dimanche, 07 août 2005

Abou Chouaib Doukkali : le traditionalisme rénové

Abou Chouaïb Doukkali Ben Abderrahmane Seddiki Doukkali naquit le 20 octobre 1878 dans le village d'Oulad Amrou Al Gharbia, situé à 30 Kilomètres de la localité d'Al Gharbia, connue auparavant sous le nom de Mechtraya, dans la région des Doukkala. C'est là qu'il fut élevé et reçut une éducation alliant études et travail des champs. Son premier maître fut son oncle Mohamed Ben Abdelaziz Doukkali; il reçut ensuite les leçons de l'oncle de son père Abderrahmane et, enfin, de son cousin Tahar Ben Kaddour Al Gharbi Doukkali.
Dans les livres des écrivains les plus réputés de l'époque, il apprit l'écriture et la lecture. Il apprit également le Coran et se perfectionna dans ses sept lectures sous la férule de son maître Mohamed Ben Lamaachi, ami de la famille Seddiki.
De nombreux historiens rapportent que, dès sa jeunesse, Abou Chouaïb avait de grandes facilités d'apprentissage. Ainsi, en 1891, âgé de treize ans seulement, remporta-t-il un concours scientifique organisé par
le Palais Royal sur l'ordre de Sa Majesté Moulay Hassan 1er.

Assiduité

Les organisateurs furent surpris, non seulement de sa grande maîtrise du Coran, mais également de sa parfaite connaissance des règles de la grammaire et de la syntaxe. Le Souverain le convia au Palais, ordonna qu'on le récompensât pour son savoir et le nomma à la célèbre Université Qaraouiyine, avec appointements mensuels.
Animé de la soif du savoir et du désir de parfaire sa culture, Abou Chouaïb partit pour l'Orient et fut le disciple des grands savants d'Al Azhar, de la Mecque et de Médine.
Ceux-ci le récompensèrent pour son assiduité et ses remarquables aptitudes à l'étude. D'autres sociétés savantes du Yémen, d'Irak et d'Inde lui attribuèrent également des récompenses.
Ses mérites furent tellement appréciés qu'on lui attribua une chaire à l'Université d'Al Azhar, alors qu'il n'avait pas atteint 20 ans. Il fut même invité à prononcer le prêche à la Mecque, après avoir remporté le premier prix d'un grand concours organisé par Al Azhar.

Bienfaits

Lors de son séjour au Hijaz, il établit de nombreux contacts avec les savants et les dignitaires de cette contrée et noua d'étroites relations avec les princes de ces pays.
En 1907, onze ans après son départ pour l'Orient, Abou Chouaïb retourna au Maroc. Il avait alors 29 ans. Convaincu de la qualité et de l'étendue de son savoir, le Sultan Moulay Abdelhafid le convia à son Palais, l'entoura de ses bienfaits et le nomma juriste à Marrakech et Président du Conseil scientifique de la ville de Fès. Il l'autorisa également à assurer des cours dans différentes villes du Royaume, particulièrement Rabat, Fès et Marrakech.
Abou Chouaïb bénéficia des mêmes privilèges sous les règnes de Moulay Youssef et de Mohammed V. En sa qualité d'homme de droit, il fut nommé ministre de la Justice et Président de la Cour d'Appel de Rabat. Il conserva parallèlement ses fonctions d'enseignant.
Le nom d'Abou Chouaïb Doukkali est lié également à la propagation de la doctrine de la Salafiya dans la pensée marocaine.
L'importance du rôle qu'il a joué est en étroite relation avec sa fonction d'éducateur. Il enseigna en effet le Fikh - en général - et le Hadith et le Tafsir en particulier.

Vecteur de transmission

L'objectif de son enseignement fut d'approfondir l'explication du Coran et de la Sounna, qu'il considérait comme la base de tout comportement.
Tenant de la Salafiya, il préconisait de s'appuyer sur la tradition religieuse. Il rejetait ainsi tout ce qui s'écartait de la religion, de même que les agissements, les traditions et coutumes ne relevant pas de l'Islam et toute action susceptible de lui être préjudiciable.
En l'absence de tout autre moyen de communication, l'enseignement fut pour Abou Chouaïb Doukkali le vecteur privilégié de transmission de ses idées. Ses prêches dans les écoles coraniques, les mosquées et les zaouias lui fournirent l'occasion de répandre sa doctrine.
L'étendue de ses connaissances, son ouverture sur les autres courants de pensée au Maroc et l'encouragement du Makhzen lui permirent de mener à
bien sa mission de réformateur.
Ses conceptions, défendant un traditionalisme rénové, trouvèrent un grand écho auprès des Marocains de toutes catégories sociales et intellectuelles. Ses disciples l'aidèrent à mener à bien sa tâche à un moment où le Maroc était sous domination coloniale. Ils édifièrent des institutions d'enseignement moderne, reposant sur la doctrine nouvelle de la Salafiya et prirent part à diverses actions du mouvement national de libération.

Nouveaux horizons

Loin de se limiter à ce domaine politique, l'école d'Abou Chouaïb Doukkali ouvrit de nouveaux horizons à la pensée marocaine, malgré l'atmosphère de stagnation intellectuelle caractérisant les années 20 de ce siècle.
Ce génie réformateur passa toute sa vie au service de sa patrie. La liberté de son pays fut l'une de ses préoccupations primordiales; il ne cessa de la défendre en toutes occasions.
Pendant la maladie qui devait l'emporter, il fut honoré de la visite que lui rendit feu Sa Majesté Mohammed V. Il s'éteignit à Rabat le 17 juillet 1937 (correspondant à l'année 1356 de l'Hégire). Il repose dans cette ville, face à Dar Achraf Ouezzan, boulevard Sidi Fath.

Texte tiré du site de l'université Chouaïb Doukkali

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Commentaires

akhi Al-Maghribi, innaho lacharaf kabir li doukkala kolliha ane tatafaddala bita9dime fi had alminbar alghayour 3ala watanih, al3allama ABOU CHOUAÏB DOUKKALI.
Innaha kanate li moufajaâtou sororine wa bahjatine ane takouna hadihi mounassabatane lili ytila3i 3ala 7ayat hada arrajoul wa ma asdaaho lil3ilmi wali watanihi maa bayna addouwali alislaamiyati wal ajnabiati.
falaka jaziilo achoukri wal imtinaani wa baaraka ALLAHO fi tafaddolika bihada al3amali aljalili.

Ecrit par : a7med addoukkali | dimanche, 07 août 2005

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