté par des écrits de référence arabes jusqu’au 17ème siècle, en donne une meilleure illustration. La carte de leur répartition géographique nous amène de leurs positions sahariennes connues, à la plupart des régions du Maroc des Almoravides, y compris l’Andalousie. A partir du 13ème siècle, il nous est possible de suivre les indices de leur présence au fin fond de Bilad Soudan, que ce soit à Jinni ou Niani, capitale du Mali, ou encore dans les centres urbains soudanais, du bassin central du fleuve Niger à l’océan atlantique au sud du fleuve Sénégal, principalement dans les deux « fout » : fout tor et fout Jelou. Il semble bien que cette large présence a incité un grand nombre de Chouyoukh du Soudan dont Abderrahmane Essaidi à considérer Massoufa comme étant le fief d’origine des Touaregs du Sahara. Voir :
- Abderrahmane Essaidi « Histoire du Soudan », Paris 1981. Celui qui a supervisé son édition sans en modifier le contenu en le traduisant en français est « Octave Hudas » avec la collaboration de son disciple Benoît. Cha 8, p 25.
- Ahmed Ben Forto, livre sur les conquêtes du Sultan Idriss Alouma à Barno (1564-1576), Stuttgart 1987, commenté et traduit en anglais par « Derck Langi » pp 31 à 36.
- Mohamed Belou « Infak Al-Maysour Fi Tarilkh Bilad Takrour », Rabat : publications de l’Institut des études africaines 1996. Etude de Bahija chadli , pp 196-199, 223 et 292.
- Cheikh Sidi Baba, « Emirats d’Idouich et de Machdouf », pp 160-161.
- Cheikh Mohamed El-Yadali, « Noussous Mine Tarikh Al-Mouritani : chiyam Az-zaouaya, Amr El- Ouali Nasser Eddine, Rissalat Annasiha », p 139.
- Lhote (H.), « Les Touaregs du Hoggar », Paris, Armand Colin, 1984, pp 11-31.

10 Cette période correspond à l’époque du pouvoir des Almoravides, des Almohades, des Mérinides, des Wattassiyines et des Saadiens. 11 Ibn Khaldoun « Al-Ibar », tome 6, p 416 et suivantes, tome 7, pp 526-528.

* Etude publiée par Maghreb Agence Presse

mercredi, 21 juin 2006

Soutien à la résistance Touarègue

La Conférence nationale pour la libération de l'Azawad voit le jour

Vu les circonstances difficiles que vit ces derniers temps le mouvement de la résistance touarègue dans le Tiniri, il a été décidé, à Rabat, la création de la Conférence nationale pour la libration de l'Azawad, une sorte d'aile politique de la résistance touarègue.

Cette initiative vient à point nommé pour, d'une part, lever le voile sur les pérsécutions que fait subir, en catimini, les forces malienes aux populations civiles touarègues, et d'autre part, contrecarrer le terrible black out imposé par les médias régionaux ou internationaux.

La Conférence nationale pour la libération de l'Azawad, présidée par le militant touarègue bien connu, Aboubakr Al-Ansari, va ratisser large. Tous les Amazighs vont y être représentés.

« Nous appelons, dit-il, à la création d'une organsiation médiatique et politique qui serait une sorte de front uni pour la défense des Touarègues, en particulier, et de tous les Amazighs, d'une manière générale. Ce qui ne peut se faire sans le concours de tous les militants amazighs, chacun dans son domaine de travail. »

Il est à rappeler qu'en ce moment même, pour fuir la répression malienne, plusieurs centaines de familles amazighes touarègues ont préféré se réfugier en Mauritanie dans des conditions extrêmement éprouvantes.

Source : tawalt.com

Traduction : lahsen Oulhadj

19:00 Ecrit par Maroc pluriel dans Les Touaregs | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : touaregs

المعايير المزدوجة بين الطوارق وسكان الصحراء الغربية

 


العربي مفضال
إذا كانت السياسة الجزائرية تجاه جارتها الجنوبية مالي تستحق كل تنويه، فإن السياسة الجزائرية المناقضة تجاه المغرب في موضوع الصحراء الغربية تثير الكثير من الاندهاش



انفجرت الأزمة من جديد في شمال جمهورية مالي عندما قاد أحد الزعماء السابقين لحركة أزاواد الطوارقية هجوما على ثكنتين عسكريتين في كندال وثالثة في ميناكا، في الثالث والعشرين من مايو/ أيار الأخير. وشكل هذا الهجوم، الذي ذهب ضحيته جنود نظاميون، وتم الاستيلاء خلاله على سيارات عسكرية وأسلحة، بداية تمرد جديد. وقد تعزز هذا التمرد بالتحاق عدد من قادة الحركة الطوارقية التي كانت قد تمردت على السلطات المركزية المالية في نهاية ثمانينات وبداية تسعينات القرن المنصرم، ومن بين هؤلاء إبراهيم اغ باهانغا واياد اغ غالي.

وكانت الطبيعة الصحراوية السائدة في شمال مالي وغلبة الترحال فيها قد شجعت السلطات الاستعمارية على إهمال تنمية هذه المناطق، وتهميش ساكنتها، وجعلها عرضة للآثار المدمرة للجفاف. ولم تفلح السلطات الوطنية خلال معظم فترة الاستقلال في تجاوز هذه الوضعية. ولذلك، لم يكن غريبا أن ينتشر التذمر، ويتسع التمرد المسلح بعد منتصف ثمانينات القرن الماضي.

ولقد لعبت الجزائر دوراً نشيطاً في معالجة أزمة شمال مالي، ورعت المفاوضات بين سلطات باماكو وقادة حركة ازاواد، وتمكنت على الرغم من الأزمة الدامية التي عرفتها مع مطلع سنة ،1992 من دفع الفرقاء الماليين إلى اعتماد “ميثاق السلم والاستقرار”، وتوقيعه في مدينة تمنراست القريبة من الحدود الجزائرية مع مالي.

وبالإضافة إلى دمج العديد من قادة ومقاتلي حركة التمرد في الجيش النظامي، والعمل على تحسين وتيرة التنمية في شمال البلاد، شهدت سنة 1996 تظاهرة رمزية عززت المصالحة الوطنية. وتمثلت هذه التظاهرة في إحراق العتاد العسكري الذي سلمه المتمردون في احتفال رسمي.

وعلى الرغم من الأزمة التي فجرها إبراهيم اغ باهانغا سنة ،2000 عندما فر من الجيش، وتمرد ثانية، وأسر عددا من الجنود النظاميين فإن الأمر انتهى، في العام التالي، بتسوية مرضية تضمنت من بين أهم ما تضمنت، إنشاء وكالة خاصة لتنمية الأقاليم الشمالية.

وعند النظر إلى التمرد الذي انفجر في نهاية الشهر الماضي فإن أسئلة كبيرة تفرض نفسها بخصوص الأسباب الحقيقية لهذا التمرد.

ويقول الرئيس أمادو توماني توري إن تبرير التمرد بإهمال تنمية أقاليم الشمال تبرير لا يصمد أمام الجهود التنموية الفعلية المبذولة. ولا يخفي هذا الأخير اعتزازه بكونه القائد السياسي المالي الذي حقق أفضل النتائج التنموية في شمال البلاد منذ بداية ولايته الرئاسية سنة ،2002 ويضيف الرئيس توماني توري أنه حين عرض على العقيد حسن فغاغة قبيل تمرده حصيلة ما أنجز في المجالات الصحية والبيطرية، وفي مجالات المواصلات والاتصالات والتجهيزات المائية لم يجد هذا الأخير ما يرد به.

والمثير في الأمر أن التمرد الجديد اندلع مباشرة بعد أقل من أسبوعين على إعطاء الانطلاقة لمشروع تنموي طموح، ويتعلق الأمر ببرنامج الاستثمار من أجل تنمية أقاليم الشمال. ويتضمن هذا البرنامج إنجاز مشاريع جديدة من بينها المراكز الصحية ومراكز التلقيح البيطري، وحفر الآبار. وإلى جانب ذلك ستستفيد مدينة تمبوكتو التاريخية من قناة مائية متفرعة عن نهر النيجر طولها تسعة كيلومترات يتكفل الجانب الليبي بتمويلها.

وحتى إذا كان عدد من قادة الطوارق في مالي غير راضين عن وتيرة التنمية في أقاليمهم، فإن ذلك لا يبرر لدى الكثيرين عودتهم إلى العمل العسكري ضد النظام، وتفجيرهم لما يسمونه “ثورة ثالثة”. وبناء على ذلك التقط عدد من المراقبين التصريحات التي طالب فيها العقيد فغاغة بالاستقلال الذاتي الموسع للأقاليم الشمالية. وأشار آخرون إلى الدعوة التي أطلقها العقيد القدافي بإنشاء فيدرالية تضم الطوارق في كل من النيجر ومالي والجزائر. وبالإضافة إلى هذا وذاك، فإن ما أعلن عنه الرئيس توماني توري حين أكد أن “الآفاق النفطية هي اليوم أكثر جدية” في شمال البلاد.. يمكن أن يندرج، هو الآخر، في قائمة العلامات التي تبين أن العقيد فغاغة وشركاءه رفعوا من سقف مطالبهم، وأصبحوا يطلبون ما هو أكثر من تعزيز برامج التنمية في الشمال، واتجهوا إلى العمل المسلح مرة أخرى من أجل تحقيق مطالبهم الجديدة.

وإذا كان موضوع تنمية أقاليم الشمال المالي مفتوحا على مصراعيه للأخذ والرد والتصحيح والتوسيع، ومفتوحا على مصراعيه كذلك أمام دعم الجيران والأشقاء، فإن رفع سقف مطالب الطوارق لتتضمن الحكم الذاتي الموسع أو الانفصال يقابله رفض قاطع من قبل نظام باماكو. ولا يستند هذا النظام، في رفضه، إلى تنامي شعبيته في شمال البلاد ورضى جزء مهم من السكان على انجازاته التنموية فحسب، بل يستند كذلك إلى الموقف الصارم الذي تتمسك به الدولة الجارة الأكبر والأكثر تأثيرا وهي الجزائر.

ولقد تبنت الجزائر باستمرار موقفا رافضا لأي حديث عن حكم ذاتي أو وضعية انفصالية لطوارق مالي. ولا تعتمد الدولة الجزائرية هذا الموقف انطلاقا فقط من دوافع سلبية تتمثل في التخوف من العدوى التي قد تنتقل إلى سكانها من الطوارق، بل تعتمده كذلك انطلاقا من دوافع إيجابية تتمثل في قدرتها على المساهمة الفعالة في محاصرة وخنق حركات التمرد في المنطقة بفضل حدودها الجنوبية الطويلة مع مالي.

وانطلاقا من هذه الوضعية المتميزة من حيث قوة التأثير، ومن حيث الوقوف الحازم لمصلحة وحدة الجمهورية المالية، تمكنت الجزائر، باستمرار من لعب دور إيجابي لمصلحة جارتها الجنوبية، وتوفقت في القيام بالمساعي الحميدة الضرورية لتحقيق المصالحة بين الفرقاء الماليين.

وتشير العديد من المعطيات إلى أن الدبلوماسية الجزائرية تجاوبت سريعا مع باماكو، وهرعت بعد أحداث الثالث والعشرين من الشهر الماضي إلى التوسط بينها وبين المتمردين الجدد، وتمكنت، فوق هذا وذاك، من دفع هؤلاء الأخيرين إلى تجاوز مطالبهم القصوى المتعلقة بالحكم الذاتي الموسع أو الانفصال.

وإذا كانت السياسة الجزائرية تجاه جارتها الجنوبية مالي تستحق كل تنويه، فإن السياسة الجزائرية المناقضة تجاه المغرب في موضوع الصحراء الغربية تثير الكثير من الاندهاش والاستغراب.. حين لا ترفض فقط اندماج هذه الأخيرة في المغرب بل ترفض كذلك الحل الواقعي الممكن لنزاع الصحراء الغربية، المتمثل في منح سكان هذا الإقليم حكما ذاتيا، ولا ترضى بغير انفصاله عن المغرب بديلا

jeudi, 20 avril 2006

Al Qaïda recrute dans les rangs du polisario

De plus en plus, de nombreux rapports et analyses confirment l'activité terroriste d'Al Qaïda dans le Sahara Algérien et toute la région du Sahel. Le Polisario, et le GSPC sont souvent cités comme des relais de cette mouvance terroriste. Ce sujet a été évoqué, à maintes reprises ici :

- l'inquiétante connexion du Polisario Algérien avec Al Qaïda

Le rapport explosif sur le Polisario de l'’ESISC

(European Strategic Intelligence and Security Center)

-  l'attaque de Lemgheity en Mauritanie : premiers signes de destabilisation de la région

 - Sahel et Sahara : un avenir radieux pour l'extrêmisme ?

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Cette fois-ci, selon le magazine Aujourd'hui le Maroc des informations alarmantes provenant de plusieurs sources occidentales concordantes, déclarent qu'Al Qaïda recrute dans la région, notamment des éléments du Polisario. Cela veut dire que cette bande criminelle basée à Tindouf opère son recyclage dans la mouvance terroriste.

@ Al-Maghribi

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Al Qaïda recrute dans les rangs du polisario

Les services de renseignement occidentaux sont formels : l’organisation de Ben Laden enrôle sous sa bannière les mercenaires de Tindouf qu’elle finance et héberge dans la ville mauritanienne de Zouérate.


Traquée dans ses foyers traditionnels notamment en Afghanistan et en Irak, Al Qaïda est en train de s’installer en Mauritanie, précisément à Zouérate (voir encadré). Les services de renseignement de nombre de pays (américains, français, marocains et algériens) sont en possession d’éléments sérieux confirmant le projet inquiétant de l’organisation d’Oussama Ben Laden de mettre en place un quartier d’opérations dans cette ville mauritanienne. Il s’agit de créer dans la zone en question un vaste réseau terroriste calqué sur la branche de Abou Moussaâb Al Zarkaoui  mis au point début 2004, en Syrie et en Irak.

Selon des sources du contre-terrorisme, la première vague d’agents-recruteurs d’Al Qaïda est arrivée à Zouérate vers décembre 2005. De prime abord, on prendrait ces éléments pour une main-d’œuvre démunie d’Afrique noire sauf que les intéressés avaient sur eux des sommes oscillant entre 1.000 et 2.000 Dollars US. Une fortune dans ces contrées qui manquent de tout. Les nouveaux arrivants ont rapidement fondu dans la foule des habitants en s’installant dans des demeures autour des bâtiments officiels comme ceux du gouvernement et de la police. Ces “émigrés“ pas comme les autres seront rejoints en février dernier par d’autres collègues venus de Tindouf, située dans le sud-est algérien, distante de Zouérate de près de 1.000 Km. Les services de sécurité occidentaux ont réussi à les identifier après que les habitants les eurent pris au début pour de pauvres polisariens chassés par les dernières pluies torrentielles qui ont ravagé les camps de Tindouf. En fait, il s’agit des membres du Polisario avec plein de dollars dans les poches.

Voilà, ce que les Américains soupçonnaient depuis quelque temps est en train de se confirmer. Al Qaïda recrute  des “combattants“ blasés du Polisario qui ne croient plus à l’indépendance que leurs dirigeants, qu’ils traitent maintenant de vendus et de corrompus, leur promettent depuis une trentaine d’années. Réalisant qu’ils ont été enrôlés pour défendre une cause chimérique, c’est peu dire qu’ils sont déçus, démobilisés et, maintenant, ils ont franchi le pas en se jetant dans les bras de l’organisation de Ben Laden. Résultat : Zouérate est devenue un repaire d’éléments du Polisario à la solde d’Al Qaïda. Ils sont  quelque 1600 activistes à être hébergés dans cette ville et leur nombre augmente de jour en jour pour atteindre 2.500 personnes à fin mars 2006. Les responsables de sécurité occidentaux installés dans la région sont désormais sûrs : Al Qaïda finance les caravanes du désert vers Zouérate dont les nouveaux “habitants“ sont en train de former l’ossature du réseau d’Al Qaïda en Afrique du Nord et de l’Ouest. Dans la localité de Zouérate, Al Qaïda semble disposer de deux organisations opérationnelles, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) en Algérie et la Jemaâ de l’Afrique du Nord au Maroc. Cette affaire souligne si besoin est le danger que représente aujourd’hui le Polisario pour la sécurité dans la région.

Une chose est sûre : les Etats-Unis sont déterminés à lutter contre
ce foyer naissant du terrorisme. D’ailleurs, la dernière visite du secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld, dans certains pays du Maghreb dont le Maroc lui a permis de lancer l’opération baptisée Trans-Sahara Counter-Terror Force.


Zouérate : une mine de problèmes

Zouérate, 38.000 habitants, est située à 900 kilomètres au nord de la capitale mauritanienne Nouakchott. Les deux villes sont reliées par route et par un vol bihebdomadaire Un raccourci de 300 kilomètres de Zouérate à l’Atlantique traverse le Sahara marocain vers le port de Dakhla.
Seule activité à Zouérate, les mines de fer exploitées par la société Minerfa et qui attirent une main-d’œuvre issue subsaharienne. Cette compagnie gère aussi les seuls équipements de la localité, un hôtel et un restaurant. La majorité écrasante de la population est trop pauvre pour pouvoir acheter ses propres logements qui varient entre 100 et 250 Dollars. Le loyer mensuel d’une maison ne dépasse pas, quant à lui, la somme de 25 dollars. Les habitants vivent généralement de trafics divers (devises, armes, stupéfiants, êtres humains…). Ce qui se passe à Zouérate illustre encore une fois l’aide dont a besoin la Mauritanie pour contrôler et sécuriser ses vastes territoires.  


Par : Abdellah CHANKOU , ALM, 20/04/06

 

 

 

 

vendredi, 30 décembre 2005

Sahel, Sahara…un avenir radieux pour l’extrémisme?

Dans le but de rassembler le maximum d'arguments et pour éclairer l'opinion publique sur notre juste cause  concernant le Sahara Marocain, je reproduis l'avis du Professeur Aymeric Chauprade, l'un des éminents spécialistes de la géopolitique. Il était l'un des premiers à alerter sur les éventuelles connexions entre le Polisario, les intégristes algériens qui opèrent dans le Sahara central et Al-Qaïda.

Dans cette intervention publiée dans l'Economiste, il se livre à une approche historique pour rappeler, de manière incontestable, la marocanité du Sahara et la dérive terroriste qui guête le Sahel et le Sahara !

Bonne lecture ! Et bonne et heureuse année à toutes et tous.

 Al-Maghribi , Maroc pluriel

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Sahel, Sahara… un avenir radieux pour l’extrémisme?

Par le Pr. Aymeric CHAUPRADE

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Le professeur Aymeric Chauprade enseigne la géopolitique à la Sorbonne à Paris et la science politique à l’Université de Neuchâtel en Suisse. Vice-président de l’Académie internationale de géopolitique, le Pr. Chauprade est aussi directeur de la Revue française de Géopolitique. Son livre le plus connu est «Géopolitique: Constantes et changements dans l’histoire» (éd. Elipses). En tant qu’expert des relations internationales, il a analysé les enjeux sahariens devant la 4e commission de l’Onu (qui s’occupe de territoires contestés). L’article ci-dessous est tiré de cette analyse. Chauprade a été l’un des premiers à attirer l’attention sur les risques de voir se développer des zones de non-droit dans l’espace sahélien et saharien

Nous savons tous que nous héritons de positions des Nations unies qui sont le produit de la guerre froide, c’est-à-dire du clivage idéologique de l’époque. Le Maroc fut alors victime de son appartenance, disons-le, au camp occidental.
Quel spécialiste des relations internationales objectif pourrait prétendre aujourd’hui, qu’au moment où les positions furent prises par les Nations unies sur ce sujet, les considérations idéologiques et le clivage Est-Ouest ne primèrent pas sur le fond du dossier?
Tant d’années après, nous avons cependant le devoir de nous rendre à la sagesse et de juger sur le fond du dossier, en notre âme et conscience, et non en fonction d’héritages partisans (voir encadré: des faits incontestables).

· Le poids du «temps long»

Volontairement, je n’ai mobilisé aucun argument juridique; je n’ai fait que rappeler ces réalités historiques qui expliquent la position du Maroc. J’aurais pu ainsi citer la reconnaissance par la Cour internationale de Justice, le 16 octobre 1975, du fait qu’en 1884, c’est-à-dire au moment où l’Espagne commençait à s’intéresser à cette région, ladite région n’était pas terra nullus et que les tribus nomades qui l’habitaient avaient des liens d’allégeance avec le souverain marocain; mais je ne l’ai pas fait.
Car je veux simplement, en tant que géopolitologue, attirer votre attention sur ces réalités géopolitiques si importantes pour comprendre le monde aujourd’hui et donc pour tenter d’y légiférer.
Le droit que nous devons construire doit être fondé sur l’évidence d’un long passé, du temps long comme aurait dit l’historien Fernand Braudel, davantage que sur des décisions juridiques prises à une époque où l’on ne voit pas comment il aurait pu y avoir du droit international puisqu’il n’y avait pas de Communauté internationale.
C’est le sens même de l’Etat marocain que d’être l’expression d’une volonté politique ancienne qui s’est étendue du Nord au Sud, de l’Europe à l’Afrique subsaharienne. Le Maroc est un pont entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne. Il l’a toujours été, et le couper de son Sud c’est le couper d’une partie de son identité africaine. Ce que je veux faire comprendre, c’est que la revendication marocaine n’est pas seulement stratégique, elle tient du domaine de l’être, de l’essence, comme l’était l’Alsace-Lorraine pour la France en d’autres temps. C’est pour cela qu’elle est si sacrée aux yeux du peuple marocain, pas seulement de ses gouvernements. Alors que pour l’Algérie, disposer d’un petit Etat satellite faible pour déboucher sur l’Atlantique, c’est tout autre chose. Amputé d’une partie de lui-même, le Maroc cherche à redevenir ce qu’il a toujours été, cette passerelle nord-sud, euro-africaine.
L’erreur que font beaucoup est de croire que l’indépendance de 1956, gagnée vis-à-vis de la France, est l’achèvement de la décolonisation. Or, elle n’est que la première étape.
En 1956, le Maroc n’a gagné que partiellement son indépendance, la décolonisation n’étant pas accomplie par rapport à l’Espagne, ni dans le Sahara ni dans les îles et enclaves de la façade méditerranéenne.
Pourquoi donc le Maroc a fait autant de sacrifices pour son Sud? Pour du sable? Non! Du néant, il a fait un miracle du développement, reconnu par tous, un miracle de l’alphabétisation, de l’irrigation, des installations portuaires et de tout l’emploi qui en découle.
Et là, je ne suis plus en train de citer d’histoire, je parle du présent. Le Maroc aurait-il fait autant d’efforts pour développer cette immensité de sable si peu peuplée, s’il ne poursuivait pas un but existentiel?
Nous devons en finir avec ce problème. Non seulement parce qu’il est juste d’en terminer avec la souffrance du peuple marocain (y compris la très large partie de la population sahraouie ralliée à la souveraineté marocaine), d’une part, et l’illusion d’une partie des Sahraouis trompés par leur chef et l’Etat qui les soutient et les paie, d’autre part, mais parce que la situation est en train de se dégrader dans les régions saharienne et sahélienne.
Continuer à laisser pourrir la situation, c’est offrir un avenir radieux à l’extrémisme qui prolifère dans la région.
L’Algérie doit admettre le droit du Maroc à achever sa propre décolonisation par la reconnaissance de ses droits historiques. Le Maroc doit comprendre l’ambition géopolitique de l’Algérie de se projeter vers l’Atlantique et apporter des réponses compatibles avec sa souveraineté. Les familles sahraouies, divisées par ce Mur de Berlin que sont les camps du Polisario, ont droit à se retrouver pour œuvrer ensemble au développement de leur province, dans le respect de leurs spécificités identitaires.
Gouverner c’est choisir. La Communauté internationale doit choisir. Choisir l’équilibre apporté par des Etats-nation forts, car libérés de leurs problèmes frontaliers, pour mieux lutter contre le terrorisme international et pour mieux soutenir le développement.

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Le diabolisme du conflit des civilisations

Nous le savons, partout dans le monde, le fondamentalisme religieux récupère les problèmes locaux pour les incorporer dans la dynamique diabolique du choc des civilisations. Dans la zone sahélienne allant des rivages de la Mauritanie jusqu’aux montagnes du Tibesti au Tchad, en passant par le sud de l’Algérie, les nord du Mali et du Niger, ce qui inquiète la communauté des experts en géopolitique, c’est l’évolution d’un mouvement comme le GSPC (Groupement salafiste pour la prédication et le combat). Le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie ont tous été victimes du terrorisme, qu’il soit issu du GSPC ou d’autres groupes islamistes.
Tous les Etats sont concernés aujourd’hui. Or, nous savons que des groupes comme le GSPC, qui se promènent dans l’immensité désertique et recrutent parmi les Etats de la région, trouvent des complicités dans les franges de populations nomades qui ne s’entendent pas avec leur Etat d’appartenance. L’islamisme global dispose d’argent et représente le nouveau prêt-à-penser tiers-mondiste face au monde occidental et aux gouvernements des pays musulmans accusés de collusion avec l’Occident. Cette idéologie est très séductrice pour tous ceux qui sont en marge.

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Malgré ses dénégations récurrentes, le Polisario ne peut cependant plus nier qu’il est pénétré par des éléments radicaux et que l’islamisme séduit une part croissante de ses combattants. Le chef du Polisario, Abdelaziz, dans un entretien publié par le journal algérien l’Expression du 23 août 2005, en faisait lui-même l’aveu: «Il se peut que les idées ayant cours au Maghreb puissent toucher quelque peu la jeunesse; il se peut qu’il puisse se trouver de jeunes Sahraouis «intéressés» par l’islamisme radical». Ouvrons les yeux. Il y a urgence. Nous connaissons la clé du conflit. L’ambassadeur américain à Rabat, Thomas Riley, l’a encore donnée publiquement récemment: «C’est un problème régional entre le Maroc et l’Algérie et ces deux pays doivent trouver la solution ensemble» (L’Economiste, 8 septembre 2005); un représentant du pays qui a énoncé avec Wilson ledit droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le dit lui-même: la question du Sahara occidental n’est pas une question coloniale.

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Des faits incontestables et anciens

Nous avons le devoir de nous libérer de l’idéologie et de nous attacher au contenu du dossier, c’est-à-dire aux faits historiques incontournables.
Les faits d’abord, qu’aucun historien sérieux ne met en doute aujourd’hui, sont légion; mais je ne vous en donnerai que quelques-uns, qui me paraissent les plus probants.

1. D’abord, les liens entre le Maroc septentrional et ses provinces sahariennes qui remontent à la dynastie des Almoravides, ces Berbères sahariens qui, au XIe siècle, unifièrent le grand Maroc, de Tanger au fleuve Sénégal.

2. Ensuite, ces frontières du Maroc précolonial qui dépassaient largement celles d’aujourd’hui. Vers l’Algérie qui n’existait pas à l’époque, mais surtout vers le Sud. Aux XVIe-XVIIIe siècles, l’autorité marocaine s’étendit jusqu’à la boucle du Niger. A cette époque, à Gao et Tombouctou, la prière du vendredi était dite au nom du Sultan du Maroc.

3. Sans parler d’Etat, il n’a même jamais existé de nation sahraouie, au sens d’un peuple formant un corps unique. En revanche, ce qu’il faut considérer et donc respecter, c’est l’identité plurielle de tribus sahraouies ayant chacune leur propre politique vis-à-vis du souverain marocain auquel elles firent toujours allégeance, et ce, d’autant plus que ces tribus eurent pour la plupart des fondateurs nord-marocains.

4. D’une part parce que cinq des sept dynasties marocaines sont sorties du creuset saharien ou présaharien, d’autre part parce que nombre d’ancêtres des tribus sahraouies elles-mêmes ont des origines dans le centre et le nord du Maroc, on peut dire que l’histoire de la nation marocaine est autant dans le Nord que dans le Sud, comme l’est l’histoire des tribus sahraouies qui font partie intégrante de cette nation marocaine.

L'économiste

le 30/12/2005

jeudi, 14 juillet 2005

Algérie : L'Intifada des Touaregs

Des centaines de manifestants, issus des tribus Touaregs du sud de l'Algérie ont pris d'assaut et incendié tous les symboles de l'Etat. Ils exigent tout simplement leur indépendance.


L'Algérie connaît, depuis quelques semaines, un véritable soulèvement ethnique des populations Touaregs dans le grand Sahara central que les forces de sécurité algériennes ont mis en état d'alerte maximal. Les derniers évènements en date ont eu lieu, en début de semaine, dans la ville de Tamanrasset, à 2.000 km au sud de la capitale algérienne. Tamanrasset étant, rappelons-le, l'une des plus importantes cités des Touaregs. Des dizaines de jeunes et de moins jeunes, issus des tribus Targuis, populations entièrement berbérophones, ont littéralement saccagé tous les symboles de l'Etat algérien qu’ils considèrent comme un oppresseur qui a procédé à l'arrestation de plusieurs dizaines de manifestants.

Le siège de l’Assemblée populaire de wilaya (APW) a été pris d'assaut par les foules en colère, avant d'être carrément incendié. Le même sort a été réservé à d'autres administrations comme les sièges des directions des moudjahidine, de la jeunesse et des sports, du commerce et du transport. Les drapeaux algériens ont également été systématiquement arrachés et brûlés. Estimant que les autorités algériennes ont pillé les richesses naturelles des Touaregs (toute la réserve algérienne en pétrole et en gaz naturel est située dans le territoire des Touaregs), les manifestants se sont également attaqués au siège de la Sonarem (direction des mines) et le bureau de la main-d’œuvre.

Un véhicule de l’ENOR (société chargée des mines d’or du Hoggar) a été brûlé et un autre subtilisé, reconnaissent les autorités algériennes locales. Le matériel de la direction de la réglementation et de l’administration générale (DRAG) a lui-aussi été saccagé. En somme, toute la région a sombré dans un chaos total. La circulation est interrompue et le calme n'a pas encore été établi.Cette Intifada fait suite à d'autres soulèvements survenus à Djanet (une autre ville importante des tribus Touaregs) à la fin du mois de juin dernier. A noter que les populations Touaregs sont situées essentiellement en Algérie, au Mali et au Niger. Mais ces tribus amazighes sont également installées en Libye et dans une moindre mesure au Tchad, au Burkina Faso et même au Benin. Ces peuples fiers de nomades, les Touaregs se montrèrent au fil des siècles rebelles à tout mélange avec les ethnies qui les entourent. Ils sont ainsi les seuls Amazighs qui ont perduré l'usage du Tifinagh. Aujourd'hui, ils exigent un statut d'autonomie, voire une indépendance. Le gouvernement algérien a toujours considéré les revendications des Touaregs comme un danger pour la stabilité du pays. C'est pour cette raison qu'Alger a activement milité pour éteindre l'insurrection armée des Touaregs au Niger, qui s'est soldée par la conclusion d'un accord de paix signé d'ailleurs à Tamanrasset en 1997.

Toutefois, le bras armé et militant des Touaregs, le Mouvement Populaire de l’Azawad (MPA), reste toujours très actifs. Les émeutes de Tamanrasset le prouvent. Le contexte politique international et la prolifération du trafic d'armes et du terrorisme dans la région du Sahara central semblent être des facteurs favorables pour la cause Targuie. Alors que le MPA avait opté pour une indépendance d'abord, au Niger et au Mali, avant de s'attaquer à l'Algérie et la Libye, les Touaregs semblent avoir changé de tactique.
La fragilité diplomatique de l'Algérie et de la Libye leur permet aujourd'hui de revendiquer des richesses dont les Touaregs ne profitent absolument pas : le pétrole et le gaz naturel. Estimés à environs trois millions, les Touaregs refusent en général ce terme d'origine arabe et généralisé par les Français pour les désigner. Ils préfèrent utiliser le nom de Kel Tamacheq (ceux qui parlent le tamacheq, une langue du groupe berbère) ou de Kel Taggelmoust (ceux qui portent le chèche indigo), ou le nom des grandes confédérations qu'ils constituent.Ces confédérations sont en fait de véritables sultanats, avec leurs chefs et leur organisation tribale ancestrale. Ces sultanats sont au nombre de sept : Houggar, Azguer, Ayer, Igar Ntikrit, Limden, Ikress et Tamzguida.


Le 14-7-2005
Par : Abdelmohsin EL HASSOUNI
ALM

dimanche, 26 juin 2005

Frontières et referendums

Salam ! Chaque semaine, je choisis parmi toutes les interventions reçues, un commentaire qui sera diffusé dans la rubrique "M'eilleurs commentaires" en première page.
Cette fois-ci, j'ai sélectionné celui de Zisudra qui s'interroge sur l'idée du referendum dans cette région excolonisée. L'Algérie a bénéficié de la complicité de l'administration coloniale française pour aggrandir son territoire au dépens de ses voisins marocains, tunisiens, lybiens... Jsute pour rappel, la fameuse ville Tindouf, "état-garnison-camps", par laquelle le scandale arrive, n'a été annexée que tardivement au débus des années 50 par la France. de même pour de nombreuses localités marocaines, tunisiennes et lybiennes pour ne citer que ces trois pays. Bref !!
Les anciens pays comme le Maroc qui ont une profondeur historique et une permannence des structures étatiques à travers des longues périodes historiques se trouvent contrariés par le principe de conservation des frontières héritées par la colonisation. Hélas, notre marge de manoeuvre est étroite sur le plan juridique à cause de ce principe. Mais concernant nos provinces du Sahara, il n'y a aucune ambiguité ! Le Sahara est Marocain et le Maroc l'a arraché aux Espagnols avec d'énormes sacrifices. L'Algérie nous met les bâtons dans les roues, mais nos ennemis n'y arriveront pas.

Mieux encore, le Maroc se trouve en phase avec toutes les résolutions de l'ONU en s'inscrivant dans l'idée d'une solution politique juste négociée avec l'autre partie. Le Maroc propose une large autonomie dans le cadre de la souverainté marocaine.


Commentaire de Zisudra

Je n'ai jamais compris pourquoi il fallait faire un referendum pour les sahraouis Marocains et pas pour les habitants de Tindouf , Bechar , Timimoum et autres territoires historiquement Marocains et dont le soulevement en 1962 a été brutalement réprimé par les autorités algériennes.

L'Algérie dans ses frontière actuelle est un pays qui n'a strictement aucune histoire propre ni aucune légitimité historique propre hormis celle d'être un ancien département d'outre-mer de l'empire colonial français.

C'est quand même un comble qu'un état taillé de toutes pièces par les Colons Français via le sang et les larmes en particulier des Marocains s'érige en donneur de leçons en ce qui concerne les problèmes de légitimité territoriale.

Dans ce cas, Incluons dans la discussion du problème saharien , les autres problèmes directement liés à la colonisation Europeenne, c'est à dire celui des territoires volés à l'empire Chérifien et situés actuellement dans l'état Algérien.

Il n'y a qu'à revenir aux limites territoriales de la régence ottomane d'Alger et reprendre les négociations à partir de cela avec forcément à la table des négociations des représentants Français et Turcs.

Il n'y a aucune raison de maintenir le principe d'intangibilité des frontières issues de la colonisation à partir du moment ou ses frontières ont été établies en bafouant la légitimité historique d'états séculaires et au détriment de populations qui sont marocaines depuis des siècles.

Je ne parle pas de la trahison des Algériens qui avant leur indépendance avaient juré d'ouvrir des négociations avec Mohammed V sur ces territoires, mais peut on s'attendre de quelque chose d'autre de la part de gens comme Ben Bella et Boumedienne ??

En conclusion, je suis pour l'ouverture de négociations sur le Sahara Marocain à la condition express d'ouvrir d'autres négociations et autres referendums d'autodétérmination sur tous les territoires situés au sud des frontières historiques de la régence Turque D'Alger.