mardi, 31 octobre 2006

Algérie : double attentat au camion piégé

Algérie - La capitale a tremblé dans la nuit de dimanche à hier, après les deux explosions ayant visé deux commissariats de la banlieue est faisant trois morts et plusieurs dizaines de blessés.

Deux camions remplis d’explosifs, l’un stationné à côté de l’enceinte de la BMPJ de Réghaïa et l’autre à côté de celle de la Sûreté de wilaya de Dergana, ont détruit une grande partie des deux institutions ainsi que de nombreuses maisons et locaux commerciaux limitrophes.

C’est vers 23h55 minutes que la première explosion s’est produite au niveau de la rue Allal Saïdani, en plein centre-ville de Réghaïa. La déflagration, entendue dans plusieurs autres communes d’Alger, a creusé un grand cratère dans la chaussée. Au moins sept véhicules ont été carbonisés dans l’explosion et les rideaux d’une vingtaine de locaux ont été complètement arrachés.

La détonation était tellement violente que son souffle a fait voler en éclats les vitres des maisons sur un rayon de plusieurs centaines de mètres. Deux maisons situées en face de la BMPJ étaient carrément à terre. Blessés, leurs occupants ont été évacués vers l’hôpital de Rouiba.

Selon des informations recueillies sur place, deux personnes ont trouvé la mort. La première victime serait un civil qui se trouvait devant son magasin et la seconde ne serait que le frère d’un «terroriste», connu par les services de la Sûreté de Réghaïa. Ce dernier pourrait avoir un lien avec cet attentat puisque, d’après des sources sécuritaires, «il n’a pas saigné. Cela veut dire qu’il avait bu du misk».

Selon des indiscrétions des éléments de la police scientifique, le camion de marque Daihatsu contenait des charges explosives : «Il faut faire des calculs pour connaître la quantité chargée dans le camion mais, à première vue, il a été bourré d’au moins une cinquantaine de kilos.» Au moins une trentaine de douilles ont été ramassées par les éléments de la police scientifique, ce qui renseigne sur l’accrochage qui s’est produit avec les éléments du groupe armé qui, selon des sources sécuritaires, «aurait tenté de s’introduire à l’intérieur du siège de la BMPJ, juste après la déflagration, pour voler des armes».

Une tentative qui a échoué, selon les mêmes sources. Un riverain parle également d’un accrochage dans son témoignage en précisant que «trois jeunes ont garé un gros camion devant le commissariat. Il y a eu des tirs nourris de policiers, puis les trois jeunes se sont enfuis avec une voiture qui les attendait». Plus d’une dizaine de policiers ont été blessés, à des degrés différents, et une vingtaine de blessés est enregistrée parmi les civils dans ce premier attentat.

Dix minutes après, une deuxième explosion s’est produite à haï Dergana, dans la commune de Bordj El Kiffan, où un deuxième camion rempli d’explosifs a détruit la BMPJ et plusieurs maisons limitrophes. Dans l’une de ces dernières, complètement détruite, une enseignante a trouvé la mort alors que ses deux enfants, blessés, ont été retirés des décombres par des policiers.

Selon un des policiers, présent au moment de la déflagration, beaucoup de ses collègues ont eu la vie sauve parce qu’ils avaient quitté les chambres de la BMPJ après avoir entendu première explosion de Réghaïa. Au total, sept policiers ont été légèrement blessés à Dergana. Un nombre plus important de blessés est enregistré parmi les riverains. «Tout s’est produit rapidement.

Le camion a été garé quelques minutes seulement avant son explosion derrière l’entrée principale du commissariat. Son conducteur a emprunté la ruelle parallèle pour son acheminement devant l’enceinte de la BMPJ et n’a donc pas été aperçu par les éléments de la Sûreté» dira, sous le couvert de l’anonymat un policier. Selon le communiqué de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), ces deux attentats ont causé la mort de trois personnes, dont une femme, et des blessures à 24 autres, «sans grande gravité».

«Dans chaque attentat, un véhicule piégé volé a été utilisé», a ajouté la même source, soulignant que «toutes les mesures ont été prises pour apporter l’aide et l’assistance» nécessaires aux blessés. La DGSN a affirmé qu’«aussitôt [après les explosions], une opération de recherche a été déclenchée et une enquête a été ouverte pour l’identification et l’arrestation des auteurs».

Ces deux attentats ont ravivé les craintes des citoyens et ont ouvert les portes aux plus folles rumeurs. Certains affichent leurs craintes : «J’espère que ces attentats n’annonceront pas un retour aux sombres années du terrorisme. Dieu nous en préserve.»

Rappelons que le dernier attentat à l’explosif perpétré par les terroristes encore en activité dans la périphérie de la capitale est celui du colis piégé posé à proximité de la caserne de logistique d’El Harrach.

Par Hasna Yacoub - La Tribune, le 31 octobre 2006.

Lire aussi :

Terrorisme et antiterrorisme en Algérie

12:10 Ecrit par Maroc pluriel dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : terrorisme, algerie, sahara

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lundi 30 octobre 2006,


Deux attentats au camion piégé font deux morts en Algérie
Reuters

Des islamistes présumés ont fait exploser deux camions piégés quasi simultanément dans la nuit de dimanche à lundi devant des commissariats de police à l'est d'Alger, faisant deux morts et 17 blessés.

Ces attentats, les premiers commis contre des commissariats depuis plus de cinq ans, n'ont pas été revendiqués, mais ils ont été attribués, de source proche de services de sécurité, au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).

Dernier groupe armé encore actif en Algérie plus de 14 ans après le déclenchement de l'insurrection islamiste de 1992, le GSPC, qui a fait allégeance à Al Qaïda, a rejeté toutes les offres d'amnistie du président Abdelaziz Bouteflika.

Le premier attentat a été commis à Reghaïa, à une trentaine de kilomètres à l'est d'Alger, le second à Dergana, dans la banlieue est de la capitale algérienne. Dans les deux cas, il semble que les explosions aient été télécommandées.

L'explosion de Reghaïa a ravagé une partie de l'immeuble de deux étages abritant le commissariat de police, creusé dans la rue un cratère d'un mètre de profondeur et brûlé une vingtaine de véhicules.

A Dergana, la carcasse calcinée du camion piégée gisait devant le commissariat local, qui a été également endommagé, mais dans un moindre mesure qu'une villa voisine, dont les murs extérieurs se sont partiellement effondrés.

ETAT DE CHOC

A Dergana comme à Reghaïa, les assaillants ont utilisé le même mode opératoire, rapportent des habitants des deux localités. Une partie d'entre eux ouvraient le feu sur la cible tandis que d'autres garaient le camion piégé à proximité avant de s'enfuir puis de déclencher la charge à distance.

C'est la première fois depuis longtemps que la guérilla islamiste agit en milieu urbain, les accrochages entre le GSPC et les forces de sécurité ayant été ces derniers temps plutôt cantonnés au bled, notamment autour de Reghaïa, et au désert du Sahara.

Les affrontements sporadiques entre forces de sécurité et insurgés islamistes ont fait jusqu'à 200.000 morts depuis 1992, année les islamistes ont pris les armes après avoir été privés de la victoire électorale qui leur était promise.

Le président Abdelaziz Bouteflika a promis d'écraser les rebelles ayant décliné cette année sa nouvelle offre d'amnistie, qui a expiré le 31 août.

Le GSPC, qui disposerait encore de quelque 800 combattants, semble avoir, avec ces deux attentats, adopté une stratégie pour desserrer l'étau des forces de sécurité qui le traquent sans relâche dans ses derniers bastions.

Ce harcèlement entraîné l'éclatement du GSPC en groupuscules moins facilement repérables par les forces de sécurité, note Liès Boukraa, un expert en guérilla, qui prédit "une intensification des actions terroristes à court terme".

Ecrit par : Reuters | mardi, 31 octobre 2006

Salam ya Lmrarka :-) Bonne journée


Kabylie. Algérie.Terrorisme islamiste : La reculade de l’Etat

El Watan
Seule la lecture de quelques journaux indépendants peut faire mesurer la gravité de la situation sécuritaire en Algérie. Les médias publics, notamment la télévision, occultent généralement les attentats terroristes sanglants, pourtant quasi quotidiens, qui n’épargnent aucune région du pays.

Ne sont évoqués, mais fort brièvement, que les attentats qui ne peuvent être passés sous silence de par leur caractère spectaculaire tels le dernier double attentat à la voiture piégée ciblant les commissariats de police à Réghaïa et Dergana ou l’assassinat durant le Ramadhan du président de l’APW de Tizi Ouzou. Quant aux gardes communaux, policiers, gendarmes ou citoyens qui tombent quotidiennement sous les balles assassines, la presse officielle n’évoque quasiment pas leur sort tragique.

Peu d’Algériens savent que le 17 octobre dernier, à Miliana, huit gardes communaux ont été fauchés par des rafales terroristes au moment où ils effectuaient le prière du maghreb. Un tel crime, pour ne citer que celui-là, aurait créé sous d’autres cieux un séisme politique et profondément bouleversé l’opinion publique.

Il faut dire que la presse publique obéit à une règle non écrite dictée par les autorités officielles imposant la « non médiatisation » des attentats terroristes au prétexte que leurs auteurs en tirent profit.

Cette règle a été élargie aux responsables politiques conviés à ne pas évoquer la terreur terroriste ou à la banaliser, ce que vient de faire Abdelaziz Belkhadem en déclarant que « la violence due à la criminalité est en hausse et le terrorisme imputé aux groupes armés est en diminution ».

Le chef du gouvernement ignore-t-il que les deux violences s’abreuvent à la même source et qu’elles servent la même cause, celle du terrorisme que prône des organisations, du type GSPC, affiliées à El Qaîda ?

Il n’y a aujourd’hui en Algérie plus d’hommage officiel aux victimes du terrorisme et presque plus de soutien à leurs familles, notamment dans les zones rurales éloignées.

L’Etat n’honore ni les martyrs du devoir ni les victimes civiles de l’obscurantisme et de la terreur.

Le repli a pris naissance fin de la décennie 90 à la faveur de la Rahma, pour prendre ensuite de l’ampleur avec la Concorde nationale. La Charte de la réconciliation a été le point d’orgue de la reculade de l’Etat : le constat est édifiant aujourd’hui : les groupes armés n’ont pas déserté les maquis et leur capacité de nuisance est restée forte, y compris dans les grandes villes censées être totalement sécurisées.

Quant à l’islamisme politique, il a redoublé d’intensité avec le retour sur la scène publique des anciens dirigeants fissistes blanchis de leurs méfaits antérieurs par la loi.

Cette reculade de l’Etat n’a pas empêché les forces de sécurité de faire leur travail et d’intensifier leur lutte contre le terrorisme. Mais elle leur complique sérieusement la tâche en même temps qu’elle fait baisser la garde au sein de la société.

Ali Bahmane

01/11/2006

Ecrit par : Chebba Zehouania | mercredi, 01 novembre 2006

انفجار قنبلة بسي مصطفى وتفكيك شبكة دعم بخنشلة
الجماعة السلفية تتبنى عمليتي الرغاية ودرفانة

المصدر: ع· إبراهيم El Khabar
2006-11-01

بالموازاة قامت الجماعة السلفية للدعوة والقتال، أمس، بتعليق بيان على جدران بقرية بوظهر ببلدية سي مصطفى أمضاه أمير الجماعة الإرهابية مفاده أن الجماعة السلفية للدعوة والقتال تتبنى التفجيرات الأخيرة التي استهدفت مركزين للشرطة ومقرا للفرقة المتنقلة للشرطة القضائية بكل من درفانة والرغاية باستعمال شاحنتين مفخختين· وعلمت ''الخبر'' من مصادر أمنية أن العملية التفجيرية بالرغاية نفذها ثلاثة إرهابيين ينتمون للمنطقة الثانية التي تتبع هيكليا للجماعة السلفية· ورجحت المصادر أن يعلن التنظيم الإرهابي عن مسؤوليته في بيان يصدره على أحد المنتديات الجهادية الموالية للقاعدة·
وقد طلبت الجماعة في بيانها المعلق، من المواطنين أخذ الحذر وعدم التوقف أو الذهاب إلى مراكز الأمن لأن الجماعة تستهدف هذه النقاط، كما دعتهم إلى عدم التعامل مع الأمن والتحدث إلى عناصره، وحسب ما علمناه فإن البيان الصادر أمس الثلاثاء للعلن الهدف منه إيصال رسالة مضمونها أن الجماعة السلفية ما زالت قوية وذلك للتخفيف من الضربات التي تلقاها التنظيم على يد مصالح الأمن·
وببلدية أولاد موسى شهدت ليلة الإثنين حالة من الهلع بعد شكوك عن وجود سيارة مشبوهة مما خلق ارتباكا وفوضى، وبعد التفتيش تبين أن السيارة ليس فيها متفجرات وتجري مصالح الأمن تحريات واسعة بالنقاط المشبوهة·
ومن جهة أخرى ندد رابح كبير مسؤول الهيئة التنفيذية للفيس المحظور بالخارج (سابقا) بتفجيرات الرغاية ودرفانة، ووصفها بمحاولة لنسف مسعى المصالحة الوطنية، وقال إنه يؤيد الجيش في محاربته الإرهاب· واعتبر كبير في حديث لوكالة رويترز أن ''ما حدث عمل إرهابي أدينه واعتقد أنه جاء ردا على الحركية السياسية التي بدأت تميز البلاد منذ عودتنا إلى البلاد· هذه الحركية أعطت الأمل للجزائريين أن هناك مخرجا للأزمة· هذه الحركية جعلت الذين يستفيدون من الأزمة لا يعرفون ماذا يفعلون للحفاظ على مصالحهم· سيفشلون في محاولاتهم المعزولة· أعداء المصالحة الوطنية يحاولون الآن توقيف هذا المسار لكنهم لن ينجحوا لأن المصالحة لن تعود إلى الوراء لأنها تحظى بدعم الشعب والسلطة''·
على صعيد آخر أفادت مصادر موثوقة أن قوات الأمن أوقفت الأسبوع الجاري 18 شخصا من أصل 26 يشكلون خلية عربية لدعم الإرهاب بالجزائر، والإشادة بالجماعة السلفية للدعوة والقتال تنشط عبر عدة ولايات شرقية، وفي كل من العربية السعودية والعراق· ومن بين عناصر هذه الجماعة أئمة مساجد في بعض الولايات وإطارات ومروجي الفكر السلفي، حيث تم تقديم عناصر المجموعة إلى نيابة ششار، وتم الإفراج عنهم مؤقتا، واستلموا استدعاءات مباشرة، في حين صدر أمر بإلقاء القبض على 8 أشخاص متواجدين إما في حالة فرار، أو هم الآن بالمملكة العربية السعودية والعراق، وآخرون بولايات أخرى خاصة الجزائر العاصمة·
تفكيك الشبكة العربية المدعمة للإرهاب في الجزائر والسعودية والعراق تم بعد أن وصلت معلومات إلى المصالح الأمنية مفادها وجود جماعة يقدر عدد أفرادها بـ26 شخصا تتراوح أعمارهم ما بين 17 إلى 45 سنة تساند العمليات الإرهابية، وتشيد بالفكر السلفي الجهادي، وبحوزتها أقراص مضغوطة، وكتب دينية متطرفة، وتتخذ من بلدية المحمل بخنشلة منطلقا للدعم والإسناد والإشادة، ويمتد نشاطها إلى عدة ولايات بالشرق والجزائر العاصمة، وبعد التحريات الدقيقة تم إلقاء القبض على 18 شخصا بتهمة ترويج الفكر السفلي الجهادي التابع للجماعة السلفية للدعوة والقتال، والحيازة على أشرطة سمعية ومرئية، وأقراص مضغوطة، وعدد معتبر من الكتب المتطرفة تعرض على الشباب من جميع المهن تدعوهم إلى العمل الإرهابي، والتمرد على الواقع الحالي·
المجموعة التي قدمت أمام النيابة بمحكمة ششار تم السماع لها مساء الإثنين، وتم الإفراج عن عناصرها مؤقتا، وتم استدعاؤهم مباشرة إلى المحكمة، وتم إصدار أمر بإلقاء القبض على الأشخاص الفارين، منهم اثنان بالسعودية، واحد بالعراق وخمسة بمختلف ولايات الشرق الجزائري وآخرون بالجزائر العاصمة·
وفي ولاية عنابة علمت ''الخبر'' من مصادر موثوقة أن مجموعة إرهابية تتشكل من 10 إرهابيين بينهم ستة عناصر من جنسية تونسية كانوا ينشطون ضمن صفوف الجماعة السلفية للدعوة والقتال بجبال الإيدوغ، قد تمكنت في الأيام الأخيرة من مغادرة منطقة عين بربر وتوجهت، حسب مصادر متطابقة، نحو جبال بني صالح بولاية فالمة·

Ecrit par : الجماعة السلفية تتبنى عمليتي الرغاية ودرفانة | mercredi, 01 novembre 2006

la discordance dans le discours entre les médias publics qui sont en fait des médias aux mains du président de la république, tel que l'organe de presse "elmoudjahid", et les médias tel "elwatan", au service de la junte et plus particulièrement du DRS, révèle de plus en plus au grand jour, les profondes divergences de points de vue entre le tenant factice du pouvoir, et ses détenteurs réels.

Malgré toutes les concessions que "le président" a faites pour absoudre l'appareil militaire et ses services connexes de leurs crimes dans la tragédie algérienne, ces organes ne semblent pas avoir pardonné au président son laxisme envers les "repentis" ou supposés tels, des groupes armés.
Pire, ils voient de plus en plus d'un mauvais oeil, le rôle prépondérant et émergeant que les repentis commencent à jouer sur la scène politique algérienne.

Alors que penser?
ou bien la junte , le DRS en premier, attise les actions du GSPC, car en fait il en est le véritable patron, afin de faire regretter au président toute velléité d'indépendance dans le jeu politique avec les repentis qui ne sont sortis par la fenêtre que pour mieux entrer par la grande porte,
ou bien le président joue le double jeu, tendant la carotte aux uns, et alléchant les autres pour éviter leurs coups de bâton: c'est le grand écart pour le pauvre président.

La junte et le DRS n'ont aucune confiance en "leur président", les prévilèges , ils en avaient bien avant lui, donc il n'a aucun moyen de les allécher sauf leur obéir, mais le pourrait-il???,

Pour l'instant, il passe son temps à "auditionner" ceux qui travaillent autour de lui, notamment ses pauvres ministres ( ta3lam la7sana fi rouss litama"), "instituant" une façon bien spécifique de la gouvernance à l'algérienne...

En tout état de cause, le volcan sur la scène politique algérienne est toujours en activité, et les profondes discensions qui l'agitent, risquent de replonger le pays dans un inconnu obscur, "wa fima la you7mdou 3o9baah".
Et ce sera malheureusement ainsi tant que la politique algérienne tangue entre le faux civil et le vrai militaire, donnant lieu à un mélange des plus explosifs....

Ecrit par : lautiste | mercredi, 01 novembre 2006

عملية إرهابية ضد الجيش الجزائري

مقتل 10 جنود في كمين إرهابي بالبويرة

المصدر: ب· سهيل El khabar, Algérie
2006-11-11

حسب مصادر متطابقة، فإن الاعتداء وقع في حدود الساعة السابعة مساء، حيث فجّر إرهابيون عدة قنابل في طريق الشاحنات التي كانت تقل أفراد الجيش، ثم صوّبوا نحوهم وابلا من الرصاص مما أدى إلى مقتل ثمانية جنود وإصابة اخرين بجروح متفاوتة الخطورة، تم نقلهم إلى المستشفى· وعلمنا أمس أن حصيلة القتلى ارتفعت بتوفي جريحين، وحول هذه العملية قالت ذات المصادر إن المجموعة الإرهابية التي نفذتها، باغتت أفراد القافلة أثناء عودتهم من عملية تمشيط كانوا قد باشروها صباح يوم الثلاثاء الماضي في هذه المنطقة الحدودية مع ''تيزي غنيف'' التابعة إقليميا لولاية تيزي وزو، ومباشرة بعد الاعتداء باشرت وحدات من الجيش عملية تمشيط واسعة في المنطقة، حيث شوهدت الشاحنات والآليات العسكرية متوجهة إلى الغابة المذكورة والمجاورة لها والمروحيات التي واصلت قصفها إلى غاية نهار أمس للمواقع التي تكون العناصر الإرهابية قد لجأت إليها، الممتدة من المرتفعات الغربية لبلدية ''عمر'' إلى غاية ''جبال ثلاث'' بالأخضرية· وتشير بعض المصادر المحلية إلى أن هذه المنطقة ذات التضاريس الوعرة والممتدة من ''لحباس'' جنوبا إلى ''بفاص'' شمالا مرورا ''بميمونة''، تعتبر منطقة نشاط المجموعة التي يقودها الإرهابي عزيز، خليفة ''قزويط''، الذي تضاربت الأخبار بشأن مصيره، وهي مجموعة تنشط تحت لواء الجماعة السلفية للدعوة والقتال، غير أنه بالنظر إلى طبيعة وحجم العملية الأخيرة، استبعدت مصادرنا أن تكون من تنفيذ العناصر المحلية لوحدها، ورجحت أن تكون قد تلقت الدعم من مجموعات أخرى كتلك التي تنشط في مرتفعات الأخضرية و''سيد علي بوناب'' بالجهة الغربية لولاية تيزي وزو

Ecrit par : مقتل 10 جنود جزائريين في كمين إرهابي | samedi, 11 novembre 2006

Un attentat à Alger fait
un mort et 9 blessés

| 11.12.2006 | 11:42, Nouvel obs

Un attentat contre un bus à Bouchaoui, près d'Alger, a fait un mort, un Algérien, et neuf blessés, tous étrangers.

(c) Reuters
Des activistes ont fait sauter dimanche 10 décembre une bombe à côté d'un autocar transportant des travailleurs du pétrole, non loin d'Alger, tuant un Algérien et blessant neuf étrangers. Un Américain, quatre Anglais, deux Libanais, un Canadien et un Algérien font partie de ces blessés, a annoncé dimanche le ministère algérien de l'Intérieur.
La personne décédée est le chauffeur du bus, un ressortissant algérien et une des deux victimes libanaises est "grièvement" atteinte, selon le communiqué officiel. Huit des neuf blessés devaient quitter l'hôpital dans la soirée de dimanche après avoir reçu les soins nécessaires, a précisé le communiqué.
Selon le ministère, un bus a été atteint par une bombe artisanale qui a explosé à son passage, dimanche à 17h30 (16H30 GMT), dans la commune de Staouéli, qui abrite la forêt de Bouchaoui, près du Club des Pins.
"Une enquête a été ouverte pour déterminer la nature et l'origine de cet engin explosif", selon le communiqué du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales. Il ne fait état d'aucune revendication.

Hôtel Sheraton

L'attentat, le deuxième près de la capitale en six semaines, s'est produit dans un quartier résidentiel très protégé qui abrite des certains ministres ainsi que l'hôtel Sheraton, où plusieurs entreprises étrangères ont leur bureau.
"Je me trouvais dans un bus lorsque j'ai entendu une violente explosion. Ensuite nous avons entendu des tirs", a rapporté Mohammed Aziouz, un étudiant de 18 ans se déplaçant en bus au moment de l'attentat, en fin d'après-midi.
"Un moment s'est passé, et ensuite des policiers portant des cagoules sont entrés dans notre bus et ont commencé à contrôler les papiers d'identité. Ceux qui n'en avaient pas ont été emmenés pour des vérifications. L'odeur de poudre était très forte".

Sécurité renforcée

Certains cadres pétroliers expatriés ont dit qu'ils renforceraient les mesures de sécurité à la suite de cet attentat.
L'agence APS a précisé que la déflagration avait été causée par une bombe posée au bord de la route. Elle rapporte par ailleurs que l'on compte parmi les blessés quatre Britanniques, deux Libanais, un Américain, un Algérien et un Canadien. Tous sauf un ont pu quitter l'hôpital après avoir reçu des soins.
Selon certains résidents, un homme armé est sorti d'une voiture garée près du trottoir à l'approche du car et il a ouvert le feu sur le véhicule et ses occupants.
Des habitants ont précisé que le car transportait des employés de Brown Root Condor, une co-entreprise de Kellog, filiale d'Halliburton, de Brown Root et de Condor Engineering, affilié à la compagnie nationale algérienne Sonatrach.

Pas de revendication

La police a immédiatement bouclé les lieux, à 10 km à l'ouest d'Alger.
Les journalistes qui se sont par la suite approchés de ce quartier résidentiel et touristique, qui abrite un hôtel de luxe et les résidences de certains responsables gouvernementaux, ont entendu deux explosions.
Des habitants ont dit qu'il semblait s'agir d'explosions contrôlées déclenchées par le service de déminage, mais ceci n'a pas été confirmé dans l'immédiat et il n'a pas été possible de contacter la police pour l'interroger sur cet incident.
L'attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat mais des habitants ont dit soupçonner des rebelles islamistes.
Le 30 octobre, trois personnes avaient été tuées et 24 autres blessées dans des attentats quasi simultanés au camion piégé perpétrés contre deux commissariats de police, à Reghaia

Ecrit par : Un attentat contre un bus | lundi, 11 décembre 2006

الجزائر: 5 ضحايا في هجوم على حافلة تابعة لشركة «هاليبورتون» الأميركية


الجزائر: بوعلام غمراسة
décembre 11 /2006
تعرضت حافلة تقل موظفين أميركيين في العاصمة الجزائرية امس الى هجوم مسلح، اسفر عن مقتل سائقها الجزائري وجرح اربعة ركاب اجانب. وقالت مصادر مطلعة لـ«الشرق الأوسط»، إن حافلة تابعة لفرع شركة «هاليبورتون» الأميركية المتخصصة في المحروقات، تعرضت مساء امس لاعتداء بقنبلة اعقبه هجوم بالسلاح الناري بالقرب من حي بوشاوي القريب من «إقامة الدولة في نادي الصنوبر»، حيث يقيم غالبية أعضاء الحكومة وكبار المسؤولين المدنيين والعسكريين. وتضاربت الانباء حول تعرض حافلة ثانية.
وأوضحت المصادر أن المعتدين الذين يجهل عددهم كانوا على متن سيارة لحظة إطلاق النار على الحافلة، مما ادى الى مقتل السائق على الفور وجرح أربعة من الركاب نقلهم رجال الحماية المدنية إلى المستشفى العسكري «عين النعجة».

وأفاد شهود من المنطقة أن الحافلة متعودة على المرور بحي بوشاوي كل يوم في ذات الوقت، لنقل مهندسي وموظفي الشركة، التي يملك نائب الرئيس الأميركي ديك تشيني أسهما فيها، إلى مقر إقامتهم في حي سطاوالي، وهو منتجع سياحي معروف. وقال نفس الشهود، إن المسلحين فجروا قنبلة لاعتراض طريق الحافلة قبل فتح النار على ركابها. وتعد المنطقة من أكثر المناطق أمنا في البلاد، قياسا إلى أهمية الأشخاص الذين يسكنون بها، ويرى مصدر أمني أن السلطات تواجه تحديا كبيرا إذا كانت الجماعات الإسلامية المسلحة هي التي نفذت الهجوم الأول من نوعه منذ سنوات طويلة. وفور وقوع الحادث، بدأت قوات الأمن حملة تمشيط كبيرة بالمنطقة بحثا عن المعتدين.

Ecrit par : ضحايا في هجوم على حافلة تابعة لشركة هاليبورتون الأميركية | lundi, 11 décembre 2006

Algérie : Qui contrôle réellement le GSPC, Al-Qaïda ou le DRS ?
www.risques-internationaux.com, 11 décembre 2006

Selon le quotidien algérien "Liberté", bien connu pour être le porte-parole des "éradicateurs" sur la scène politique algérienne, l'agression du bus de BRC , "porte la signature du GSPC qui, depuis son allégeance à Al-Qaïda de Ben Laden, multiplie les actions spectaculaires pour faire croire encore à l'importance de ses capacités de nuisance qu'il a pourtant perdues" . Le journal reconnaît néanmoins que l'attentat n'a pas encore été revendiqué.

Cette allégation est loin d'être la seule et fait même partie d'une vaste campagne de presse sur les méfaits, réels ou présumés, du GSPC, " Groupe Salafiste pour la prédication et le combat ", aussi bien en Algérie qu'à l'étranger, en France notamment (cf. l'article publié dans le Monde du 14 novembre 2006). L'argument consiste à prétendre que les "amnistiés" qui ont été relâchés à la suite des mesures d'application de la "Charte ou la paix et la réconciliation nationale (entre 2000 et 3000 anciens détenus) sont retournés au maquis où ils se comportent comme des "récidivistes" un terme qui revient de plus en plus souvent dans le jargon des "éradicateurs".

Or cette thèse est à prendre avec des pincettes. Selon les spécialistes et les témoins que RI a pu interroger, la plupart des détenus libérés sont suivis par les unités chargées du contre-espionnage au sein des services secrets algériens (le fameux DRS, "Département Renseignement et Sécurité") et sont mis sous écoute. Ce suivi régulier permet donc aux services du DRS de les arrêter à tout moment.

Hier comme aujourd'hui, la plupart des groupes affiliés au GSPC ont été infiltrés par le DRS . Le commandement du GSPC, bien connu du DRS selon les déserteurs des services algériens, évolue sans inquiétude, surtout dans la Mitidja Est, à Mizrana, à Khemis Khechena et à Boumerdes. Longtemps, la plupart des réunions des membres influents du GSPC ont été organisées à Sid Ali Bounab, un lieu bien connu du DRS, mais rien n'a été fait pour décapiter ce groupe armé, bien au contraire. Selon l'un de nos interlocuteurs : " Ce qui se passe actuellement en Algérie, notamment la multiplication des attentats, des embuscades dirigées contre les militaires, est révélateur des objectifs et des intentions du DRS. La provocation opérée par le DRS est maintenant en route pour ramener l'Algérie aux sanglantes années quatre-vingt-dix".

Ecrit par : Nassim | lundi, 11 décembre 2006

D'aucuns pourraient être amenés à croire que les événements négatifs qui se sont produits ou qui se produisent en Algérie, pourraient nous réjouir, nous marocains, du fait de l'animosité de ses dirigeants à l'égard de notre intégrité territoriale, ou à l'égard du Royaume du Maroc, de façon générale.

Au contraire ce qui touche l'Algérie , nous touche au plus profond de nous-mêmes, et nous concerne au plus haut degré, car nous sommes conscients que c'est avant tout le Peuple Algérien qui paie les pots cassés.

Les mandarins du régime, eux , tirent profit de toutes les situations qu'elles soient négatives ou positives.
C'est pour cette raison que de nombreux observateurs même algériens hésitent à définir les groupes armés qui sévissent en Algérie. Sont-ils vraiment des terroristes ou des éléments manipulés par le DRS?

Un organe de presse algérien tel "qu'el watan" reproche à une station radio installée à Tanger, de ne pas utiliser le terme "terroriste" quand elle cite ces groupes armés.
Bien que cela reste à vérifier, comment le peut-elle, alors que ce même "el watan" utilise le terme "combattants"du GPSC quand il parle des afrontements entre des éléments de ce groupement et les résistants Touareg à la frontière sahélo-saharienne??

Toutefois, si de notre part , nous pouvons assurer que nous souffrons de tout ce qui ferait souffrir le Peuple Algérien frère et très proche de nos coeurs, d'autant plus que de nos jours , aucun pays ne peut se prévaloir d'être à l'abri de tels événements, nous pouvons être sûrs , que les ennemis de notre intégrité territoriale , ou plus simplement les ennemis viscéraux du Maroc, auront un malin plaisir à manifester leur joie, si notre pays "laa 9addara Allah", aurait à faire face à une queconque difficulté. Cela ferait leur affaire...

En tout état de cause , nous concluons par ce voeu :Qu'Allah nous épargne, ainsi qu'au Peuple Algérien et tous les Peuples du Grand Maghreb, toute épreuve susceptible d'entraver notre marche commune vers le progrès et le bien-être... Amine.

Ecrit par : lautiste | mardi, 12 décembre 2006

متشددون جزائريون ينشرون شريط فيديو لهجوم ديسمبر
Sun Jan 21, 2007

دبي (رويترز) - نشرت جماعة جزائرية متشددة على صلة بتنظيم القاعدة تسجيلا مصورا على الانترنت يوم الاحد يبين ما قالت انه هجوم قاتل بقنبلة على حافلة تحمل عمالا نفطيين وقع في الجزائر في ديسمبر كانون الاول الماضي.

ويبدو ان شريط الجماعة السلفية للدعوة والقتال يبين الحافلة وهي تخرج الى طريق سريع قبل ان تتعرض لانفجار قنبلة مزروعة في الطريق. ويبدو ان الشريط تم تصويره من سيارة على الجانب المقابل من الطريق.

وكانت الجماعة المتشددة قد أعلنت مسؤوليتها عن الهجوم الذي وقع في العاشر من ديسمبر كانون الاول وقتل شخصين جزائري ولبناني وأصاب ثمانية آخرين بينهم أربعة بريطانيين وأمريكي واحد.

وقالت الجماعة في نص كتابي على الموقع على الانترنت ان الهجوم استهدف شركة هاليبورتون الامريكية للطاقة التي تمتلك حصة في شركة براون روت اند كوندور التي يعمل لديها عمال النفط.

وتملك شركة كوندور اينجنيرينج احد فروع مجموعة سوناطراك الحكومية الجزائرية حصة في المشروع المشترك.

واوضح الشريط ان الجماعة المتشددة استخدمت صوراالتقطت من الاقمار الصناعية وتقنية متقدمة اخرى للتخطيط للهجوم وتنفيذه.

كما بين التسجيل ايضا المتشددين وهم يصنعون قنبلة باستخدام اسطوانة غاز وقطع معدنية ومادة كيماوية واجهزة تفجير تعمل باللاسلكي.

وكان احد زعماء الجماعة السلفية للدعوة والقتال ابو مصعب عبد الودود قد دعا في وقت سابق من شهر يناير كانون الثاني في شريط فيديو الى شن هجمات على الفرنسيين وحلفائهم في الحكومة بالجزائر.

وبدأت حركة مسلحة في الجزائر في عام 1992 بعد ان الغت السلطات انتخابات كان من المتوقع ان يفوز حزب اسلامي فيها.

والان فان التمرد تقوده اساسا الجماعة السلفية للدعوة والقتال ولم يعد لديه سوى حوالي 500 مقاتل مقارنة بنحو 30 الفا في العقد الماضي وينشط عادة في الجبال النائية واجزاء من الصحراء الجنوبية الشاسعة ويضطلع باعمال تهريب المخدرات والخطف والابتزاز

Ecrit par : متشددون جزائريون ينشرون شريط فيديو لهجوم ديسمبر | lundi, 22 janvier 2007

"Les attentats du 11 avril 2007 à Alger :

Luttes de clans sur fond de conflits géopolitiques
par François Gèze et Salima Mellah, Algeria-Watch, 21 avril 2007

Pour l'opinion algérienne comme pour tous ceux qui tentent de résister au rouleau compresseur de la désinformation produite par le DRS algérien (les services secrets de l'armée), l'attribution de la responsabilité des attentats du 11 avril 2007 à Alger à l'« Organisation d'Al-Qaida au pays du Maghreb islamique » (ex-GSPC) ne peut être prise pour argent comptant, comme le font la plupart des médias occidentaux. Dans cet article, qui se fonde quasi exclusivement sur une analyse rigoureuse de « sources ouvertes » – donc à la portée de tous les observateurs sérieux –, nous montrons que les commanditaires de ces attentats ne peuvent appartenir qu'aux plus hauts cercles du pouvoir algérien, aux mains d'une poignée de généraux.

Cet événement tragique constitue ainsi une étape importante dans l'exacerbation de la lutte de clans au sein de la « coupole » militaire maffieuse dirigeant le pays, qui a conduit certains « décideurs » à recourir à nouveau à l'instrumentalisation de la violence « islamiste ». Cette exacerbation s'explique par la conjonction de quatre facteurs principaux : a) la remise en cause de l'alliance stratégique avec les États-Unis, liée aux bouleversements des rapports de forces géopolitiques mondiaux (montée en puissance de la Russie et de la Chine, etc.) ; b) l'extraordinaire croissance de la rente pétrolière et gazière liée à la hausse des prix des hydrocarbures, qui a aiguisé les appétits financiers des clans en présence ; c) la profonde crise sociale qui ravage le pays (misère et chômage croissants, émeutes à répétition…) ; d) la maladie du président Abdelaziz Bouteflika, condamné à plus ou moins brève échéance, qui impose de renouveler la façade civile du pouvoir réel, selon de nouveaux équilibres difficiles à trouver.

Les médias occidentaux brandissent depuis des années la menace d'un GSPC (« Groupe salafiste de prédication et de combat ») susceptible de frapper en Europe. Avec l'annonce de sa transformation, en janvier 2007, en « Organisation d'Al-Qaida au pays du Maghreb islamique », la perception de la dangerosité de cette étrange organisation ne pouvait que s'en trouver renforcée. Immédiatement revendiqués par le GSPC, les terribles attentats d'Alger du 11 avril 2007 ont relancé l'alarme : présentés comme des attentats suicide, ils ont ciblé le palais du gouvernement et le siège de la « Division est » de la Police à Bab Ezzouar, faisant trente morts et plus de deux cents blessés.

En France en particulier, journalistes, universitaires et experts du sécuritaire font alors de la surenchère : c'est à qui établira de la manière la plus probante des liens entre le GSPC et la nébuleuse internationale d'Al-Qaida. Si des nuances d'analyse sont perceptibles, la certitude que partagent tous ces « spécialistes » est qu'il s'agit bien d'une action terroriste commise par des islamistes opposés au régime algérien et obéissant aux instructions des chefs d'Al-Qaida. Les quelques éléments confortant cette thèse sont amplifiés, tandis que les nombreuses zones d'ombre sont sciemment occultées. Ce qui est érigé comme preuve irréfutable sont les communiqués du GSPC, alors que rien ne permet de certifier leur authenticité. Autre preuve tout aussi aléatoire : le mode opératoire. Attribuées à des « kamikazes », ces opérations, dit-on, ne feraient pas partie de la tradition djihadiste algérienne et prouveraient l'implication d'Al-Qaida.

En Occident, la prétendue affiliation du GSPC à Al-Qaida n'a suscité aucune interrogation depuis que le numéro deux d'Al-Qaida aurait invité le GSPC à rejoindre l'organisation et que ce dernier aurait renouvelé son allégeance à l'« Internationale djihadiste » en septembre 2006. En Algérie, depuis des années, la collusion entre ces deux entités a été très régulièrement évoquée par la presse. Et malgré les maigres indices, comme celui d'un supposé émissaire yéménite qui serait venu en Algérie en 2002 pour accorder la caution d'Al-Qaida à l'organisation locale avant de trouver la mort dans une embuscade , une grande partie de la presse algérienne a continué depuis à colporter cette idée comme une évidence.

Une surprenante minimisation du « terrorisme islamiste »
Mais curieusement, depuis quelques mois, certains journaux algériens francophones, pourtant conditionnés par plus de quinze ans de propagande à dénoncer de façon virulente les « hordes islamistes » en Algérie, n'ont plus la même éloquence pour agiter la menace de l'apparition d'Al-Qaida en Algérie. Après chaque attentat perpétré ces derniers mois, des commentateurs s'interrogeaient sur les véritables commanditaires. Ainsi, Mohamed Zaaf, du Jeune Indépendant , constatait à la suite de la série d'attentats qui a touché le pays en février 2007 : « Mais, d'El-Qaïda nous ne connaissons de réel que les voix enregistrées. Depuis l'annonce du tutorat, le GSPC obéit donc aux voix et densifie ses activités avec l'ouverture du procès de la corruption. Le GSPC avait menacé de s'en prendre à la France et aux intérêts français. Il prit cependant tout son monde à contre-pied. Car les intérêts qui avaient été en réalité ciblés, ce sont les intérêts américains, près de Club des pins, et les intérêts russes à Hayoun . »

Encore plus étonnant est le fait que certains dirigeants politiques algériens – qui, durant des années ont tenté de convaincre leurs partenaires occidentaux de la menace islamiste et de ses liens avec l'organisation internationale – ont plutôt réagi de manière frileuse aux derniers attentats commis par un GSPC dont l'allégeance à Al-Qaida ne faisait pas de doute en Europe. N'a-t-on pas vu un Yazid Zerhouni, ministre de l'Intérieur, déclarer à la suite de l'attentat commis le 10 décembre 2006 contre un bus transportant des travailleurs de l'entreprise algéro-américaine BRC (Brown Root and Condor), alors qu'un communiqué signé par le GSPC circulait sur Internet, qu'il ne s'agissait là que d'un « document » ? Il précisait que « l'enquête […] est en cours. Aucune piste n'est écartée pour le moment. Seules les investigations que mènent les services concernés peuvent affirmer avec précision les responsables de ce crime ». Quant à l'attentat commis le 3 mars 2007 contre un bus transportant notamment des travailleurs russes de la compagnie Stroitransgaz, il n'a guère été médiatisé, alors qu'il s'agissait de la première attaque meurtrière contre des ressortissants étrangers depuis que le GSPC s'est transformé le 24 janvier 2007 en « Organisation d'Al-Qaida au pays du Maghreb islamique ».

Le 14 mars 2007, le président Bouteflika lui-même déclarait dans une interview : « Des actes terroristes sont encore commis de temps en temps. Ces actes sont le fait du grand banditisme. Ils n'ont rien d'idéologique. Nous nous attelons à les combattre pour y mettre un terme définitif. » Lorsque le journaliste lui demanda si les Européens devaient prendre au sérieux les menaces d'un GSPC affichant des ambitions régionales, le président algérien répondit : « Il faut faire la part des choses entre la réalité et la propagande, et restituer les choses dans leur juste proportion. Et les Européens le savent, eux, qui sont très bien renseignés sur ces questions . » Loin de témoigner de la conviction du président de l'existence d'une menace excessive, ces propos laissent plutôt entendre qu'il soupçonnerait les Européens (ou d'autres ?) d'instrumentaliser celle-ci.

Relevons également qu'un journaliste algérien, Mounir B., « expert en terrorisme » réputé proche du DRS (les services secrets de l'armée), affirmait lui-même un peu plus d'un mois avant les attentats du 11 avril : « Les autorités algériennes ne se sont pas montrées particulièrement inquiètes jusqu'à la dernière série d'attentats en Kabylie. “Le GSPC a changé de nom, mais pour nous rien n'a changé”, a déclaré le ministre de l'Intérieur. Il n'a pas totalement tort. Le rapport de force sur le terrain n'a pas changé en faveur des groupes terroristes. Ils sont toujours faibles numériquement, ils éprouvent de grandes difficultés pour s'approvisionner et renouveler leur armement . » Et d'ailleurs, la plupart des journaux algériens se font depuis des mois l'écho des succès des offensives militaires en cours dans différentes régions du pays, tandis que les difficultés d'action du GSPC version Al-Qaida sont sans cesse mises en relief. Les forces de sécurité auraient capturé de nombreux hommes armés, ce qui leur permettrait d'obtenir d'importantes informations sur l'évolution des groupes actifs. Pourtant, le décompte des attentats montre bien une recrudescence de l'activité de groupes armés ces derniers mois, mais son importance est souvent minimisée, en particulier son lien supposé avec Al-Qaida .

Visées américaines sur les hydrocarbures d'Algérie et du Sahel
Alors pourquoi cet autre son de cloche venu d'Alger ? Pourquoi ce ton moins alarmiste ? Plus les Occidentaux amplifient leur perception de la menace, plus les officiels algériens la réduisent. Que suggère Yazid Zerhouni lorsqu'il déclare au lendemain des attentats d'Alger du 11 avril 2007 qu'« il ne faut pas exclure qu'il y ait d'autres intérêts ne voulant pas voir l'État algérien se ressaisir, se restructurer et fonctionner de manière plus efficace » ? Et El Watan ne répond-il pas en partie à cette question en s'interrogeant, de façon très surprenante de la part d'un quotidien qui, jusque-là, n'avait eu de cesse de se féliciter du réchauffement des relations algéro-américaines : « Le Maghreb, notamment l'Algérie, est-il sur le point de faire les frais de luttes géopolitiques que se livrent les USA et la France au moyen du terrorisme islamique ? » L'article concluait : « À ce jeu sournois semble parfaitement s'accommoder le réseau El-Qaida qui, en réalité, travaille, consciemment ou pas, pour les intérêts géopolitiques américains. Cette peur savamment entretenue du terrorisme islamiste, et notamment du réseau El-Qaida, leur permet de légitimer la nouvelle configuration du monde, notamment le Grand Moyen-Orient qu'ils viennent de décider. »

De fait, ce raisonnement a quelque raison d'être face à la volonté des Américains de renforcer leur présence économique et militaire en Afrique du Nord en général et en Algérie en particulier. L'intensification des relations entre les États-Unis et l'Algérie remonte à la période de la présidence de Liamine Zéroual (1994-1998), mais la « lune de miel » a connu son apogée en 2003-2006 avec de très nombreuses visites bilatérales à tous les niveaux de l'État et de la société, les plus en vue étant celles de Donald Rumsfeld en février 2006 et de Dick Cheney en avril de la même année. La coopération énergétique entre les deux pays a été qualifiée de « très dense », les États-Unis étant devenus le premier client de l'Algérie avec des achats de plus de 11 milliards de dollars en 2005, presque exclusivement constitués d'hydrocarbures .

Mais l'Algérie n'est qu'un des pays visés par les firmes américaines et les immenses réserves d'hydrocarbures non exploitées dans le Sahel semblent bien dicter à Washington sa stratégie sécuritaire dans cette région. Là plus clairement qu'ailleurs, la « Global War on Terror » que mène l'administration Bush apparaît indissociable de la recherche d'un accès garanti aux ressources énergétiques locales. Et pour l'assurer, le Pentagone a affirmé son objectif d'implanter rapidement en Afrique un commandement régional de l'armée américaine (Africom), qui permettrait le contrôle des armées locales.

C'est à la suite de l'enlèvement de touristes européens début 2003 dans le Sahara algérien par un commando présenté comme étant du GSPC que les Américains, en vertu de leur nouvelle conception géostratégique du « Grand Moyen-Orient », ont prévu que l'Algérie deviendrait un « État pivot ». Non seulement l'armée algérienne participe depuis à différentes manœuvres militaires organisées par l'US Army et l'OTAN, mais l'existence d'une base militaire américaine secrète dans la région de Tamanrasset, malgré les démentis répétés des responsables politiques des deux pays, ne semble pas faire de doute . Le pays a été aussi intégré à l'« Initiative Pan-Sahel », devenue début 2005 « Initiative transsaharienne de lutte contre le terrorisme (TSCTI) », destinée à inclure dans une stratégie militaire américaine des pays comme l'Algérie, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Maroc, le Niger, le Sénégal, le Nigeria et la Tunisie. Les visées américaines ont été concrétisées en juin 2005 lors des exercices conjoints baptisés « Flintlock 2005 », dirigés par le commandement des forces américaines basé en Europe.

« Lutte antiterroriste » et « bonne gouvernance » sont les slogans de l'heure. L'action militaire se dotant de son équivalent politique, le pays a été inclus dans l'« Initiative de partenariat avec le Moyen-Orient » (MEPI), prévoyant notamment l'assistance aux réformes politiques, le renforcement du rôle des femmes, de la jeunesse et de la société civile. Coopération militaire et économique et programme d'assistance aux réformes politiques sont les deux faces d'une même médaille .

Or, des neuf pays inclus dans la stratégie sahélienne, expliquait en juillet 2005 l'expert pétrolier algérien indépendant Hocine Malti, sept « possèdent des réserves plus ou moins importantes de pétrole. Le Nigeria possède des réserves prouvées de 31,5 milliards de barils, l'Algérie en a 11,8 milliards, celles du Tchad sont estimées, à ce jour, à 1 milliard (le pays en est à ses tout premiers débuts de l'aventure pétrolière), le Sénégal possède 700 millions de barils, la Tunisie 308 millions, le Niger 300 millions et la Mauritanie 200 millions. Tout autour de ces pays, on en trouve d'autres qui sont également riches en pétrole ; la Libye a des réserves prouvées de 39 milliards de barils, le Soudan en a 563 millions, tandis que le Sahara occidental a un sous-sol très prometteur ».

Un GSPC épouvantail
La menace d'un GSPC non seulement actif en Algérie mais « étendant ses tentacules » aux confins du Sahara vers le Sud semblait donc depuis quelques années faire l'affaire de tous les pays concernés . Du côté américain, cette menace constituait un prétexte rêvé pour justifier sa présence militaire dans la région. Du côté du pouvoir algérien, elle a justifié le développement de la coopération sécuritaire avec les États-Unis : celle-ci l'a considérablement aidé à sortir de son isolement des années 1990, à s'affranchir d'une France trop impliquée dans les trafics et manipulations algériennes, mais surtout à tourner la page des « années de sang », durant lesquelles les forces de l'ordre toutes composantes confondues ont commis des crimes contre l'humanité – dont les responsables se sont vus désormais absous de facto par la première puissance mondiale, car devenus un « modèle de la lutte efficace contre le terrorisme ».

Mais alors, pourquoi le bizarre revirement depuis 2006 d'une partie de la presse algérienne face à la « menace du GSPC », à la veille d'attentats particulièrement meurtriers commis par ce dernier ? Pour répondre à cette question , il est indispensable de revenir d'abord sur la genèse de cette organisation, dont de nombreux indices concordants montrent qu'elle est en réalité un instrument du principal clan du pouvoir algérien – celui des chefs du DRS –, qui a été également le promoteur du rapprochement avec les États-Unis.

Bien sûr, cela n'exclut pas la persistance de petits groupes armés véritablement autonomes et se réclamant de l'islam pour combattre les forces de sécurité sous le « label GSPC », comme c'est sans doute le cas des « maquis » du Nord-Constantinois ou de l'Ouarsenis : même s'ils restent ultra-minoritaires, la situation sociale est si grave qu'il ne manque pas de jeunes désespérés pour choisir la lutte armée (tandis que beaucoup d'autres choisissent celle tout aussi aléatoire des harragas , les embarcations de fortune utilisées pour rejoindre l'Europe). Mais d'autres « maquis GSPC », notamment en Kabylie, s'ils attirent aussi – et de plus en plus en plus ces derniers mois – des jeunes prêts à sacrifier leur vie, semblent plutôt relever du « modèle GIA » de la fin des années 1990, où des « émirs » agents du DRS entraînaient des inconscients dans des actions terroristes contre la population. Quant au nouveau terrorisme urbain attribué au GSPC, vu l'extraordinaire prégnance du quadrillage policier, il est tout simplement inconcevable qu'il ne soit pas un instrument du DRS. Et bien d'autres éléments attestent que la transformation progressive du GSPC en « branche armée » d'Al-Qaida en Algérie (puis au Maghreb) est le fruit d'une pure construction des « services » algériens.

Selon les « sources sécuritaires » régulièrement citées par la presse algérienne (à savoir le DRS, source de fait exclusive de toutes les informations sur le « terrorisme islamiste » en Algérie), le GSPC a acquis une dimension régionale sous l'impulsion d'Amari Saifi, dit « Abderrezak El-Para », qui aurait organisé la prise d'otage des touristes européens en janvier 2003. Or, Amari Saifi, ancien parachutiste et ex-garde du corps du général Khaled Nezzar, n'avait été jusque-là actif que dans l'est du pays, dans la région de Tébessa, où le GSPC était notamment impliqué dans d'immenses trafics de contrebande et de drogue au même titre que – en collusion avec ? – de hauts responsables du DRS . À l'issue d'une cavale de vingt mois, dont près de huit avec des otages, il a été remis fin octobre 2004 aux autorités algériennes, qui depuis le maintiendraient incarcéré.

Pourtant, très curieusement, c'est « par contumace » qu'Amari Saifi a été condamné en juin 1995 à la réclusion à vie par le tribunal criminel près la cour d'Alger pour « création d'un groupe terroriste armé » . Et, de façon plus rocambolesque encore, alors qu'il était toujours sensé être détenu dans une prison algérienne, il devait être à nouveau jugé pour le même motif en mars 2007 par le même tribunal – lors d'un procès finalement reporté –, mais toujours… par contumace ! Le motif absurde officiellement avancé pour cette étonnante mascarade judiciaire était que « les procédures judiciaires engagées dans le cadre de cette affaire ont débuté avant que Aderrezak le Para ne soit remis aux autorités algériennes et, donc, considéré comme étant en fuite ». Le plus étrange dans cette affaire, c'est qu'aucun des États européens dont les ressortissants avaient été kidnappés n'a demandé son extradition ou tout au moins son audition. Lors d'une visite en Algérie en janvier 2007, le secrétaire d'État allemand à la Sécurité, August Hanning, déclarait ainsi dans une interview : « Nous ne le [Abderrezak al-Para] réclamons plus. D'après mes informations, il est entre les mains des autorités algériennes. Il est jugé et condamné pour des actes qu'il a commis en Algérie . » Propos des plus surprenants, puisque El Para n'avait pas encore été jugé pour le rapt des trente-deux touristes (dont l'une a succombé pendant sa séquestration).

Cet épisode invraisemblable n'a été relevé par aucun des grands médias français et occidentaux. Il atteste pourtant, ainsi que nombre d'autres indices , que le « Para » ne peut être qu'un agent du DRS, propulsé par ses chefs à la tête du GSPC. Les autres « figures emblématiques » de ce groupe pour le moins énigmatique sont tout aussi évocatrices : Nabil Sahraoui, « émir » supposé du GSPC jusqu'à sa neutralisation en juin 2004, aurait fait partie des éléments du GIA ayant organisé la fameuse évasion de 1 200 détenus de la prison Tazoult en mars 1994, opération réputée avoir été commanditée par le DRS à la fois pour liquider des islamistes et pour infiltrer les maquis . Selon le communiqué militaire faisant état de la mort de l'émir en juin 2004, plusieurs de ses adjoints les plus importants auraient eux aussi été tués en même temps que lui . Or, huit mois plus tard, la presse algérienne annonçait que l'un de ces lieutenants tués, Abdelmalek Droukdel, aurait été désigné comme successeur de Nabil Sahraoui à la tête du GSPC . En mai 2005, la même presse annonçait à nouveau l'élimination de Droukdel . Peu après, il était à nouveau « ressuscité » à la tête du GSPC, poste qu'il occuperait toujours à ce jour… Ce cirque médiatique, qui ne sert qu'à alimenter la confusion, rappelle évidemment les cas des « émirs nationaux » du GIA Djamel Zitouni et Antar Zouabri, eux aussi tués et ressuscités plusieurs fois selon les « sources sécuritaires » et dont on a appris depuis qu'ils étaient des agents du DRS .

Autre coïncidence remarquable : le 4 juin 2005, c'est à deux jours des manœuvres militaires « Flintlock » déjà évoquées, organisées dans le Sahel sous l'égide le l'US Army, que la caserne mauritanienne de Lemgheity, proche de la frontière avec l'Algérie, est attaquée par un commando présumé du GSPC. C'est le baptême du feu d'un certain Mokhtar Belmokhtar, présenté comme l'« émir » de la zone Sud, affilié à Al-Qaida. L'attaque du groupe armé a lieu dans la région même où, du 6 au 26 juin 2005, participeront aux exercices près de 3 000 soldats de huit pays africains, dont l'Algérie. Ce n'est certainement pas un hasard si la caserne de Lemgheity est située dans une zone censée receler d'importantes réserves de pétrole : dans le bassin de Taoudenni, les sociétés pétrolières se concurrencent pour l'obtention des droits, en particulier l'américaine Woodside et la française Total .

Selon la presse algérienne de l'époque, toutes ces opérations seraient le fait du GSPC, groupe ayant pris en 1998 la succession des GIA après s'en être distancié en raison des massacres que ceux-ci commettaient contre des civils. Il est vrai que la majorité des actions attribuées au GSPC ont été dirigées contre des patrouilles militaires, des gardes communaux ou des miliciens. Mais, tandis que médias et politiques algériens s'entendent pour annoncer régulièrement la quasi déconfiture du groupe en raison des défections et des coups portés contre lui par l'armée , c'est à partir du printemps 2006 que se répètent les annonces du ralliement du GSPC à Al-Qaida – toujours selon des « sources sécuritaires » ou selon des sites Web du GSPC, à l'authenticité invérifiable – et que des attentats spectaculaires à la bombe se multiplient contre des commissariats et des brigades de gendarmerie, mais aussi contre des cibles civiles.

C'est ce qui conduisait la revue Risques Internationaux à écrire en décembre 2006 : « Hier comme aujourd'hui, la plupart des groupes affiliés au GSPC ont été infiltrés par le DRS. Le commandement du GSPC, bien connu du DRS selon les déserteurs des services algériens, évolue sans inquiétude, surtout dans la Mitidja Est, à Mizrana, à Khemis Khechena et à Boumerdès. Longtemps, la plupart des réunions des membres influents du GSPC ont été organisées à Sid Ali Bounab, un lieu bien connu du DRS, mais rien n'a été fait pour décapiter ce groupe armé, bien au contraire. Selon l'un de nos interlocuteurs : “Ce qui se passe actuellement en Algérie, notamment la multiplication des attentats, des embuscades dirigées contre les militaires, est révélateur des objectifs et des intentions du DRS. La provocation opérée par le DRS est maintenant en route pour ramener l'Algérie aux sanglantes années 1990” . »

L'affiliation du GSPC à Al-Qaida est scellée par les propos filmés d'Ayman Adh-Dhawahiri, réputé être le numéro deux de cette dernière, qui à l'occasion du 11 septembre 2006, déclare l'union entre les deux organisations. Laquelle sera suivie, le 24 janvier 2007, de l'annonce du changement de dénomination du GSPC en « Organisation d'Al-Qaida au pays du Maghreb islamique ».

L'hégémonie des chefs du DRS ébranlée
À quelles logiques répond cette instrumentalisation d'un tel groupe terroriste par les chefs du DRS ? Avant de tenter de répondre à cette question, il est important de rappeler que, depuis les années 1980, la réalité du pouvoir en Algérie est aux mains des généraux qui contrôlent l'armée et les services secrets (Sécurité militaire, devenue DRS en 1990) et que le président et les civils du gouvernement ne constituent qu'une façade pseudo-démocratique, sans pouvoir réel. Depuis cette période, les généraux membres de cette « coupole » étaient affiliés à différents clans aux contours variables. Parfois opposés entre eux dans de sourdes luttes pour le contrôle des richesses du pays, ils n'ont toutefois jamais remis en cause leur unité, comme en a témoigné de 1992 à 1998 leur engagement sans faille dans la « sale guerre » d'« éradication de l'islamisme », conduite en réalité contre l'immense majorité de la société .

Or, et c'est là un point essentiel dont sont à juste titre convaincus la plupart des Algériens, il s'est agi d'une guerre très singulière, marquée par l'instrumentalisation de la violence islamiste par les chefs du DRS. Contrôlant dès 1995 l'essentiel des fameux GIA (grâce à des « émirs » retournés ou des agents infiltrés), ils les ont utilisés à la fois pour terroriser la population et pour adresser, par massacres de civils interposés, des « messages » à leurs adversaires au sein du pouvoir qu'ils cherchaient à affaiblir. Ce fut le cas lors des années 1996-1998 : les grands massacres perpétrés par les « groupes islamiques de l'armée » servirent alors à déstabiliser le clan du président Liamine Zéroual .

Après la démission contrainte de ce dernier, l'intensité du « terrorisme islamiste » a brutalement diminué, car les conflits internes au sein du pouvoir se sont beaucoup apaisés : de nombreux éléments indiquent en effet que le clan contrôlé par le chef du DRS, le général de corps d'armée Mohamed « Tewfik » Médiène (67 ans), et son adjoint le général-major Smaïl Lamari, l'a alors durablement emporté. À ce jour, ces deux hommes occupent toujours leur poste depuis… septembre 1990 (près de dix-sept ans !), alors que la plupart des autres chefs de l'armée ont été mis à l'écart . Et au début des années 2000, ils ont verrouillé les postes clés du DRS en y maintenant ou y plaçant leurs hommes, dont certains ont été à la pointe de la « gestion » de la torture et de la terreur au cours des années de la « sale guerre ». Pour n'en citer que quelques-uns : la DCSA (Direction centrale de la sécurité de l'armée) est désormais dirigée par le général Mhenna Djebbar, dont la terrible réputation à la tête du CTRI de Blida (principal centre de torture du DRS) de 1990 à 2001 lui permet de « tenir » les officiers de l'ANP ; le général Athmane « Bachir » Tartag, ancien chef d'un autre centre de torture, le CPMI, de 1990 à 2001, a lui aussi été promu ; et le général Rachid Laalali, alias « Attafi », dirige toujours la DDSE (Direction de la documentation et de la sécurité extérieure), chargée notamment de la gestion de l'action psychologique et de la désinformation, en Algérie comme à l'étranger.

C'est aussi sous le contrôle étroit du chef du DRS que le président Bouteflika a été « élu » en avril 1999 et « réélu » cinq ans plus tard. C'est également sous leur contrôle que s'est opérée la stratégie de rapprochement avec les États-Unis (au détriment de la France), stratégie qui a permis à ces deux généraux et à leurs affidés de réaliser de fructueuses affaires secrètes avec certains grands groupes pétroliers américains. Et ce sont aussi – rappelons-le – les convergences d'intérêts entre les deux pays en matière de lutte contre le terrorisme qui ont permis à l'Algérie de sortir de son isolement.

Mais, depuis 2006, il semble bien que cette hégémonie des généraux du « clan Tewfik » se soit fragilisée. Sur le plan interne, ils n'ont pu atteindre leur objectif d'une « sortie de crise » qui aurait permis d'instaurer durablement un nouveau mode de pouvoir et de « gouvernance sociale », leur assurant à la fois l'impunité de leurs crimes contre l'humanité commis au cours des années 1990, une relative paix sociale et la certitude de maintenir (à leur profit et à celui de leurs enfants) le pillage organisé des ressources naturelles du pays (notamment par le biais des commissions occultes sur les échanges commerciaux).

Certes, l'« autoamnistie » organisée par les textes d'application (adoptés en février 2006) de la « Charte pour la paix et la réconciliation nationale » a assuré provisoirement l'impunité des chefs de l'armée : elle a été admise sans contestation par la « communauté internationale », alors même qu'elle viole ouvertement tous les textes de droit international en la matière et la Constitution algérienne elle-même 31 . Mais cette impunité reste fragile, dès lors que des familles des victimes – à l'image des « folles de Mai » argentines – continuent à se mobiliser pour la vérité et la justice, malgré toutes les persécutions et manipulations. Quant au front social, l'échec est absolu : la dégradation des conditions de vie d'une grande majorité d'Algériens est telle que les émeutes sont devenues quasi quotidiennes depuis 2003 ; et le maintien d'un « terrorisme résiduel » du GSPC pour y faire face en terrorisant les populations ne semble plus suffire.

La stabilité économique enfin, garante des rentes de la corruption, n'est pas plus assurée : l'économie réelle est sinistrée, en dehors du secteur des hydrocarbures, où se concentrent les investissements étrangers. Et de ce point de vue – c'est là l'élément nouveau et essentiel –, l'intérêt de l'alliance stratégique avec les États-Unis pour les généraux de la coupole militaire (et leurs alliés civils), tous clans confondus, s'est nettement amoindri et celle-ci a été remise en cause.

Remise en cause de l'alliance stratégique avec les États-Unis
La première raison de ce tournant est l'explosion des prix des hydrocarbures, qui ont augmenté de façon vertigineuse les ressources de l'Algérie, laquelle dispose désormais de quelque 100 milliards de dollars de réserves de change. L'énormité de ce « gâteau » a exacerbé l'appétit des clans de la coupole : certains d'entre eux, à l'évidence liés aux réseaux de la « Françalgérie » et utilisant la figure déclinante du président Bouteflika (plus marionnette que jamais) ont commencé à contester la domination du « clan Tewfik ». Seconde raison : tous les clans ont pris en compte la nouvelle donne que représentent les débâcles américaines en Irak, en Afghanistan et au Liban, le refus de pays comme le Venezuela ou l'Iran de se plier aux règles du gendarme mondial, ainsi que la montée en puissance de la Russie et la Chine ; autant d'éléments qui montrent que la subordination à la politique américaine n'est pas nécessairement la seule option possible.

D'où, au terme de rudes débats, le revirement des « décideurs » de l'ombre, actée par le gouvernement en juillet 2006, par rapport à la « loi sur les hydrocarbures » adoptée en avril 2005. Celle-ci était considérée par nombre d'observateurs comme une véritable braderie des richesses naturelles nationales : elle prévoyait d'accorder aux grandes compagnies pétrolières, américaines en particulier, des avantages considérables, allant jusqu'à abandonner en pratique la propriété du sous-sol au plus offrant. Hocine Malti s'interrogeait alors fort justement sur l'annulation (très mal accueillie à Washington) des clauses les plus litigieuses de cette loi : « Quel a été le rôle de la mafia politico-financière dans cet embrouillamini ? Il se dit, dans les milieux d'affaires, qu'à partir du moment où la loi 05-07 garantissait aux entreprises étrangères une participation minimum de 70 % sur toute parcelle qu'elles convoiteraient, le rôle des parrains algériens, ceux qui depuis très longtemps déjà ont fait main basse sur le secteur pétrolier, ceux qui considèrent ce secteur comme leur propriété personnelle, ceux qui ne permettent la participation des sociétés lambda ou oméga que si elles viennent “cracher à leur bassinet”, ces parrains verraient leurs rôles s'amenuiser considérablement, voire disparaître totalement. Ils auraient alors, sous couvert de patriotisme économique, mené campagne pour un retour au système qui leur a permis d'introduire en Algérie telle ou telle compagnie pétrolière et accumuler ainsi des fortunes considérables . »

Et sur le plan militaire également, ces « décideurs » ont commencé à prendre leurs distances par rapport à la superpuissance mondiale. Les spéculations autour de l'aménagement officiel d'une base militaire américaine ou de l'OTAN ont ainsi été coupées court avec le refus clair du ministre des Affaires étrangères – exprimé à la radio algérienne le 3 mars et réitéré quelques jours plus tard devant le général Raymond Hénault, président du Comité militaire de l'Alliance atlantique. Cette déclaration ne contredit pas nécessairement la réalité de l'existence d'une telle base. Mais elle montre que ceux qui tirent les ficelles du gouvernement cherchent désormais majoritairement à se démarquer – au moins verbalement – d'une orientation clairement proaméricaine. Cette position concorde avec le rejet exprimé d'une intégration de l'Algérie au projet de mise en place d'un commandement général en Afrique (Africom) prévu pour septembre 2007. (L'Algérie n'aurait, selon une déclaration du ministère de la Défense, envoyé qu'un cadre supérieur de l'armée – et non pas son chef d'état-major – à la rencontre organisée début mars à Dakar par le commandement en chef des forces américaines en Europe .)

Enfin, depuis 2005, on a assisté à un spectaculaire resserrement des relations avec la Russie, redevenue sur le plan militaire, avec le dernier contrat d'achats d'armes d'un montant de 15 milliards de dollars, le premier partenaire stratégique de l'Algérie . Un scandale (non médiatisé celui-là) a par ailleurs contribué au resserrement des relations militaires avec la Russie, au détriment des États-Unis : au cours de l'été 2006, les services de renseignement militaire russes ont révélé aux chefs du DRS le trucage par les services américains des systèmes de communications sophistiqués achetés aux États-Unis par la firme Brown & Roots Condor pour le compte de l'état-major général. Selon le journaliste indépendant Madjid Laribi, qui a révélé l'affaire, ces « valises de commandement » permettant de sécuriser et contrôler toutes les communications militaires étaient en réalité « connectées en permanence sur les systèmes d'intelligence électronique américains et israéliens » !

Mais le rapprochement avec la Russie – discrètement approuvé par la France – est également manifeste sur le plan économique : les grandes compagnies pétrolières et gazières russes (Gazprom, Lukoil, Rosneft, Stroytransgaz...) ont développé (ou projettent de le faire) des partenariats avec la Sonatrach pour l'exploitation des hydrocarbures algériens, jusque-là chasse (presque) gardée des firmes américaines . Et le projet d'une « OPEP du gaz » autour d'une alliance algéro-russe a défrayé la chronique ces derniers mois (notamment lors de la réunion du Forum des pays exportateurs de gaz qui s'est tenue à Doha en avril 2007), même s'il reste encore à concrétiser .

L'exacerbation de la lutte des clans
Ce contexte explique l'exacerbation au sein du pouvoir algérien des luttes de clans pour le partage des richesses. Depuis 2006, elle s'est manifestée de nombreuses manières. En témoigne par exemple la ténébreuse « affaire Zendjabil » – restée évidemment sans suite –, qui a défrayé la chronique algéroise à l'automne 2006. À la suite de la reddition de ce « baron de la drogue » responsable d'importants trafics dans l'Oranais, on verra ainsi, chose extraordinaire, la journaliste Salima Tlemçani – réputée proche du général Tewfik et, plus récemment, du chef de la police, Ali Tounsi – mettre en cause dans El Watan l 'ancien chef de la 2 e région militaire, le puissant Kamel Abderrahmane, comme étant le véritable commanditaire de ces trafics .

Mais c'est bien le GSPC, ou du moins l'étiquette commode qu'il représente, qui a été depuis 2006 l'instrument privilégié des « messages » plus ou moins sanglants que s'adressent les différents clans du pouvoir, renouant ainsi avec les « habitudes » de gestion de crise des années 1990, sans qu'il soit toujours possible de discerner quel clan est derrière telle ou telle action – celui du général Tewfik disposant sans aucun doute d'une longueur d'avance grâce au contrôle qu'il exerce de longue date sur les « troupes » du GSPC.

Un cas exemplaire est celui de l'attentat commis le 10 décembre 2006 à Bouchaoui (près d ' Alger) contre un bus transportant des travailleurs de la société Brown Root & Condor (BRC). Le lieu (ultra-sécurisé) et les circonstances de cette attaque indiquent que ses commanditaires sont à chercher ailleurs que dans les maquis de Boumerdès (fief prétendu du GSPC). Créée en 1994, BRC est une joint-venture entre Sonatrach (51 %) et l'américaine Kellogg Brown & Root (49 %, filiale « engineering » de Halliburton), dans laquelle serait fortement impliqué le haut commandement du DRS. Elle faisait parler d'elle dans la presse depuis quelques mois par le biais de fuites orchestrées par des proches de la présidence à propos de surfacturations de ses prestations : « Elle s'est vue octroyer les plus importants projets sans soumissionner, comme le stipule la loi, à des appels d'offres. C'est ainsi que BRC s'est vu adjugé illégalement la plupart des marchés, qui ne sont pas des moindres, de la Sonatrach, de la Défense nationale, du ministère de l'Énergie et des Mines et autres projets industriels et immobiliers puisque la société en question fait tout en Algérie . »

L'attentat du 10 décembre a été revendiqué par le GSPC – qui a même diffusé sur Internet une vidéo de l'action. Mais s'agit-il bien du « vrai GSPC », celui contrôlé par les hommes du général Tewfik ? Certains journaux ont répercuté sans distance cette revendication. Mais elle a été curieusement mise en doute par d'autres, comme El Watan sous la plume de la même Salima Tlemçani : « Cet attentat a suscité de nombreuses interrogations sur les circonstances troublantes dans lesquelles il a eu lieu. L'objectif recherché à travers cette attaque est visiblement l'impact médiatique qu'elle engendrera, notamment sur le plan international. La société BRC, faut-il le rappeler, fut, cet été, au centre d'un grand scandale ayant alimenté la presse nationale. Une action en justice a été engagée, sur instruction de la présidence, au parquet de Bir Mourad Raïs. La décision a été prise après les conclusions de deux missions de contrôle, l'une de l'inspection des finances et l'autre de la cour des comptes. L'instruction judiciaire sur cette affaire se poursuit toujours, mais rien n'a filtré officiellement. Autant de raisons qui font craindre que l'attentat puisse porter l'empreinte de la mafia politico-financière . »

Conséquence de ces luttes intestines : il est depuis question de dissoudre la BRC et en mars 2007, son président aurait été inculpé d'« intelligence avec une puissance étrangère » et incarcéré à la prison militaire de Blida – sachant qu'il s'agit là d'un proche du général Tewfik, on mesure la dimension du conflit. Les tenants et les aboutissants de l'affaire BRC sont loin d'être élucidés. Mais sa médiatisation surprenante et l'attentat dont la firme a été l'objet doivent être vus comme un symptôme de la crise du pouvoir : ce bastion notoire du « clan Tewfik » n'est plus invulnérable.

C'est aussi que, aux facteurs structurels de sa fragilisation que l'on vient d'évoquer, s'en ajoute un autre plus conjoncturel, mais pas moins décisif : la maladie du président Bouteflika. Depuis son hospitalisation au Val de Grâce en novembre 2005, sa santé est fragile et sa survie incertaine. D'où la préoccupation, depuis lors, de ses mentors militaires de lui trouver un successeur à même d'assurer la crédibilité de leur façade civile, essentielle à leurs yeux. La solution est loin d'être évidente et constitue une autre source des conflits au sein des clans de la « coupole » militaire : qui sera demain la nouvelle « marionnette » à même de garantir leurs intérêts face à la communauté internationale, tout en disposant d'un semblant de crédibilité au plan interne ?

« Tout changer pour que rien de change » ?
C'est à la lumière de cette succession d'événements que doivent être analysés les attentats du 11 avril et le rôle qu'y aurait joué le GSPC. La multiplication, dans les jours qui ont suivi, de déclarations inhabituelles de certains responsables politiques et d'« articles codés » souvent contradictoires dans une presse algérienne toujours étroitement contrôlée par les différents « cercles du pouvoir » témoigne à tout le moins, par leur caractère exceptionnel, que ces attentats constituent une phase aiguë de la lutte des clans au sommet. Et qu'ils ont été commandités, pour atteindre comme à l'habitude plusieurs objectifs à la fois dans un jeu complexe de billard à moult bandes, par l'un des clans du pouvoir – très probablement par celui qui reste le plus puissant, même s'il est affaibli, celui du général Tewfik.

Premier indice de la manipulation : le rôle prétendu des trois « kamikazes » qui auraient conduit les véhicules piégés. Quelques heures après les attentats, un communiqué d'Al-Qaida au Maghreb les revendiquait et diffusait les photos de ces « kamikazes ». Mais six jours plus tard, le ministre de l'Intérieur, Yazid Zerhouni, proche de Bouteflika, déclarait : « La piste du kamikaze qui a visé notamment le Palais du gouvernement n'est pas plausible. […] Moi, je pense qu'on les a chargés d'une mission et puis on les a fait exploser pour ne laisser aucune trace . »

Il en veut pour preuve que les « kamikazes » n'auraient aucun lien avec la religion (selon la presse, cela vise surtout Merouane Boudina, responsable de l'attaque du Palais du gouvernement) et qu'un mécanisme de commande à distance aurait été trouvé dans la voiture ayant servi dans l'attentat du Palais du gouvernement (où se trouvent les bureaux du ministre Zerhouni lui-même et du chef de gouvernement Abdelaziz Belkhadem, successeur possible de Bouteflika, tous les deux directement visés ). Le second « kamikaze », Mouloud Ben Chihab, aurait été identifié comme « disparu » (sous-entendu : enlevé par le DRS) en 1995 44 . Enfin, « l'un des trois kamikazes présentés par l'organisation El-Qaïda du Maghreb islamique […] comme étant les auteurs des attentats suicides […], Abou Doudjana en l'occurrence, était un compagnon d'Amari Saifi, alias Abderrazak El Para, “émir” de la zone 9 de cette organisation terroriste 45 ». Peu de temps après, comme pour discréditer les cercles à l'origine de ces informations, l'opinion publique apprend que « des sources sécuritaires en relation avec les enquêtes sur les explosions du 11 avril dans la capitale, ont exclu l'identification des deux kamikazes qui ont fait exploser le commissariat de Bab Ezzouar ».

Le « message » délivré par toutes ces informations, peut-être exactes mais impossibles à vérifier, est en tout cas aisément décodable par les habitués du sérail algérien : c'est le DRS qui est derrière les attentats du 11 avril. Ce qui est très probablement la vérité, distillée notamment par… les chefs du DRS eux-mêmes, pour « signer » leur crime aux yeux de leurs adversaires au sein de la coupole.

Autre indice évident de la manipulation : les manifestations « populaires » organisées dans tout le pays par le pouvoir le 18 avril 2007 et annoncées dès la veille comme le fruit de « calculs politiques inavoués ». Soigneusement encadrées, en présence d'une grande partie des barons civils inféodés aux décideurs militaires, ces manifestations aux mots d'ordres convenus (« Non au terrorisme ! », « Oui à la réconciliation ! ») ont été présentées comme un hommage (empoisonné) à la « politique du président Bouteflika », objet d'une terrible « agression » de l'étranger.

Cette confusion est tout à fait typique des situations troubles de recomposition « à l'algérienne » des alliances sur fond de violences orchestrées. À maints égards, l'opération du 11 avril rappelle celle des émeutes sauvagement réprimées d'octobre 1988, fruit d'une manipulation particulièrement tordue du clan du général Larbi Belkheir pour assurer son hégémonie 48 . L'objectif de cette manœuvre, on le sait aujourd'hui, était clair : donner un « coup de pied dans la fourmilière » du système, afin de « tout changer pour que rien de change ». Elle rappelle aussi la période particulièrement douloureuse des massacres de populations civiles des années 1996-1998, qui a permis au commandement militaire de l'époque d'exclure définitivement toute solution pacifique, comme celle préconisée par les partis d'opposition réunis autour de la plate-forme de Rome de janvier 1995. Par leur retentissement médiatique, tout en sacrifiant à nouveau cyniquement des vies innocentes, les attentats du 11 avril semblent bien relever de la même logique, même si le « succès » de cette opération est loin d'être assuré, tant le « système » est à bout de souffle."

Ecrit par : Djelloul d'Oran | dimanche, 22 avril 2007

Vingt gendarmes tués dans un attentat terroriste près de Bordj Bou Arreridj

le 18/06/2009 |

Une patrouille des éléments de la gendarmerie nationale chargée d'escorte d'employés expatriés Chinois a été décimée dans un attentat terroriste perpétré par un important groupe armé, mercredi 17 juin en début de soirée sur la RN 5 près de Bordj Bou Arreridj, ont indiqué des sources sécuritaires locales à www.tsa-algerie.com.

La patrouille, constituée de six véhicules devant sécuriser l'itinéraire emprunté par un convoi de travailleurs Chinois qui intervenaient sur l'un des chantiers de l'autoroute est-ouest, est tombée dans une embuscade à l'explosif au lieu dit Oued Mehier près de la commune de Mansoura avant 20 heures. L'explosion d'au moins deux bombes a été suivie de feux nourris par les terroristes embusqués aux abords de la route. Bilan de l'attaque : 20 gendarmes tués sur le coup et 05 autres blessés.
Les assaillants ont emporté les armes et les effets vestimentaires des victimes avant de prendre la fuite vers une direction inconnue. Aucune perte n'a été enregistrée parmi les ouvriers Chinois. L'attaque est la plus meurtrière depuis l'attentat contre l'école supérieure de la gendarmerie nationale des Issers perpétré en aout 2008.

Ecrit par : Chebba el bouhalia | dimanche, 21 juin 2009

المتمردون يقتلون 24 من قوات الامن الجزائرية

الجزائر - رويترز
18/6/2009
قُتل 24 من قوات الامن الجزائرية على ايدي متمردين نصبوا كمينا استهدف قافلتهم في وقت متأخر الاربعاء.

وذكرت صحيفة محلية الخميس ان ذلك هو أكبر عدد للقتلى خلال هجوم واحد منذ شهور في الجزائر حيث تحارب الحكومة تمردا متحالفا مع تنظيم القاعدة.

وقال سكان محليون ان الهجوم وقع حوالي 08.00 مساء بين بلدة المهير والمنصورة الواقعة بولاية برج بوعريريج التي تبعد حوالي 180 كيلومترا شرقي العاصمة.

واكدت صحيفة الشروق ان المهاجمين استهدفوا القافلة في البداية بقنبلتين تقليديتين ثم فتحوا النار عليها، وغادر المتمردون حاملين معهم الاسلحة والعتاد و6 سيارات للشرطة.

وذكر تقرير الصحيفة، أن عناصر الشرطة التي وقع عليها الهجوم كانت مكلفة بحراسة مجموعة من عمال البناء الصينيين يعملون في رصف طريق يربط بين شرقي الجزائر وغربها.

وفي حوادث سابقه قتل المتمردون 5 من عناصر الشرطة أواخر مايو/أيار، وقتلوا ايضا 9 جنود آخرين بعدها بحوالي اسبوع واحد، وفي بداية هذا الشهر قتل تنظيم القاعدة في بلاد المغرب البريطاني ادوين داير الذي كانت الجماعة تحتفظ به كرهينة في دولة مالي المجاورة.

جدير بالذكر ان الجزائر وهي أحد أكبر منتجي النفط والغاز في شمال أفريقيا، تعاني منذ عقدين من الزمان بسبب المتمردين الذين أصبحوا يعملون الان تحت راية تنظيم القاعدة في بلاد المغرب الاسلامي.

وانخفض عدد الهجمات عموما لكن الاسابيع القليلة الاخيرة شهدت ارتفاعا في معدل العنف.

Ecrit par : الإرهاب ما زال يحصد الأرواح | dimanche, 21 juin 2009

الرئيس بوتفليقة وجنيرالاته لم ينجحوا في القضاء على العصابات الإرهابية التي تبث الرعب في الجزائر الحبيبة المكلومة منذ عقود

نسأل الله أن يخلص الشعب الجزائري من النظام العسكري البوتفليقي ومن العصابات الإرهابية الظلامية

Ecrit par : قادر عبد الرحيم | dimanche, 21 juin 2009

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