mercredi, 20 avril 2005

Colloque : "Maroc- Algérie : histoire croisée, histoire forcée"



Voilà une bonne nouvelle ! Après plusieurs années de brouilles et de guerre froide entre l'Algérie et le Maroc, les relations reprennent. Mais on ne peut pas faire l'économie de réflexions pour comprendre le blocage énorme et les incompréhensions accumulées depuis des années. C'est ce que propose l'Institut des Hautes Etudes du Management (IHEM) à Rabat, le 29 avril 2005.
Voici l'annonce parue dans le Matin du sahara. Bonne lecture.

Débat à Rabat sur les relations entre le Maroc et l'Algérie
Se pencher sur la situation des rapports entre le Maroc et l'Algérie est un exercice on ne peut plus utile aujourd'hui. Les signes d'apaisement perceptibles dans les relations entre les deux pays font, certes, entrevoir l'espoir pour un avenir meilleur entre les deux Etats voisins, mais les choses sont plus compliquées qu'il n'y paraît. Ainsi, lorsque le Maroc avait annoncé, le 30 juillet 2004 la suppression du visa pour les ressortissants algériens désirant se rendre au Maroc, la réciproque n'a été possible qu'en ce début du mois d'avril 2005. Il a fallut près d'une année aux autorités algériennes pour accepter de serrer la main tendue par le Maroc.

L'histoire des relations entre Rabat et Alger est ainsi faite de ratées et de rendez-vous manqués. Une histoire que l'Institut des hautes études en management aura décidé de décortiquer et de mettre en perspective.

C'est l'objet du colloque qu'organise l'institut le 29 avril prochain à Rabat sous l'intitulé évocateur : "Maroc- Algérie : histoire croisée, histoire forcée". Historiens, politologues, sociologues et journalistes sont conviés à débattre de ce thème. Trois interrogations fondamentales sont soulignées en toile de fond de ce débat prometteur.

L'affaire du Sahara constitue-t-elle le fond du désaccord entre le Maroc et l'Algérie ? Les autres pays membre de l'UMA n'ont-ils pas un rôle à jouer dans les résolutions de ces différends ? L'instauration de la démocratie dans les deux pays n'aidera-t-elle pas à aplanir les différends ? Des questions à méditer. L'avenir des relations entre le Maroc et l'Algérie engage celui de toute la région.

Le projet de l'Union maghrébine n'échoppe-t-il pas essentiellement sur les relations difficiles entre le Maroc et l'Algérie. Chacun des cinq pays du Maghreb évoque l'UMA comme l'unique voie de salut face à la mondialisation. Tous sont pareillement convaincu que le retour à la normale dans les relations entre Rabat et Alger est seul à même de remettre sur les rails le train de l'Union. La question soulevée par les initiateurs du débat prévu à Rabat paraît ainsi judicieuse. Ne faut-il pas en effet forcer l'Histoire entre les deux pays ?



source :
le matin, 19 avril 2005

00:10 Ecrit par Maroc pluriel dans Maghreb | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://marocpluriel.hautetfort.com/trackback/97936

Commentaires

Boumedienne ou pas boumedienne le peuple sahraoui a droit à l'autodetermination

Ecrit par : hassan | vendredi, 03 juin 2005

hassan ! Si on suit ton raisonnement, c'est la balkanisation de la région ! Les Touaregues, les kabyles, les chaouis aussi peuvent demander l'autodetermination ! et il n'y aura plus ni Algérie ni Maroc ! Tout va foutre le camps comme l'ex- yougoslavie ! allah yehdik

Ecrit par : dz | vendredi, 03 juin 2005

La communication ou le pire : et si l’on parlait vrai!

Ce n’est un mystère pour personne, les relations ne cessent de se détériorer entre Rabat et Alger, dès lors que chaque partie campe sur ses positions d’hier sans pouvoir affronter l’autre dans une posture décisive. Une des raisons de cet état de choses, le manque de communication et d’échanges francs et sincères sur tous les dossiers qui fâchent dont la question saharienne n’est que l’aspect visible. Les relations bilatérales n’ont à vrai dire jamais été débattues avec courage et loyauté, depuis l’accession de l’Algérie à l’indépendance en juillet 1962, et la volte-face de Ben Bella à l’encontre des intérêts marocains, et la récupération de ses terres spoliées sous la longue occupation française.

L’Histoire, dit-on, permet de comprendre la géographie, mais un simple regard sur la carte algérienne renseigne à l’évidence sur l’abîme qui sépare les deux pays, en particulier le caractère factice de ce tracé qui scinde un seul peuple de part et d’autre. Faut-il reposer la question des frontières sans faire grincer les dents?

Je crois que la question du non-dit nous pèse très lourd de part et d’autre. L’Algérie a hérité des trois quarts d’un territoire que la France a mis du temps pour confisquer au Maroc, au Niger, et même à la Libye et la Tunisie ; ce fut durant la longue période où l’Algérie était un département français ! Dire que l’OUA a adopté par la suite le principe de l’intangibilité des frontières, est un argument court, d’autant plus court que le Maroc a émis des réserves sur cette disposition du traité, avant de claquer la porte de cette organisation panafricaine.

Ce n’est un secret pour personne que dès le retrait de la France coloniale de l’Algérie, le gouvernement marocain a échoué dans ses tentatives de récupérer ses territoires dépouillés par la France (certes temporairement, et officiellement pour couper la résistance algérienne de ses bases logistiques dans l’Oriental marocain). Sur insistance des leaders de la résistance algérienne, il a été instamment demandé aux Marocains de ne pas engager des négociations sur les territoires du Sahara central avec la France, car cela retarderait inévitablement son accès à l’indépendance. Le Maroc a joué le jeu des sentiments et il le paie chèrement aujourd’hui. Et dire que le Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA) dignement représenté par Ferhat Abbès, s’était officiellement engagé à respecter le principe de restitution des territoires marocains après l’indépendance du pays !

Le fait que l’Algérie, depuis près de trente ans, contre vents et marées, fait de la question du Sahara un cheval de Troie pour courber l’échine à cette vieille monarchie de l’Ouest, en dit long sur les frustrations, les animosités et remontrances que le pouvoir algérien emmagasine à l’endroit du Maroc et des Marocains.

Entre Rabat et Alger, il y a un lourd passif, une discorde et comble de tout, un déficit de communication qui s’est alourdi au fil des ans, créant un fossé qu’il faille un jour combler par le dialogue, sinon il y a fort à craindre que ce ne soit par d’autres moyens. Les rapports entre ces deux pays voisins relève parfois, plus du registre de la psychanalyse que de l’Histoire ou de la géostratégie. Quand Bouteflika a affirmé lors de son dernier déplacement en Afrique du Sud, qu’il ne «ferait jamais la guerre au Maroc», que faut-il en déduire ? C’est comme si l’état de belligérance était imminent, car s’il n’est pas à la dérive, le bateau algérien est enivré, et il appartient au Maroc de prendre les mesures qui s’imposent pour défendre le peuple et le territoire, contre toute agression probable et désormais potentielle…

Il faut être crédule pour ne pas se rendre à l’évidence, une réalité malheureuse et qui fait tressaillir ; il y a comme une guerre en moins entre l’Algérie et le Maroc !
Une accumulation de mésententes à travers les âges depuis l’ère des Almoravides dont les manuels scolaires escamotent jusqu’à l’origine, alors qu’il y a tout lieu de célébrer ce passé glorieux commun à l’ensemble des peuples maghrébins ; et du Maroc, et de l’Algérie et de la Tunisie.

Il serait fastidieux de remonter aux Fatimides, mais la chronique diplomatique contemporaine suffit à déblayer certains des éléments qui fondent la politique anti-marocaine de l’Algérie. Loin d’être exhaustifs, commençons par les plus reculés et remontons le temps d’un siècle.

- Le soutien massif et inconditionnel du peuple marocain et du Makhzen sultanien à l’Emir Abdelkader nous a coûté la défaite d’Isly et la chute d’Oujda. Des milliers de morts, et une première humiliation face à une armée suréquipée (armes lourdes, canon tractés, etc) face à une troupe de cavaliers essentiellement armés de Bouchfer. Il se trouve aujourd’hui des esprits chagrins qui crient à la trahison ; le Maroc aurait lâché les Algériens quand ils étaient en guerre contre l’occupant!

- Vient ensuite la neutralité que le Maroc a observée (devait-il en être ainsi…) durant la période trouble de la fin des années 50, vis-à-vis de l’imbroglio des longues années de résistance algérienne (UCRA, GPRA, MNA et FLN), notamment les opérations de purge menées par le FLN contre les autres mouvements (et dont beaucoup de maquisards marocains ont été victimes). Par respect à ses «frères» dans l’épreuve, il s’est empêché d’intervenir dans «les règlements de compte» dont il ne saisissait pas l’ampleur à cette époque.

- Le détournement de l’avion transportant les cinq dirigeants historiques à son départ de Rabat (le Maroc n’avait pas encore de compagnie nationale) et leur emprisonnement en France, a été interprétée par des esprits malintentionnés, comme une connivence du Maroc avec la puissance coloniale. Cela nous a valu une brouille malvenue avec la France, et nous a coûté cher en termes d’investissements et de réformes politiques.

- Et, enfin l’appui imprudent du Maroc officiel à Ben Bella, au mépris de la France et du Général De Gaulle, tout cela semble avoir eu dans les rangs du FLN, des réactions inverses que les dirigeants marocains de l’époque n’avaient pas vu venir. Une position de principe qui continue, semble-t-il, d’agiter des esprits, si bien que les acteurs de cette époque sont en vie et à l’œuvre…
Les relations entre le Maroc et l’Algérie ont donc été fondées sur des «non-dits» qui meublent la conscience des responsables de part et d’autre, souffrant d’un débat franc et courageux, pour évacuer les rancœurs. D’un côté, le Maroc croit n’avoir rien à se reprocher en ayant sacrifié ce qu’il a pu et adopté une attitude exemplaire avec «les frères» tout au long de leur combat pour l’émancipation. Bien plus, il ne comprend pas les racines de la haine, de l’intrigue des dirigeants algériens à son égard.

De l’autre, l’Algérie qui a épousé le modèle nassérien à ses débuts, découvre la joie de constituer un Etat, enfin libre, adoptant la «révolution» comme mode de refonte de l’ordre mondial, voit en le Maroc une relique du passé, un voisin qui lui a constamment fait de l’ombre, même en gardant le profil bas.

Issue d’un processus sanglant de décolonisation, l’Algérie indépendante a subitement découvert qu’elle était devenue riche, qu’elle possédait désormais un vaste territoire et une manne pétrolière qu’elle n’a jamais espérée !

Côté marocain, l’émancipation algérienne tant chantée par nos parents s’est finalement réalisée aux dépens de nos propres intérêts. La «guerre des sables» dont on rejette souvent la responsabilité sur le Maroc, est d’abord une réaction à l’agression algérienne contre Hassi Baïda. Ce conflit a été l’annonciateur d’une politique étrangère depuis lors, tournée contre le Maroc et son régime politique réduit de manière inique à la seule personne du Roi Hassan II, alors que la question de la terre demeure aujourd’hui plus qu’hier une affaire de tous les Marocains.

La mission de l’Algérie à son indépendance, comme l’a déclaré en 2004 Ben Bella sur une chaîne arabe, était de faire mobiliser le Tiers-monde contre les forces impérialistes qui détiennent et les ressources et la science et la technologie. Inutile de rappeler que dans ce cas de figure, ni les Marocains ni les Tunisiens, taxés alliés de l’Occident et «valets» de l’impérialisme, n’avaient de place et encore moins de rôle à jouer. Première initiative de Ben Bella arrivé au sommet de l’Etat fut de renier les accords passés avec le Maroc, étape décisive sur le chemin de la discorde que plus rien n’entravait. Depuis cette embrouille réglée à l’africaine, le Maroc a fait toutes les concessions pour calmer l’ardeur des nouveaux voisins. Une attitude pacifique souvent comprise –à tort ou à raison- comme une faiblesse.

Sur le plan interne, le régime a resserré l’étau autour de l’opposition dont une partie d’ailleurs, trouva naturellement refuge en Algérie, confortant les nouveaux maîtres dans leur sentiment de «libérateurs». Après Bamako, les clauses de l’accord de règlement du différend frontalier se sont peu à peu dissipées dans la chaleur du désert, et quand éclata l’affaire du Sahara en 1974, Alger y a vu l’occasion rêvée d’enfoncer le clou dans le cercueil d’un régime moribond !

Tout au long de ce conflit, le Maroc a souvent adopté une position défensive, même lorsque la légalité était de son côté comme se fut le cas lors de la bataille d’Amgala qui a vu l’implication effective et directe de l’armée algérienne (l’Etat marocain n’a-t-il pas parlé de droit de suite !)
Les autorités algériennes se sont d’autant habituées à cette attitude «molle» de leur voisin qu’elles croient que le pays est dévasté par «vingt ans de guerre», croupissant sous la poigne de fer d’un régime despotique, bref un pays au bord de la déchéance…

Entre le mythe et la réalité, il y a un imaginaire figé que conservent invariablement les dirigeants algériens, et qui peut se résumer en une série de clichés particulièrement chez les vieux officiers de l’armée et les commis de l’Etat, curieusement encore aux commandes : l’Algérie est une république démocratique et prospère, alors que le Maroc est une monarchie autocratique et indigente ! Nous savons, hélas, que les médias algériens, même ceux dits indépendants, se complaisent à entretenir cette image au mépris de la réalité. Mais, par-delà les clivages idéologiques et culturels, le Maroc paie à présent les incohérences du passé, il paie le prix des erreurs dont il faut à présent se départir, impérativement. Et, dire que le Maroc avait les atouts entre les mains, et qu’il en a simplement fait mauvais usage!

Un bref rappel de situations historiques s’impose pour replacer la réalité des faits dans leur contexte. Un rappel qui nous fait sentir que pour régler l’affaire du Sahara marocain, il faut sérieusement revenir sur la question du Sahara central (le Touat). C’est par l’Est que l’on sauvegardera le Sud. Et c’est par la diplomatie active que l’on évitera la guerre, sachant que l’équation est transitive.
Quand le Maroc soutenait l’intégrité territoriale algérienne…
A la fin des années cinquante du siècle dernier, la France a sérieusement œuvré pour la création d’un Etat indépendant au Sahara au Sud de l’Algérie, un territoire que la France considérait comme «res nullius» et donc ne faisant pas partie de l’Algérie historique, située au-delà des Aurès.

Déjà en 1951, des projets ont porté sur cet espace allant de Hassi R’mel au Nord et Tindouf à l’Ouest, jusqu’à la frontière tunisienne et tout le long de la frontière libyenne, avec au Sud des portions importantes des territoires nigériens. Plusieurs noms furent donnés à ce territoire : «Afrique saharienne française», «Département au-delà des monts», «Territoire du Sahara français». La France a finalement adopté en janvier 1957, la création de «l’Organisation Commune des Régions Sahariennes -(OCRS)». L’idée a tellement mûri que le Général De Gaulle s’en est saisi officiellement et conditionné sa réalisation à l’approbation du Maroc et de la Tunisie. De l’avis des experts de l’époque, cet Etat était réellement viable, d’autant qu’il était multiracial et pluriculturel (Zenaga, Berbères, Touaregs, Arabes et Africains), et de surcroît, cet Etat riche en ressources minières et pétrolifères, devait faciliter l’intégration maghrébine, étant donné que tous les Etats de la région étaient concernés par sa création, y compris l’Algérie. Vu sous cet angle, et avec le recul, cette idée pour stratégique qu’elle fût, n’était pas si mauvaise en fin de compte !

Le Maroc, comme la Tunisie d’ailleurs, a catégoriquement rejeté cette proposition, et à la demande insistante des représentants du Gouvernement provisoire algérien, craignant plus que tout le report sine die de l’indépendance, Hassan II a dit Non au général De Gaulle. Le peuple marocain et la monarchie ont été solidaires de l’Algérie combattante pour son indépendance, sa dignité et son intégrité… Le Maroc a ainsi soutenu «l’intégrité territoriale» de l’Algérie avant même sa reconnaissance juridique, il ignorait que ses «chers» voisins de l’Est allaient d’abord phagocyter ses territoires et s’opposer ensuite avec insolence, au parachèvement de l’intégrité territoriale marocaine, douze ans seulement après leur indépendance!
Le Maroc choisit le camp du GPRA plutôt que celui de la France !
Lorsque la résistance algérienne a atteint son summum et que les négociations d’indépendance allaient s’ouvrir sous peu, le gouvernement français a officiellement demandé au Maroc la tenue de réunions tendant à apurer le dossier des frontières que la France n’a cessé de grignoter depuis la défaite de la bataille d’Isly, premier tribut payé pour le soutien de l’Emir Abdelkader. Les délégations algériennes se sont succédé à Rabat, demandant toutes, le report de la question des frontières et du tracé frontalier après l’indépendance effective de l’Algérie. Tout le monde se rappelle la position noble et combien risquée de Feu Mohammed V : la question des frontières sera traitée avec «nos frères» après leur indépendance. Cette position a été formellement confirmée par Hassan II en 1961, lorsque Couve De Murville a cherché dans une ultime tentative d’ouvrir les négociations avec l’ambassade du Maroc à Paris. Le Maroc, avec l’assentiment de toute l’élite de l’époque (Allal Fassi …), s’est contenté d’un simple accord signé le 6 juillet 1961 avec Ferhat AbbèAutres chroniques :

Les enseignements d’une consultation historique

au nom du GPRA, qui reconnaît les droits du Maroc sur ses territoires. Nous savons depuis, ce qu’il est advenu de Ferhat Abbès, de Messali Hadj et même du jeune Mohamed Khmisti, premier à occuper le poste de ministre algérien des Affaires étrangères, assassiné dans des conditions obscures en 1963, mais dont la disparition ouvrit la voie au jeune Abdelaziz Bouteflika!

De la coopération avortée à la guerre ouverte
A la suite de l’agression algérienne contre le poste-frontière de Hassi Baïda (tuant 15 mokhaznis et un vieux comptable français venu leur distribuer la solde), le Maroc a légitimement donné la réplique en récupérant une portion de la région de Tindouf. Pourtant, il n’y a pas un seul officiel algérien qui se rappelle cet épisode malheureux qui fait de l’Algérie le pays agresseur et non la victime de «l’expansionnisme marocain» comme se plaît à le dire Bouteflika! L’Algérie a si bien communiqué sur le dossier qu’il se trouve même parmi les Marocains qui ignorent l’origine de ce conflit regrettable. Au sommet de Bamako du 30 octobre 1963, et avec une facilité déconcertante au regard d’aujourd’hui, le Maroc a volontairement renoncé aux territoires conquis et accepté la médiation africaine qui prévoit l’ouverture de négociations pour le règlement des différends en suspens entre le Maroc et l’Algérie. Nous connaissons ce qu’il est advenu de ces négociations, de l’Afrique, de ses sages et de ses institutions!

Le temps des concessions en cascade

Sur le plan interne, cette fois-ci, quand le régime s’était isolé des forces politiques nationalistes après les procès de 1963 et les événements de 1965, période difficile qui a préparé les deux coups d’Etat manqués. Alors que le Maroc récupérait la région de Sidi Ifni, Hassan II a ouvert un dialogue avec l’Algérie pour régler le différend frontalier, et a rencontré Boumediene, le 14 janvier 1968 à Fès, le 27 mai 1970 à Tlemcen, le 13 septembre 1970 à Nouadhibou. Des rencontres sous le signe des retrouvailles dans lesquelles on ne peut s’empêcher de penser que leur objet était également d’éloigner définitivement les dirigeants algériens des opposants marocains en exil, de mettre un terme à la propagande des médias (qui faisait rage à Alger et Tripoli) et de couper la route aux mouvements radicaux d’extrême gauche. Rien de tout cela. L’Algérie a soutenu illico les putschistes de 1971 et 1972, et a été manifestement derrière l’aventure infortunée de Moulay Bou’azza. Depuis 1974, après que la Libye ait servi d’éprouvette au mouvement Polisario, l’Algérie héberge, arme et entraîne, symboliquement à Tindouf, d’autres marocains (devenus séparatistes) pour d’autres raisons, autrement plus décisives dans son combat contre le Maroc.
Guerre ou paix? Le Maroc qui a subi vaillamment les affres d’agressions répétées, a été pacifique, jusque-là. Certes, le dialogue devra continuer à prévaloir, mais c’est à se demander de quoi nos voisins voudraient-ils discuter! Du Sahara, de la coopération bilatérale, du Grand Maghreb? Pourquoi pas à condition de commencer par les frontières méridionales?

Je ne saurais le dire autrement, mais l’Algérie ne veut pas du Maghreb, parce qu’elle croit que cette «union de dupes» ne lui apportera rien, Alger étant le seul pays de la région qui a d’importantes ressources en gaz et hydrocarbures, et donc en pétrodollars. Ni la Tunisie ni le Maroc n’intéressent les politiques algériens qui voient en eux, en plus du mépris du faux riche, deux pays ayant tout au plus, des cadres à enrôler (à se demander où depuis le fiasco de M. Abdeslam Belaïd) et de la main-d’œuvre à servir leur machine de production nationale, il est vrai aujourd’hui en panne.

Du Sahara? Laquelle des Saharas? Courtois comme à l’accoutumée, le Maroc ne lui rappellera pas le fait que les populations sahraouies, amassées dans les camps de Tindouf, ont été extirpées il y a trente ans à leurs foyers, entre 1973 et 1977, dans des opérations de rapts collectifs (rares sont les éléments qui sont partis de leur propre chef), organisés et exécutés sous supervision de l’armée algérienne (et dont le Maroc a des preuves irréfutables). Fidèle à l’Histoire, le Maroc ne dénoncera pas de sitôt des accords appartenant à l’âge où l’opposition marocaine était bâillonnée, les institutions constitutionnelles en friche, lorsque Boumediene a profité d’un moment de faiblesse pour sceller la plus grande escroquerie territoriale du siècle. Le Maroc se gardera de défendre le principe de changement fondamental de circonstances, principe général s’il en est du droit des gens, pour demander l’ouverture de négociations ou de compensation! Alors discuter de quoi, sinon prendre la mesure du fossé qui nous sépare, et se tenir prêt à empêcher que l’Histoire ne se répète… en drame!

Najib MOUHTADI
libération 3 juin 2005

Ecrit par : mohand | samedi, 04 juin 2005

Arrêtez de vous masturber l'esprit. L'Algérie ne veut rien. Contrairement à vous, du fait de la propagande royale, les algériens ne se réveillent pas chaque matin en pensant au voisin. Votre pays évoque, pour nous, tout juste une destination touristique, et encore, disons le franchement, un peu spéciale. Le régime Mokhazni a absolument besoin de développer le syndrome de l'ennemi de l'extérieur pour faire oublier le marasme économique, la pauvreté, la prostitution à grande échelle, les traffics en tous genres et, bien sûr, l'inévitable menace intégriste.

Regardez autour de vous, au nord vous dites avoir un ennemi, l'espagne (qu'attendez vous pour organiser une marche verte sur Ceuta et Melilia, des millions d'algériens vous y accompagneront), à l'est également et au sud le polisario, un autre ennemi. Heureusement qu'à l'ouest il n'y a que des bancs de poissons que vos généraux pillent ouvertement avec la bénédiction royale.
Alors faîtes la paix avec les sahraouis ou faîtes leur la guerre si vous en avez les moyens et, de grâce, laissez nous tranquilles.

Ecrit par : Farid El Djazairi | dimanche, 05 juin 2005

Non ! Farid ! sans l'Algérie, le polisario n'existerait même pas ! c'est une création des généraux algériens, qui rêvent encore à avoir un couloir vers l'Altlantique pour basarder le gaz à mondre frais au niveau transport. Ils ont herité d'une vision géopolitique du temps de la mégalomanie boumedieniste qui veut jouer le leader de la région au détriment de ses voisins. Il est temps de se s débarraser de ce cancer que les généraux d'Alger ont créé et continuent encore à l'entretenir militairement, diplomatiquement et politiquement.

Ecrit par : maghribi | dimanche, 05 juin 2005

A tous les frères algériens. Nous les marocains, on a rien rien contre le peuple algérien qui est notre frère. Notre probleme est avec les militaires algériens qui ont une politique de haine et de division. Ils ont créé le polisario pour nuire au Maroc. Le peuple algérien doit dire son mot et faire pression sur les dirigeants algériens qui sont en train de precipiter toute la région encore dans une guerre dont nous n'vons pas besoin. Le pouvoir algérien est en train de jouer avec le feu ! soyons vigilants ! ca peut dégenrer à tout moment.

Ecrit par : ghandour | dimanche, 05 juin 2005

Vous continuez à fantasmer sur les généraux algériens comme si chez vous, vos généraux et autres supletifs du régime étaient des enfants de choeur. Laissez moi vous dire que, contrairement aux idées reçues et aux clichés véhiculés çi et là, les généraux algériens ne décident pas de la politique extérieure de l'Algérie. Ils participent, à l'instar de tous les chefs militaires du monde, à la définition de cette politique, mais ils n'en sont pas les maîtres. Savez vous au moins combien de généraux et haut gradés ont quitté (par démission ou limogeage surtout) les rangs de l'armée au cours des 10 dernières années? Vous feignez d'oublier que depuis près de 10 ans celui qui souhaite présider aux destinées de l'Algérie doit passer par les urnes et ce, dans le cadre d'élections pluralistes. Nous n'avons pas de Sidna héréditaire. Sachez que l'Algérie, quoi qu'on en dise et malgrè certains problèmes et insuffisances démocratiques, n'est pas une dictature militaire, nous sommes le seul pays arabe et l'un des rares au monde qui a encore 04 anciens présidents bel et bien vivants, tranquillement dans leur pays et non pas en exil. Vous ne pouvez même pas dire la même chose, ne serait ce que pour vos ministres de l'intérieur.
Encore une fois, regardez bien la réalité en face et non pas ce que raconte votre presse complètement pourrie et inféodée exception faîte pour des medias tels que le Journal et Telquel

Ecrit par : Farid El Djazairi | dimanche, 05 juin 2005

Ecoute ! On n'en a rien à foutre de vos problemes interieurs de l'Algérie ! Lachez nous les baskets ! Le fait d'abriter sur votre sol une bande de criminels polisariens est déjà un geste inamical envers le Maroc. Crois moi que la politique algérienne, dictée par les mafias politico militaire verreuses qui president aux destinées de l'Algérie n'a rien de démocratique. Ils n'ont aucune vision que d'entretenir la haine et la division au sein de l'Afrique du Nord. Le peuple algérien n'a pas encore dit son dernier mot concernant cette politique et cette diplomatie belliqueuse qui côute des milliards et qui va à l'encontre des aspirations des peuples de la region ! vivre en paix !

Ecrit par : maghrebin | dimanche, 05 juin 2005

Je vois que vous persistez dans vos fantsmes tout en vous arrogeant le droit de parler au nom du peuple algérien qui n'aurait, selon vous, pas encore dit son dernier mot. Justement les algériens ne vous demandent rien d'autre que de laisser parler les sahraouis. Si le régime marocain est si sûr de la marocanité du sahara et des sahraouis pourquoi toutes ces dérobades au sujet du Référendum d'autodétermination? Pourquoi en avoir accepter le principe dans le cadre des accords d'Houston, qui ont bien été signés avec le POLISARIO que vous qualifiez aujourd'hui de mercenaires, pour ensuite refuser son organisation sous l'égide de l'ONU? Votre régime refuse même le dernier plan qui prévoit une autonomie limitée pendant 05 ans avant de passer au référendum. Pourquoi cette peur? L'Algérie a toujours déclaré qu'elle applaudirait au résultat, quel qu'il soit, de cette consultation. Question à 1 Dirham: Si vos dirigeants veulent vraiment confondre l'Algérie "belliqueuse", pourquoi ne pas la prendre au mot?


Ps: Je ne vous ai à aucun moment parlé des problèmes intérieurs de l'Algérie

Ecrit par : Farid El Djazairi | dimanche, 05 juin 2005

Farid dzairi ! va t'occuper des problemes de ton pays et cesse de défendre ton regime pourri qui a fagocité la société algérienne, et a créé le vide en affaiblissant la société civile et les partis politiques democratiques.
Cette histoire va se resoudre par les armes ! et crois moi, l'armée marocaine est prête pour donner une bonne correction à vos protégés, quitte à provoquer une guerre frontale avec l'algérie ! Mais ca serait dommage pour la région. Le maroc ne cèdera pas sur ses provinces du Sahara quel qu'il soit le prix.

Ecrit par : maghrebin | dimanche, 05 juin 2005

Les commentaires sont fermés.