dimanche, 10 février 2008
Enseignement :le débat s’installe sur la Blogoma
Tout a commencé avec un coup de gueule de Taha Balafrej qui a lancé un cri salutaire pour alerter sur la situation catastrophique de notre système éducatif. Le rapport publié par la Banque Mondiale intitulé « un parcours non achevé : la réforme de l’éducation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord » ne fait que conforter et confirmer le diagnostic fait par les responsables marocains et que la presse en a fait l’écho, notamment l’Economiste bien avant la publication de ce rapport. C’était lors de la conférence-débat organisée mardi 15 janvier au centre Links à la faculté de droit de Casablanca, autour du thème «L’école marocaine face aux défis de l’efficacité et de la qualité». Donc, pour une fois tout le monde s’accorde sur le diagnostic que les résultats sont décevants et que ce rapport pointe les carences que tout le monde reconnait y compris M. Abbas al Fassi, le chef du gouvernement qui a déclaré récemment que le Maroc dispose de plusieurs programmes relatifs à la réforme de l’enseignement. Voilà, le mot magique est lancé « réforme ». Mais on n’a pas arrêté de lancer des réformes sur l’éducation depuis l’indépendance sans grands résultats.
Que faut-il faire pour que ça marche ? Sans contre-pouvoir émanant des parents d’élèves et du corps enseignant par le biais de leurs syndicats ou individuellement, il n’y aura aucun résultat tangible, malgré les bonnes volontés et la création de hautes et sous commissions ministérielles ou parlementaires.
Ce lourd dossier compliqué de l’éducation doit être pris en charge par toute la société sous forme d’une instance qui aura â sa charge de préparer les états généraux de l’enseignement au Maroc, associant des experts, des enseignants, des élèves, des étudiants, leurs parents et des acteurs sociaux et économiques du pays. C’est un grand chantier qu’il faut lancer pour remettre à plat tous les problèmes et les dysfonctionnements que connait l’éducation dans notre pays et surtout discuter des raisons de l’échec de toutes réformes entreprises jusqu’à maintenant.
Le travail entamé par la blogoma est salutaire. Il est nécessaire et il faut le continuer pour qu’il soit amplifié, ne serait ce que pour que la parole se libère et que le débat s’installe aussi bien dans l’espace virtuel que réel. Faisons jouer l’intelligence collective pour que ce débat s’installe le plus solidement possible. Tout le monde est concerné par ce dossier de l’éducation qui engage l’avenir de notre pays.
17:00 Ecrit par Maroc pluriel dans Appel Citoyen, Instance Equité et Réconciliation (IER), Maroc multiple | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : éducation, société









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Initiative de blogueurs marocains pour le sauvetage de notre système éducatif
Mes amis, L'initiative qu'une partie de blogueurs ont prise pour une réflexion a été féconde. Un débat d'idées sur le fond et la forme de l'action que peut prendre l'actions de blogueurs voulant réagir aux problèmes de ...
Trackback par : Moi, dans tous mes états | lundi, 11 février 2008
Commentaires
Ce sont eux les premiers concernés, en effet!
Ecrit par : hmida | dimanche, 10 février 2008
Bonne proposition
Ecrit par : Mohamed abou ziad | dimanche, 10 février 2008
Pas assez de moyens, des élèves démotivés et des parents démissionnaires, il y a déjà de quoi détruire un système. Dans le cas d'espèce, il y a pire : le corps enseignant et ses pathologies multiples.
Notre système éducatif n'assure aucune de ses missions, il est d'une inefficience affligeante. C'est ce qui ressort d'un rapport de la Banque mondiale. Ce constat a été fait, pratiquement dans les mêmes termes, par feu Hassan II avant la grand-messe de la réforme. Après des débats fleuves, cela nous a donné la COSEF. Dix ans après, la situation a empiré.
Meziane Belfkih, toujours en charge du dossier, a soulevé la question des moyens. La Tunisie mettrait deux fois plus d'argent par élève que le Maroc. Je ne suis pas sûr que l'on tienne là la clé du problème.
Les moyens mis restent dans la norme de tous ces pays en part du PIB et les résultats sont totalement négatifs. Sur ce dossier, la gauche s'est plantée. Elle a eu la charge de l'enseignement pendant 10 ans et n'a pas réussi à secouer le cocotier. Par lâcheté politique extrême.
L'école marocaine est totalement à repenser. Si bien évidemment il faut un consensus autour de l'enseignement, ce consensus ne peut se faire aux dépens de la mission même de l'école. Celle-ci est un lieu de savoir et d'intégration sociale pas un enjeu idéologique. Nos malheurs ont commencé le jour où Azzeddine Laraki a arabisé sans préparation et a interdit la philo par pure démagogie politique.
Le délabrement de l'enseignement public est aggravé par le phénomène du chômage. L'école n'étant plus un facteur de mobilité sociale, son intérêt pour les parents a largement diminué d'où leur démission quasi totale.
Pas assez de moyens, des élèves démotivés et des parents démissionnaires, il y a déjà de quoi détruire un système. Dans le cas d'espèce, il y a pire : le corps enseignant et ses pathologies multiples. Les enseignants des années 60 constituaient un corps engagé, fier de ce qu'il considérait comme une mission sacrée et par ailleurs très impliqué dans la vie syndicale et politique du pays. La dévalorisation sociale du métier a facilité une dérive mercantile qui a, elle même, enlevé toute aura à ce noble métier. Le processus pédagogique ne peut être mené à bien si la relation maître-élève n'est pas basée sur le respect, l'autorité morale et la valorisation du savoir et de sa transmission. Les meilleurs se battent pour des emplois du temps leur permettant de cumuler avec les écoles privées. Les parents, même ceux des couches moyennes inférieures, s'adressent au privé pour donner de plus grandes chances à leurs enfants.
Malheureusement, les résultats le prouvent, effectivement le privé prépare mieux. Malheureusement parce que l'école, creuset de l'égalité de chances, devient par ce biais, un moyen de renforcer les inégalités.
Le courage, le simple patriotisme impose la remise à plat de tout le système. Mettre plus de moyens, autant qu'il le faut quitte à rogner sur d'autres secteurs sociaux, mais surtout reviser le contenu, les langues d'apprentissage et mettre dans le bon sens le corps enseignant. Sans la mise à niveau de celui-ci, le retour de la discipline, du respect, d'une synergie enseignant-parent d'élèves, les moyens ne serviront à rien. Une bonne partie des enseignants n'a pas sa place dans l'école publique. Il faut refaire de ce métier une vocation, le revaloriser et donc, l'épurer. Le couple Akhchichine-Meziane Belfkih y arrivera-t-il?
source : Aujourd'hui le Maroc, Le 8-2-2008
Ecrit par : chronique de Jamal berraoui | lundi, 11 février 2008
Publié le : 05.02.2008
Le secteur de l'enseignement au Maroc n'a jamais eu bonne presse. Cible désignée des critiques, il focalise frustrations, rancœurs même et certainement une grande part de vérité. Quand on sait qu'il mobilise quelque 25% ou plus du budget de l'Etat, on peut évidemment concevoir la déception suscitée chez beaucoup de citoyens, au regard des résultats invariablement identiques et toujours les mêmes depuis des décennies. Pourtant, depuis quarante ans maintenant, le système marocain d'instruction n'a cessé de connaître des transformations, les unes plus radicales que les autres, à telle enseigne que l'on est en droit de parler de révolution éducative.
Que l'on parle de déclin voire même d'échec de l'enseignement, semble s'inscrire davantage dans l'effet de mode que d'une découverte inédite. Que l'on incline à une condamnation sans appel des pouvoirs publics et du ministère de l'Enseignement avec la même et constante tonalité, ne relève pas d'un jugement juste et raisonnable. Le gouvernement au sens large et abstrait, le ministère de tutelle, les corps relevant de ce département, la société et les parents, bref tous les acteurs en amont et en aval impliqués doivent à coup sûr assumer ensemble la responsabilité de la crise de l'enseignement.
Le rapport alarmiste de la Banque mondiale ne révèle rien que nous ne sachions déjà. Il met le doigt sur la plaie, justifie aussi l'inquiétude qui s'est répandue dans les esprits et qui, à tort ou à raison, nourrit un débat inégal parce que tranché sans nuances. Il vient à un moment où les esprits s'agitent, certes, mais aussi où le Maroc entreprend, conformément à la volonté de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la mise en œuvre d'une grande réforme de l'enseignement. Le Souverain a donné ses hautes instructions au gouvernement pour la mise en place d'un "plan triennal" d'urgence. Celui-ci bénéficie déjà d'un cadre idoine, la Charte nationale d'éducation-formation qui trace les lignes de forces, propose une série de mesures concrètes et nouvelles pour la relance et la restructuration d'un secteur vital pour la nation.
Décentralisation, optimisation des ressources, meilleure gestion des mécanismes et des choix, renforcement des compétences et autres paramètres. Le rapport de la Banque mondiale reste prudent malgré tout ce que l'on peut en attendre, ou ce que beaucoup de détracteurs de l'enseignement - notamment d'un secteur privé non mécontent de faire tirer les marrons du feu par les autres - souhaitent y trouver. Il interpelle le gouvernement et l'Etat, il ne peut en revanche faire l'impasse sur une réalité sociale irréversible : le nombre d'élèves et d'étudiants se multiplie à longueur d'années, celui des établissements croît également à une vitesse vertigineuse, la qualité de l'enseignement reste inégale, parce que les formateurs, les enseignants ne sont pas, parfois, aussi performants qu'on l'eût souhaité.
Est-ce à dire que l'enseignement, enjeu politique aussi, a fait l'objet d'une vaste dénaturation pendant des décennies, liée aux couleurs politiques des uns et des autres. Il reflète la contradiction entre le choix de la modernité pris par les pouvoirs publics et les forces conservatrices et régressives qui ne cessent de le tirer vers le bas.
Par LE MATIN
Ecrit par : Article du Matin | lundi, 11 février 2008
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